Isabelle Bergeron / TC Media David Lemieux

MONTRÉAL — Que l’Argentin Cristian Fabian Rios force David Lemieux à livrer 10 bons rounds de boxe, samedi, au Centre Bell, ne pourra être que bénéfique pour la suite des choses, estiment l’ex-champion du monde et son entourage.

Lemieux (36-3, 32 K.-O.) a vaincu Rios (21-8-3, 6 K.-O.) par décision unanime, samedi, devant 5026 spectateurs au Centre Bell. Tout au long de la dernière semaine, son entraîneur, Marc Ramsay, n’a cessé de répéter à quel point il souhaitait voir son poulain livrer plusieurs rounds de boxe et non liquider rapidement son adversaire.

«C’est sûr que David tente toujours de mettre fin rapidement au combat et comme entraîneur, on ne veut pas éteindre ce côté-là, a déclaré Ramsay, aux petites heures de la nuit. Mais on a été capable d’aller chercher ce que je recherchais dans ce combat-là. Je suis vraiment content, car ce sont des choses dont j’ai besoin pour l’apprentissage de David. Maintenant, j’ai du matériel pour m’asseoir avec lui et regarder ce qu’on a fait, ce qui n’est pas toujours le cas. Quand t’as seulement un round ou deux, faire de la vidéo, c’est difficile.»

Sur ce point, Lemieux et Ramsay n’ont pas tout à fait la même opinion.

«Je suis rendu à quoi, 38, 39 combats? Les rounds, je les fais dans le gym. Dix rounds, 12 rounds? Je vais être capable de les faire, a déclaré Lemieux — un commentaire qui a fait lever les yeux au ciel à Ramsay. Ce n’est pas que je n’aime pas faire des rounds. Mais j’aime bien faire mes rounds. La qualité avant la quantité. Quand je les fais bien, mes adversaires ne restent habituellement pas devant moi.»

Ce qu’il ne peut faire dans le gym par contre, c’est de travailler sa défensive comme Rios le lui a fait faire samedi.

«Il y a des choses que j’aurais aimé faire 10 fois mieux. Des choses qui ne doivent plus se reproduire, a admis le boxeur de 27 ans. Des petites erreurs en début de rounds qui m’ont probablement coûté le knock-out. Il y a encore beaucoup de choses que je peux grandement améliorer. On va être de retour bientôt (au gymnase) pour améliorer ça et revenir 10 fois mieux.

«Ce n’est pas que ma défensive n’était pas au top, mais j’ai ‘niaisé’ un peu. J’ai baissé mes mains et j’ai joué un peu (avec Rios). Marc m’a dit à un moment donné: ‘Regarde David, arrête de niaiser! Garde tes mains hautes, reste compact’. Au fur et à mesure que le combat a progressé, j’ai aiguisé ma défensive. Mais surtout en début de round, j’ai laissé aller un peu, ce qui m’a coûté ma petite bosse sous mon oeil (droit). Ma fille ne sera pas contente.»

«Je me répète, mais c’est un feu qu’on ne veut pas éteindre, a ajouté Ramsay. Comme entraîneur, tu veux que tes boxeurs aient ça. Mais comme entraîneur, j’ai un contrôle technique à (imposer), de là l’importance d’un combat comme (samedi) soir. C’est de le vivre, de l’exécuter. Il l’a fait à quelques reprises maintenant. Ça lui apporte un bagage inestimable pour l’avenir.»

Rios l’a-t-il surpris?

«Oui, il était mieux que je pensais, a dit Lemieux. On avait étudié plusieurs de ses combats, mais il a style bizarre, qui te donne un peu plus de difficulté. Quand il voyait mes coups venir, il savait de quel côté tourner pour survivre. À chaque round, j’ai dû m’ajuster. Vers la fin de ceux-ci, ça fonctionnait mieux, mais c’était un peu en retard, ce qui lui a donné un avantage.»

Prêt pour le 17 décembre

Le danger principal du combat face à Rios était qu’il empêche Lemieux de prendre part à la sous-carte du gala qui mettra en vedette Bernard Hopkins, le 17 décembre, à Los Angeles.

C’est maintenant un secret de Polichinelle que Lemieux assurera la demi-finale de cette soirée, qui sera présentée sur les ondes de HBO.

«Comme David est en santé et que tout va bien (NDLR: le boxeur n’a souffert d’aucune blessure aux mains, ni à son genou gauche, opéré il y a quelques mois), on va finaliser nos discussions pour un combat le 17 décembre, a indiqué Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management. J’aimerais bien vous annoncer ça tout de suite, mais ce n’est pas signé encore.»

Difficile de dire qui Lemieux affrontera pour ce duel, qui ne sera pas pour le titre de la World Boxing Organization que détient Billy Joe Saunders. Ce dernier devait affronter Artur Akavov samedi, mais une blessure subie à l’entraînement a forcé le report de ce duel au mois de novembre, rendant impossible un affrontement contre Lemieux quelques semaines plus tard.

«Tous ceux qui me connaissent savent que je n’évite personne, a rappelé Lemieux. Quiconque de significatif qui sera prêt à se battre, qui me permettra de me développer, de m’amener vers un championnat du monde: ce sont les combats que je veux.»

«On a deux ou trois adversaires avec qui on pourrait faire un combat, a ajouté Estephan. On ne nommera personne pour ne pas nuire aux négociations. On sait où on s’en va. On voulait des rounds ce soir: on les a eus. On avance.»

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