MONTRÉAL — Charline Labonté pourrait bientôt troquer son équipement de gardien de but pour un tablier et une toque de chef.

Bien que la quadruple médaillée d’or olympique avec l’équipe féminine canadienne n’ait pas encore renoncé à jouer, elle mijote déjà sa future carrière dans une cuisine professionnelle.

Pour y arriver, elle fera son entrée à l’École des métiers de la restauration et du tourisme de Montréal, l’une des plus réputées en la matière, le 7 novembre.

«Je veux m’assurer de n’avoir aucun regret et l’une des choses qui me viennent souvent en tête est de cuisiner, a indiqué Labonté. D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours adoré cuisiner.

«Maintenant que ma carrière au hockey tire à sa fin, je me suis dit que je pourrais tenter le coup, suivre cette passion afin de voir si elle peut me mener quelque part. Si ça ne fonctionne pas, j’aurai essayé et je n’en serai qu’une meilleure cuisinière pour ma famille.»

Celle qui est maintenant âgée de 34 ans se prépare en travaillant à mi-temps au restaurant Les Demoiselles, avec la chef Vanessa Trahan, elle-même diplômée de l’ÉMRTM.

Labonté aura un horaire chargé: elle poursuivra ses activités au sein de l’équipe canadienne et des Canadiennes de Montréal de la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF), en plus de consacrer une journée par semaine aux gardiens de but de l’Université McGill, son alma mater.

«Ce sera difficile, a-t-elle admis. Je veux redonner au programme de hockey de McGill, qui m’a permis de devenir la femme que je suis aujourd’hui. J’aime toujours jouer, m’entraîner tous les jours et tenter de suivre le rythme des jeunes joueuses, qui sont si bonnes. Et maintenant, de retourner à l’école. Ce sera un gros défi, mais c’est comme ça.»

Labonté a toujours carburé aux défis.

Après avoir joué pour des équipes masculines de haut niveau à Boisbriand, elle est devenue seulement la deuxième gardienne de but à évoluer au sein de la Ligue de hockey junior majeur du Québec après avoir été repêchée par les Titans d’Acadie-Bathurst. L’équipe avait une place à combler quand Roberto Luongo a quitté pour les rangs professionnels.

Elle ne croyait pas pouvoir percer la formation, mais elle a finalement participé à 26 rencontres de la saison 1999-2000, surtout à titre de substitut, affrontant les futurs francs-tireurs de la LNH comme Jason Pominville, Simon Gagné et Mike Ribeiro.

«Ça a été une expérience incroyable», se rappelle-t-elle.

Bien que ses statistiques, dont une moyenne de buts alloués de 5,22, n’aient pas été spectaculaires, son passage dans la LHJMQ l’a aidée à se tailler une place au sein de la formation canadienne. Elle était la réserviste au sein de l’équipe qui a surpris les Américaines pour mettre la main sur l’or des JO de Salt Lake City, en 2002.

Ensuite, elle a amorcé trois matchs aux Jeux de Turin, en 2006, dont la finale; un seul à Vancouver 2010 et a inscrit deux victoires en autant de départs aux Jeux de Sotchi, en 2014, alors que le Canada a gagné un quatrième tournoi olympique d’affilée.

Labonté a également obtenu deux médailles d’or et sept d’argent au Championnat du monde de hockey féminin, en plus d’aider les Martletts de l’Université McGill à mettre la main sur trois titres universitaires canadiens en cinq ans. Tout cela en obtenant une maîtrise en psychologie sportive.

En 2013, elle s’est jointe aux Stars de Montréal, qui sont devenues les Canadiennes depuis. Deux ans plus tard, elle était nommée la gardienne de l’année de la LCHF.

«J’ai été très chanceuse de jouer pour de bonnes équipes au cours de ma carrière.»

Labonté n’a pas encore décidé si elle jouera toujours après la présente saison, mais elle a déjà convenu qu’elle ne participerait pas aux JO 2018, à Pyeongchang, en Corée du Sud.

«C’est difficile, car j’aime encore le hockey. Mais je ne rajeunis pas et les jeunes gardiennes poussent for pour faire leur place au sein de l’équipe nationale. Ça a commencé l’an dernier avec Emerance Maschmeyer, qui était tout simplement fabuleuse. Il y a de la compétition. En fait, après 15 ou 16 ans au sein du programme, j’aime bien y aller une année à la fois et voir où j’en suis.»

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