MONTRÉAL — L’Agence mondiale antidopage (AMA) a souligné de graves problèmes dans la gestion des contrôles antidopage aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, ajoutant que le programme a été sauvé grâce à la «volonté et l’énorme débrouillardise» de certains membres du personnel.

Dans un rapport de 55 pages publié par une équipe indépendante menée par l’avocat britannique Jonathan Taylor, l’AMA a indiqué que les problèmes logistiques qui ont nui au processus de tests pendant les jeux en août étaient «prévisibles et entièrement évitables».

Dans le rapport, on blâme le manque de coordination, les réductions budgétaires, la tension entre le comité organisateur et l’agence brésilienne antidopage, ainsi que la formation inadéquate du personnel pour les problèmes qui ont inclus des journées où seulement la moitié des échantillons hors-compétition dans le Village des athlètes ont été recueillis.

«Le résultat a été une pression sur le processus de récupération des échantillons sur les sites de compétition et au Village des athlètes et plusieurs divergences observées sur le processus de collecte des échantillons, peut-on lire dans le rapport. En fin de compte, c’est seulement dû à la volonté et l’énorme débrouillardise de certains membres clés du personnel travaillant pendant les Jeux que le programme n’a pas complètement échoué.

«C’est grâce à l’initiative, la ténacité et le professionnalisme de ces personnes, malgré de graves difficultés, que les nombreux problèmes identifiés ont pu être limités et que la collecte d’échantillons a pu avoir lieu pour préserver l’identité et l’intégrité des échantillons.»

Le dopage était à l’avant-plan dans les mois précédents les Jeux de Rio, avec des allégations de dopage appuyé par l’état en Russie, des sanctions contre plusieurs athlètes russes et de nouveaux tests sur 840 échantillons récoltés aux Jeux de 2008 et 2012 qui ont mené à la suspension de dizaines d’athlètes.

L’AMA a mentionné que le rôle des observateurs indépendants est de contribuer à instaurer un climat de confiance parmi les sportifs et dans le public concernant la qualité, l’efficacité et la fiabilité du programme antidopage du CIO pour les Jeux, et de faire des recommandations.

Plusieurs des recommandations concernent la formation des bénévoles, l’attention portée au protocole, l’augmentation du temps de préparation pour les responsables antidopage dans les sites et du meilleur équipement pour retrouver les athlètes pour des tests hors-compétition.

«En fin de compte, plusieurs athlètes choisis pour des tests au Village des athlètes n’étaient pas trouvables et les missions ont dû être avortées, explique-t-on dans le rapport. Lors de certaines journées, jusqu’à seulement 50 pour cent des cueillettes ont dû être annulées pour cette raison.»

Une mauvaise planification et des problèmes de transport expliquent en partie ce taux d’absence plus élevé qu’anticipé, ajoutant au fardeau des responsables et des autres délégués.

En tout, 3237 athlètes provenant de 137 pays ont été testés pendant les jeux, soit 28,6 pour cent des 11 303 athlètes participants. Parmi ceux-ci, 2611 — ou 23,1 pour cent — ont été testés une fois, 527 deux fois, 81 trois fois et un athlète a été testé six fois.

Certains problèmes notés par les observateurs de l’AMA:

— Près de 500 tests de moins que les 5380 prévus ont été effectués pendant les jeux.

— Près de 100 échantillons analysés n’ont pu être liés à des athlètes en raison de problèmes dans les données.

— Il n’y a eu aucun test hors-compétition au soccer et «une quantité minimale de tests sanguins» dans certains sports à haut risque, incluant l’haltérophilie.

«L’ensemble de nos capacités d’analyse n’a pas été exploité, ce qui est décevant, alors que des équipements à la fine pointe de la technologie et certains des meilleurs experts au monde étaient disponibles», est-il écrit dans le rapport.

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