CLEVELAND — Lorsque le match no 7 a brièvement été interrompu par la pluie, les joueurs des Indians sont retournés dans leur vestiaire, où les chaises avaient été retirées et des bâches de plastique transparentes avaient été installées en prévision de la victoire qui allait leur permettre de sabrer le champagne pour la première fois depuis 1948.

Quelques minutes plus tard, les bouteilles de Dom Perignon étaient retirées de la luxueuse salle. Une sculpture de glace du trophée de la Série mondiale a été recouverture d’un drap noir, avant de fondre tranquillement.

Ce n’était pas leur tour.

Une saison formidable, et imprévisible, s’était terminée de façon trop familière.

Incapable de freiner les Cubs de Chicago, les Indians, une équipe qui représente bien l’âme prolétaire de Cleveland, ont finalement plié l’échine 8-7 en 10e manche, tôt jeudi matin, avant qu’une averse ne détrempe des milliers de partisans des Cubs qui arpentaient les rues pour célébrer la fin d’une disette de 108 ans sans championnat.

Cleveland vit donc une autre histoire crève-coeur.

Seulement, cette fois-ci, elle n’est pas aussi douloureuse.

Les Indians ne devaient pas être en vie au mois d’octobre, encore moins au mois de novembre, et ils ont acquis une certaine fierté à pousser la Série mondiale à la limite.

«Nous avons surpris le monde entier, a confié l’arrêt-court Francisco Lindor, un joueur de 22 ans qui a connu son éclosion sur la plus grande scène du baseball professionnel. Personne ne nous voyait là. Bien sûr, nous n’avons pas obtenu le dénouement que nous souhaitions. Nous étions prêts à tout pour l’emporter, à nous battre lors de chaque présence au bâton, lancer par lancer, sans relâche. C’est notre philosophie. Nous nous sommes battus à chaque jour.»

Les Indians espéraient reproduire ce que les Cavaliers, leurs voisins situés de l’autre côté de la Gateway Plaza, avaient accompli en juin en remportant un championnat pour mettre un terme à la disette de 52 ans sans titre à Cleveland.

Ils ont surmonté l’adversité pendant des mois, mais n’ont pu faire fi de la perte de deux lanceurs partants et n’ont pu renverser les Cubs. Ils sont ainsi devenus la première équipe depuis les Orioles de Baltimore en 1979 à laisser filer une avance de 3-1 en Série mondiale, après avoir perdu les matchs nos 6 et 7 à domicile.

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