PARIS — Après une si longue attente, d’atteindre le premier rang mondial aura été plutôt décevant pour Andy Murray.

Sans jouer un seul point, l’Écossais a mis fin à sept ans d’attente pour grimper au sommet du classement de l’ATP quand il a atteint la finale du Masters de Paris à la suite du retrait de Milos Raonic.

Moins d’une heure avant de sauter sur le court, le Canadien a annoncé son retrait de la compétition en raison d’une blessure à la jambe droite, ce qui permettra au Britannique de devancer Novak Djokovic au premier rang mondial à compter de lundi.

«C’est plutôt étrange la façon dont tout s’est produit aujourd’hui, a noté le tennisman de 29 ans. Bien sûr, je m’étais toujours imaginé réaliser l’exploit sur le court. Comme (vendredi) soir, avant d’aller au lit, je m’imaginais devenir premier après ce match.»

Raonic, de Thornhill, en Ontario, souffre d’une déchirure musculaire à la cuisse. Il a subi cette blessure dans sa victoire contre Jo-Wilfried Tsonga en quarts de finale. Elle pourrait le priver d’une participation aux Finales de l’ATP: Raonic a indiqué qu’il aura besoin de cinq à dix jours pour se remettre et le tournoi regroupant les huit premières raquettes mondiales à Londres se mettra en branle dans huit jours.

«Ce sera limite, a déclaré Raonic, classé cinquième. Mais il est encore possible que je puisse jouer.»

À la suite de l’élimination de Djokovic en quarts de finale plus tôt cette semaine, Murray n’avait qu’à atteindre la finale pour le dépasser.

«C’est malheureux que ça se soit passé comme ça, mais ça m’a pris des années à atteindre mon but», a ajouté Murray.

En finale, il fera face à l’Américain John Isner, qui a utilisé 18 as pour venir à bout de Marin Cilic 6-4, 6-3. Peu importe le résultat de cette finale, Murray deviendra le premier Britannique à atteindre le premier rang et le plus vieux joueur à s’y retrouver pour une première fois depuis John Newcombe, qui a atteint cet échelon à l’âge de 30 ans, en 1974.

Quand le classement de l’ATP sera mis à jour, lundi, l’Écossais aura au moins cinq points d’avance sur Djokovic, plus de sept ans après avoir atteint le deuxième rang mondial pour la première fois. Leur duel au sommet reprendra de plus belle à Londres.

Dans une époque dominée par Roger Federer, Rafael Nadal et Djokovic, atteindre le sommet du classement s’est avéré un travail de longue haleine pour Murray, qui a passé 76 semaines comme no 2.

«Ça a été difficile à faire en raison de la qualité des joueurs autour de moi. Ça a été très, très difficile. Assurément, ces trois gars sont parmi les meilleurs à n’avoir jamais joué. Certaines des saisons qu’ils ont eues ont été tout simplement ridicules, vraiment. Alors ça a pris une grande année pour me rendre là.»

L’un des tournants dans la carrière de Murray aura été l’embauche, en 2011, d’Ivan Lendl comme entraîneur. Lendl a transformé le quadruple finaliste en tournois majeurs en double vainqueur de tournois du Grand Chelem. Murray a gagné l’or olympique à Londres, en 2012, avant de mettre la main sur les Internationaux des États-Unis plus tard la même année.

En 2013, il est devenu le premier Britannique en 77 ans à triompher à Wimbledon.

Dans toute l’histoire de l’ère moderne, un seul autre joueur a perdu ses quatre premières finales du Grand Chelem: Lendl. Le Tchèque a ensuite gagné huit titres majeurs en 17 ans de carrière, en plus de passer 270 semaines au sommet du classement.

Murray a remplacé Lendl par Amélie Mauresmo en 2014. Bien que la Française l’eut aidé à remonter au classement après une opération au dos, leur partenariat a pris fin en mai sans que Murray ajoute un autre titre majeur. Lendl a rejoint l’équipe de Murray avant Wimbledon. Il travaille en compagnie de l’entraîneur principal, Jamie Delgado.

Cette décision a immédiatement rapporté des dividendes: Murray a remporté Wimbledon pour la deuxième fois et une autre médaille d’or, aux Jeux de Rio de Janeiro. La semaine dernière, à l’Omnium Erste Bank, il a gagné un troisième tournoi d’affilée. Il n’a perdu que trois affrontements depuis les Internationaux de France.

«Ivan m’a beaucoup aidé quand il a travaillé avec moi. La première fois, j’ai connu la meilleure période de ma carrière et depuis Wimbledon, nous avons connu toute une séquence.»

Djokovic a occupé le premier rang pendant 122 semaines consécutives et 223 semaines au total. Mais après sa première conquête de Roland-Garros en juin, il n’a plus affiché la même forme. Il a perdu au troisième tour à Wimbledon et au premier tour des JO. À Flushing Meadows, il a gagné la première manche de la finale, mais Stanislas Wawrinka est venu de l’arrière pour l’emporter.

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