LAUSANNE, Suisse — Un an après la publication d’un rapport dévastateur relatant son recours à un programme de dopage généralisé, la Fédération russe d’athlétisme espère pouvoir effectuer un retour sur la scène internationale.

Le 9 novembre 2015, une commission indépendante de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a publié un document de 323 pages dans lequel elle expliquait en détail le stratagème des athlètes, des entraîneurs et des dirigeants russes pour contourner le processus de dépistage des drogues de performance avant et après les Jeux de Londres en 2012.

Ce rapport a provoqué une année de turbulences et de batailles juridiques pour la Russie, qui a été privée de plus de 100 athlètes aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro — un seul membre de la Fédération russe d’athlétisme a pu y participer. La Fédération russe d’athlétisme est suspendue de toutes les compétitions internationales, et il n’y a toujours pas de date établie pour qu’elle soit admise de nouveau.

«Nous venons de vivre une année très difficile, a convenu le secrétaire général de la Fédération russe d’athlétisme Mikhail Butov en entretien avec l’Associated Press. Je ne parle pas seulement de l’absence de nos athlètes aux Jeux olympiques, qui était la chose la plus importante pour nous, mais aussi dans la compréhension de la situation et la meilleure façon d’agir.»

Même s’ils font l’objet des pires sanctions dans l’histoire de l’athlétisme, les dirigeants russes insistent pour dire qu’ils font des progrès au niveau des réformes antidopage et qu’ils prévoient envoyer des athlètes aux compétitions d’envergure d’ici quelques mois. La cible principale demeure les Championnats européens d’athlétisme en salle qui seront présentés à Belgrade, en Serbie, du 3 au 5 mars, a précisé le président de la fédération Dmitry Shlyakhtin après avoir discuté avec des représentants de l’IAAF à Monaco.

L’IAAF tiendra une rencontre spéciale à Monaco le 3 décembre.

Tout athlète russe qui espère participer à une compétition devra probablement accepter un «statut neutre» dans les événements sanctionnés par l’IAAF, plutôt que de représenter la Russie, a évoqué Butov. L’IAAF a refusé de commenter la situation.

«Le travail se poursuit et nous avons des résultats», a mentionné Butov.

La seule Russe qui a participé aux épreuves d’athlétisme aux Jeux de Rio fut la spécialiste du saut en longueur Darya Klishina, qui a obtenu l’approbation de l’IAAF en vertu du fait qu’elle s’entraîne aux États-Unis depuis des années, à l’écart du système antidopage russe, qui est secoué par des allégations à l’effet que ses dirigeants et le personnel du laboratoire de Moscou aient éliminé des centaines de tests antidopage positifs.

Les dirigeants de la Fédération russe d’athlétisme espèrent que l’IAAF acceptera les demandes individuelles des athlètes pour participer à des épreuves, même si l’organisation demeure suspendue.

«Il semble maintenant que le critère concernant la vie à l’étranger puisse être écarté, a dit Butov. La question maintenant c’est de savoir si les tests qui ont été effectués au cours de cette période sont considérés comme convaincants et garantis pour permettre à un athlète d’être admissible à une compétition. Si ce n’est pas le cas, alors ce processus ne se terminera jamais.»

Plus tôt mercredi, le président du Comité olympique russe (COR) a demandé qu’on restaure rapidement l’agence antidopage ainsi que le laboratoire de dépistage des drogues de performance du pays.

L’Agence antidopage russe (RUSADA) et le laboratoire de Moscou ont perdu leur accréditation de l’AMA à la suite des révélations entourant l’instauration d’un système de dopage généralisé dans le pays. L’AMA a assigné l’Agence antidopage britannique afin de superviser les tests de dépistage auprès des athlètes russes.

Le président du COR, Alexander Zhukov, a déclaré que la situation est «totalement inacceptable» puisque l’agence antidopage britannique prévoit prélever seulement 6000 échantillons en 2017, comparativement aux 20 000 amassés par la RUSADA alors qu’elle tournait à plein régime. Il a dit que seuls les athlètes de l’équipe nationale sont visés par les tests, écartant ainsi les jeunes espoirs du système.

Zhukov a mentionné lors d’un discours devant des dirigeants du Comité international olympique qu’ils devraient «trouver une façon d’accélérer la restauration de l’accréditation de la RUSADA et de renouveler ses activités».

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