The Associated Press

TORONTO — Eric Lindros a tracé son propre chemin jusqu’au vedettariat dans le hockey, incluant où le nouveau membre du Panthéon vivait, à ses débuts dans la LNH.

Environ un mois après le début de sa saison recrue avec les Flyers, le jeune Lindros a demandé à emménager chez Kevin Dineen et son épouse Annie, mariés depuis peu.

«Je lui ai dit à peu près, ‘Laisse-moi rentrer à la maison et en parler à ma femme’», se rappelle Dineen, près de 25 ans plus tard.

Lindros avait déjà acheté une maison de luxe, mais il était aussi un adolescent bien loin de chez lui. Dineen s’est dit qu’il devait probablement s’ennuyer un peu.

Et donc Lindros a passé deux ans chez les Dineen. Ils prenaient des repas ensemble et parfois, Lindros et Dineen se faufilaient dans des cours à l’Université de la Pennsylvanie, où Annie complétait sa maîtrise.

«C’était souvent drôle, a confié Dineen, qui est maintenant un adjoint avec les Blackhawks. C’était comme avoir un petit frère beaucoup plus grand que vous.»

Faisant finalement son entrée au Temple, avec Rogatien Vachon, Sergei Makarov et le regretté Pat Quinn, Lindros a connu une carrière comme nulle autre, sur la glace et en dehors.

«Il a probablement été le joueur le plus dominant pendant son passage dans la LNH», avance Rod Brind’Amour, un coéquipier de longue date.

Avec ses six pieds quatre et plus de 200 livres, Lindros était un peu comme un train de marchandise sur patins, mais avec l’agilité et le talent pour se déplacer comme une voiture de course.

Brind’Amour se souvient encore de ses efforts futiles pour essayer de contenir Lindros à son premier entraînement avec les Flyers, en 1992.

«Il avait le potentiel de vous écraser contre la bande s’il voulait, dit Brind’Amour. Il pouvait se battre, il pouvait tout faire. C’était assez unique dans la ligue.»

En deux occasions, Lindros a refusé de jouer pour un club l’ayant repêché premier au total. Il est devenu célèbre en disant non aux Nordiques de Québec en 1991, ajoutant plus tard qu’il ne voulait pas jouer pour le propriétaire Marcel Aubut. Cela se passait deux ans après qu’il ait repoussé Sault Ste. Marie, dans la Ligue de l’Ontario. Les Greyhounds ont fini par l’échanger aux Generals d’Oshawa.

Lindros a passé la saison 2000-01 sur la touche en quête d’un échange qui le sortirait de Philadelphie, après une dispute publique avec le d.g. Bobby Clarke au sujet du traitement des blessures de Lindros, incluant de nombreuses commotions cérébrales.

Les blessures l’ont limité à moins de 800 matches en saison régulière et l’ont conduit à la retraite à 34 ans. La longévité n’a pas été sa marque de commerce, et certains font remarquer qu’il n’y a pas de coupe Stanley à son palmarès.

À quoi aurait ressemblé sa carrière s’il avait pu jouer davantage? Brind’Amour pense que son jeu très costaud aurait diminué son efficacité avec le temps.

Il reste que le puissant Lindros a laissé sa marque. Sa domination et ses qualités distinctes l’ont fait sortir du lot.

«On voit ce genre de joueur une fois dans une vie, a dit Brind’Amour. Je ne sais pas si on va revoir ce type de hockeyeur, tellement le jeu a changé. L’aspect physique a été plus ou moins évacué. Les jeunes aujourd’hui n’essaient pas d’être ce genre de joueurs. L’accent est mis sur les habiletés et le patinage, alors je ne sais pas s’il y aura un autre joueur dans le même moule.»

Aussi dans Sports :

blog comments powered by Disqus