Le parachutiste et spécialiste des sauts de wingsuit à flanc de montagne (base jump) de 51 ans Valery Rozov s’est entretenu avec Métro à propos de ses récents exploits.

Cet automne, le casse-cou russe a battu son propre record du plus haut saut de base jump en s’élançant d’une hauteur de 7700 m à partir du sixième plus haut sommet au monde, le Cho Oyu, dans l’Himalaya. Il a effectué son vol de 90 secondes dans une combinaison fabriquée spécialement pour l’occasion et a atterri sur un glacier.

En 2013, il avait établi une première marque avec un saut de 7220 m à partir du versant nord de l’Everest.

L’ascension seule, en vue de sa dernière prouesse, a duré 21 jours en raison des mauvaises conditions météorologiques et d’importantes chutes de neige.

Pendant les 7 000 premiers mètres, Rozov faisait partie d’une expédition régulière. Il a toutefois dû faire appel à deux sherpas du Népal, qui ont tracé un chemin pour l’équipe du sauteur, afin d’atteindre son objectif.

«J’ai exploré cet endroit il y a trois ans et, depuis, je me suis préparé en vue du saut, a expliqué Rozov. Au cours des six derniers mois, je me suis entraîné afin d’avoir les capacités pour y arriver, notamment en faisant plusieurs voyages dans les Alpes et au Pérou. Et je l’ai simplement fait. Je suis content que tout se soit bien passé et je suis soulagé que ce soit fini.»

Au moment du saut, Rozov ne se concentrait que sur ce qui se passait autour de lui. «C’est un moment très important.Physiquement, c’est très exigeant à cause de l’altitude. Je m’habillais et j’aidais mon équipe à installer des cordes quand je me suis retrouvé à bout de souffle. Au moment du saut, je n’arrivais pas à reprendre ma respiration, a-t-il raconté. Chaque saut demande un haut niveau de concentration.»

Valery Rozov

«Je devais voler un long moment pour atterrir sur un glacier sans fissures. Atterrir au mauvais endroit aurait voulu dire au moins une blessure.» – Valery Rozov

Le sauteur reconnaît qu’il ne vit pas la peur comme tout le monde. «Je ne peux pas dire que je n’ai pas peur, mais je ne vois pas la peur comme une simple émotion. C’est sûr que je suis nerveux avant le saut parce que, contrairement à un saut en parachute traditionnel, tu ne peux pas t’y habituer. Les conditions sont toujours différentes. Mais il n’y a plus d’inquiétude une fois que tu as décidé de te lancer.»

Rozov ne voit pas pour l’instant le moment où il mettra un terme à ses aventures. «Je suis sûr que tous les gens qui font des activités similaires ne veulent pas atteindre un “point” où ils devront arrêter, a-t-il indiqué. La situation est la même pour les alpinistes. Impossible de savoir combien de sommets tu veux conquérir avant de te retirer. C’est pourquoi tu ne fais pas ces activités pour la carrière ou pour l’argent. Tu le fais pour toi. Tant que j’aurai la motivation, je continuerai.»

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