Andre Penner Andre Penner / The Associated Press

CHAPECO, Brésil — Le club de football brésilien qui se trouvait à bord de l’avion qui s’est écrasé en Colombie était de plus en plus respecté au Brésil et obtenait de plus en plus d’appui, même s’il s’agissait d’un petit club doté de peu d’histoire.

Chapecoense, fondé en 1973, se préparait à jouer la finale de la Copa Sudamericana, deuxième compétition par club en importance en Amérique du Sud après la Copa Libertadores. L’équipe était en direction de Medellin pour y affronter l’Atletico Nacional ce mercredi, dans ce qui devait être le match aller de cette série.

«Ce matin, je leur ai dit au revoir et ils m’ont dit qu’ils allaient à la poursuite de leur rêve, qu’ils allaient le faire devenir réalité, a déclaré Plino de Nes, un membre du conseil d’administration de Chapecoense, à la chaîne télé Globo. Ce rêve a pris fin tôt ce matin.»

En tout, 81 personnes ont pris place à bord de l’avion nolisé qui s’est écrasé en route vers l’Aéroport international de Medellin. La police colombienne a indiqué qu’il y avait quelques survivants.

Parmi eux, deux gardiens de but, Danilo et Jackson Follmann, un journaliste voyageant avec l’équipe et un agent de bord bolivien. Danilo a par contre été déclaré mort plus tard par les autorités, qui ont indiqué que le défenseur Helio Zamper — Neto — avait survécu. L’erreur a été attribuée aux rapports erronés émanant souvent de telles tragédies.

«Il s’agit d’un jour très, très triste pour le football, a déclaré le président de la FIFA, Gianni Infantino, par communiqué. En ce moment difficile, nos pensées vont aux victimes, à leurs familles et amis. La FIFA souhaite offrir ses plus profondes condoléances aux partisans de Chapecoense, à la communauté du football et aux médias brésiliens concernés.»

Chapecoense s’est hissé au sein de la première division brésilienne en 2014 et occupait la neuvième place avant la dernière semaine d’activités. En route vers la finale continentale, le club appelé Chape a vaincu des puissances argentines comme San Lorenzo et Independiente.

Une partie des récents succès de l’équipe est attribuable à l’entraîneur Caio Junior, qui s’est joint au club cette année après avoir dirigé au Moyen-Orient. Né Luiz Carlos Saroli, il a dirigé plusieurs clubs brésiliens, dont Palmeiras, Flamengo et Botafogo.

Bien que l’entraîneur n’ait pas survécu, son fils Matheus Saroli a écrit sur Facebook qu’il a manqué le vol, ce qui lui a sauvé la vie.

«Je ne suis pas monté à bord parce que j’avais oublié mon passeport», a-t-il dit.

Un joueur argentin, Alejandro Martinuccio, a également survécu puisque blessé, il n’a pas pris le vol.

«J’ai été sauvé parce que j’étais blessé, a-t-il déclaré sur les ondes d’une radio argentine. Je suis profondément attristé. Tout ce que je peux demander, c’est qu’on prie pour mes compagnons qui étaient sur l’avion.»

Les attaquants de Chape Bruno Rangel et Kempes, tous deux âgés de 34 ans, sont parmi les meilleurs buteurs du circuit brésilien, avec 10 et neuf buts respectivement. L’un des meilleurs joueurs du club est le milieu de terrain de 35 ans Cleber Santana, qui a joué pour l’Atlético de Madrid de 2007 à 2010.

Parmi les victimes se trouvent Mario Sergio Pontes de Paiva, un ex-footballeur maintenant commentateur pour Fox Sports. Connu sous le nom de Mario Sergio, il a brièvement joué pour la sélection brésilienne au début des années 1980 et a connu une longue carrière comme milieu de terrain au sein de plusieurs clubs brésiliens. Il a aussi dirigé les clubs Internacional (2009) et Ceara (2010).

Les autorités aériennes colombiennes ont indiqué que 21 journalistes se trouvaient sur le vol.

À la suite de l’accident, la Confédération brésilienne de football a reporté la finale de la Coupe du Brésil entre Gremio et l’Atletico Mineiro, aussi prévue pour mercredi. Une nouvelle date n’a pour l’instant pas été avancée.

«Tout le football brésilien est en deuil, a affirmé le légendaire Pelé. Il s’agit d’une perte si tragique.»

Chapecoense est basé à Chapeco, une ville d’environ 200 000 habitants reconnue pour son industrie avicole et située à quelque 1300 kilomètres au sud de Rio de Janeiro.

Le club, qui ne compte aucun joueur au sein de la sélection nationale ou de l’équipe des moins de 20 ans, dispute ses matchs locaux à l’Arena Conda, un stade de 22 000 sièges. Il devait toutefois jouer le match retour de la finale de la Copa Sudamericana au stade Couto-Pereira de Curitiba, une ville à 480 km au nord de Chapeco, qui compte 40 000 places.

Des partisans de clubs rivaux étaient par contre si impressionnés par le parcours de Chapecoense dans cette compétition qu’ils avaient pris d’assaut les réseaux sociaux pour que le match retour soit déplacé au mythique stade Maracana de Rio de Janeiro.

Chape a connu sa meilleure saison en 2016, récoltant 52 points en 37 matchs. Dimanche, l’équipe a perdu 1-0 face à Palmeiras, ce qui a permis à ces derniers de s’assurer du titre de la ligue.

L’équipe devait accueillir l’Atletico Mineiro, quatrième de la ligue brésilienne, dimanche à l’Arena Conda, avant de jouer le match retour contre l’Atletico Nacional mardi prochain.

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