LONDRES — La légende britannique du cyclisme Bradley Wiggins a décidé de prendre sa retraite, mettant ainsi fin à une carrière ponctuée de huit médailles olympiques et au cours de laquelle il est devenu le premier représentant de son pays à gagner le Tour de France.

L’athlète de 36 ans en a fait l’annonce mercredi, par un communiqué publié sur ses réseaux sociaux. Il a aussi présenté des photographies de ses différents maillots, médailles et trophées.

«J’ai été assez chanceux pour réaliser mon rêve de jeunesse en pouvant vivre de ce sport duquel je suis tombé amoureux à l’âge de 12 ans, a écrit Wiggins. 2016 est la fin de ce chapitre.»

Athlète du Royaume-Uni le plus décoré des JO avec cinq médailles d’or et huit médailles récoltées lors de cinq Jeux, Wiggins a couronné sa dernière année cycliste en menant l’équipe britannique de poursuite à la victoire aux Jeux de Rio de Janeiro.

L’été 2012 a été le sommet de sa carrière, alors qu’il a réalisé un rare doublé en mettant la main sur le Tour de France et l’or du contre-la-montre des JO de Londres dans une atmosphère décrite comme de la «Wiggomania» par les médias britanniques. Un athlète dégingandé avec un goût prononcé pour les vêtements griffés et le rock britannique, Wiggins a par la suite été fait chevalier par la reine Élisabeth II.

Au cours des derniers mois, il s’est retrouvé sous les feux de la rampe en raison des exemptions pour usage médical dont il s’est servi plus tôt dans sa carrière. Des pirates informatiques ont rendu publiques des informations au sujet d’injections de corticoïdes dont il a bénéficié avant trois grandes courses de 2012, y compris le Tour de France.

Le traitement subi par Wiggins avait été approuvé par les autorités cyclistes et jamais il n’a été évoqué qu’il aurait pu avoir transgressé quelque règle que ce soit. Mais ces révélations ont jeté une ombre sur l’un des plus ardents défenseurs d’un cyclisme propre. Autant Wiggins que l’équipe Sky, son ancienne écurie, ont nié avoir commis quelque geste répréhensible que ce soit.

Tel père, tel fils

Gary Wiggins, son père, vivait en Belgique où il évoluait comme cycliste professionnel quand Bradley est venu au monde. L’Australien, qui buvait beaucoup déjà à cette époque, a quitté la mère de Bradley quand ce dernier n’était âgé que de deux ans. Bradley a accompagné sa mère en Angleterre, où il s’est mis au vélo à l’âge de 12 ans. Huit ans plus tard, il remportait une première médaille olympique, aux Jeux de Sydney, le bronze en poursuite par équipe. Il en a ajouté trois autres à Athènes: une d’or, une d’argent et une de bronze pour devenir le premier Britannique en 40 ans à gagner trois médailles aux mêmes JO.

Wiggins a connu plus de succès aux Jeux de Pékin, remportant l’or en poursuites par équipe et individuelle.

Après avoir perdu du poids, Wiggins a réalisé, au cours de la Grande Boucle 2009, qu’il était en mesure de suivre la cadence imposée par les meilleurs au monde, terminant en quatrième place. Il a dû quitter le Tour après une chute qui l’a laissé avec une clavicule fracturée en 2011, mais il a accompli son rêve de remporter cette épreuve un an plus tard.

Comme son père, décédé en 2008 après avoir combattu une dépendance à l’alcool et la drogue, Wiggins a dû surmonter son alcoolisme à la suite de ses premiers succès en piste. Il a écrit dans son autobiographie avoir souffert de dépression après les Jeux d’Athènes, s’engouffrant dans beuverie par-dessus beuverie pour négocier avec sa nouvelle célébrité.

«Il paraît que c’est bien connu, que les médaillés d’or olympique font la fête pendant un mois, a écrit Wiggins. Ma beuverie, après avoir gagné trois médailles dont ma première d’or à Athènes, a duré huit ou neuf mois et je n’en ai pas été remis pour près d’un an. (…) Pendant un certain temps, j’ai bien failli foutre ma vie en l’air.»

Wiggins s’est repris en main à la naissance de son fils, Ben, en mars 2005. Un an plus tard, sa femme, Catherine, lui donnait une fille.

«Ce dont je me souviendrai toujours, a souligné Wiggins dans son communiqué annonçant sa retraite, c’est de l’appui et de l’amour du public dans les bons et les mauvais moments.»

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