Laurent Duvernay-Tardif et les autres joueurs des Chiefs de Kansas City ne pouvaient pas être plus heureux de quitter Pittsburgh dans les heures qui ont suivi leur affrontement du 2 octobre dernier. Mais à moins de 72 heures de la visite des Steelers à Arrowhead Stadium pour leur duel de deuxième tour des séries éliminatoires de la NFL, l’athlète québécois et ses coéquipiers ont hâte de revoir Ben Roethlisberger et compagnie et de faire amende honorable.

Devant les caméras du réseau NBC, les Chiefs n’ont jamais fait le poids s’inclinant 43-14 dans une rencontre où Roethlisberger a lancé cinq passes de touché. Après 15 minutes de jeu, les Steelers menaient 22-0 et ces derniers ont eu le temps d’inscrire 36 points avant que les Chiefs ne mettent les pieds dans la zone payante pour la première fois, au début du quatrième quart.

«Je suis vraiment excité à l’idée de jouer un premier match des séries dans ma jeune carrière à Arrowhead Stadium et je pense que c’est un peu la même situation pour toute l’équipe, a déclaré Duvernay-Tardif lors d’une téléconférence tenue en début de soirée jeudi.

«De recevoir une équipe contre laquelle nous avons eu des difficultés au début de la saison, c’est super stimulant pour tout le monde. Nous avons hâte parce que nous sommes sortis du premier affrontement avec un goût amer à la bouche. Pouvoir leur remettre la monnaie de leur pièce, je pense que c’est quelque chose qui ferait plaisir à tout le monde, et on se prépare avec beaucoup d’intensité et de focus en vue de ce match sans lendemain», a-t-il enchaîné.

Ce focus et cette intensité dont parle Duvernay-Tardif ont manqué lors de la rencontre entre les deux formations lors de la quatrième semaine du calendrier régulier, estime-t-il.

«À l’attaque, nous avons commis deux revirements en début de partie qui nous ont coûté très cher et que les Steelers ont pu convertir avec des majeurs dans les deux occasions, s’est rappelé Duvernay-Tardif. Après ça, on a eu de la difficulté à trouver notre rythme offensivement. Et il ne faut pas se le cacher: les Steelers forment une très bonne offensive et ils ont été capables de marquer des points.

«Pour nous cette semaine, les points d’emphase sont de réduire les revirements, de gagner la bataille des revirements défensivement et de marquer des points quand on en aura l’occasion, car on sait à quel point l’offensive des Steelers peut être explosive», a aussi observé Duvernay-Tardif.

Le joueur de ligne à l’attaque des Chiefs s’exprimait sur un ton empreint d’optimisme, en grande partie parce que les champions de la section Ouest de l’Association américaine auront l’avantage de jouer dans l’une des enceintes sportives les plus hostiles aux clubs visiteurs dans la NFL.

Par ailleurs, Duvernay-Tardif n’avait même pas deux ans lorsque les Chiefs ont signé leur dernière victoire à domicile en matchs éliminatoires. Le 8 janvier 1994, avec le grand Joe Montana au poste de quart, les Chiefs avaient arraché une victoire de 27-24 en prolongation… face aux Steelers. Depuis, ils ont subi quatre revers, et lors de trois de ces défaites, les Chiefs ont inscrit dix points ou moins.

Qu’à cela ne tienne, Duvernay-Tardif voit beaucoup d’avantages à jouer devant leurs partisans, surtout que les Chiefs ont profité d’une semaine de repos pendant que les Steelers devaient affronter les Dolphins de Miami.

«C’est un avantage extrême d’être à domicile, et ça commence plus tôt que le match en tant que tel. Le fait de ne pas avoir à voyager, de rester à la maison, de ne pas avoir à subir le décalage horaire, ce sont toutes des petites choses qui, une fois additionnées, font une différence. Quand on se prépare avant le match, on est dans notre vestiaire, dans un environnement qu’on connaît.

«Quant au match en tant que tel, Arrowhead est le stade le plus bruyant de la ligue et ça fait une différence du point de vue offensif. Quand nous sommes sur le terrain, c’est silencieux et c’est ce qui nous permet d’utiliser des cadences vocales et d’éviter de faire des signaux et des séquences de mouvement de tête avant de mettre le ballon en jeu. Ça nous permet de gagner une fraction de seconde supplémentaire sur la défensive, car on sait exactement quand le ballon va lever. Offensivement, c’est un avantage incroyable et d’avoir la foule derrière nous, c’est comme un 12e joueur sur le terrain. Spécialement à Kansas City, les amateurs sont vraiment fiers de leur équipe, ils le démontrent dans les estrades et c’est toujours très bruyant, très intense.»

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