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MONTRÉAL — Une page importante de l’histoire de la Formule 1 s’est tournée, lundi.

Bernie Ecclestone, le grand patron de la Formule 1 depuis 40 ans, a tiré sa révérence plus rapidement que prévu à la suite du rachat de la série par la compagnie américaine Liberty Media. C’est désormais Chase Carey qui prendra les choses en main en tant que président et directeur général.

«Nous sommes ravis d’avoir complété l’acquisition de la F1 et nommé Chase comme chef de la direction, a déclaré par voie de communiqué le président et directeur général de Liberty Media Corp., Greg Maffei, jeudi. L’opportunité est belle pour nous de développer le sport et nous avons entièrement confiance en Chase qui, avec ses capacités et son expérience, est la bonne personne pour accomplir cette tâche.»

Ecclestone avait lui-même a coulé la nouvelle lors d’une entrevue au magazine allemand ‘Auto Motor und Sport’ un peu plus tôt dans la journée.

«C’est officiel. Je ne suis plus le patron de l’entreprise, mon poste appartient désormais à Chase Carey, a indiqué Ecclestone au magazine. Ma nouvelle position, c’est président d’honneur. C’est ce que je suis désormais, même si je ne sais pas trop ce que ça signifie.

«Je suis fier de l’entreprise que j’ai construite au cours des 40 dernières années et de tout ce que j’ai réalisé avec la Formule 1, et je tiens à remercier tous les promoteurs, les équipes, les commanditaires et les réseaux de télévision avec lesquels j’ai travaillé, a ajouté Ecclestone, par voie de communiqué. Je suis très heureux que l’entreprise a été acquise par Liberty et qu’elle a l’intention d’investir dans l’avenir de la F1. Je suis sûr que Chase va exécuter son rôle d’une manière qui profitera au sport.»

Le champion en titre de F1, Nico Rosberg, qui a annoncé sa retraite à l’issue de la dernière campagne, semblait plutôt favorable au départ d’Ecclestone dans un message publié sur Twitter lundi.

«Bernie, beau boulot! Mais un changement était dû depuis longtemps, a écrit l’Allemand, qui pilotait pour Mercedes. M. Carey, je vous souhaite la meilleure des chances pour redonner ses lettres de noblesse à notre sport.»

Mercredi dernier, le Conseil mondial de l’automobile avait approuvé la vente de la Formule 1 à Liberty Media pour 4,4 milliards $ US.

Selon Liberty Media, Ecclestone «a rendu de précieux services à la F1 au fil des ans, et il sera une source de conseils pour le conseil d’administration de la F1».

Liberty Media Corps est contrôlé par le magnat de 75 ans John Malone et investit dans le monde du sport et du divertissement. La vente, annoncée en septembre, met fin à des années d’incertitudes sur la propriété de la série phare des courses automobiles.

À l’origine, Liberty Media avait demandé à Ecclestone, âgé de 86 ans, de rester à son poste pendant trois ans, afin de permettre la transition avec Carey, un Américain qui a déjà dirigé la 21st Century Fox. Apparemment, le groupe américain a changé d’avis.

Dumontier est confiant pour l’avenir

Le départ d’Ecclestone a eu des répercussions jusqu’à Montréal, où le promoteur du Grand Prix de Formule 1 du Canada, François Dumontier, s’est dit «étonné» de la rapidité de l’annonce.

«Je ne m’attendais pas à cette annonce-là aujourd’hui, a-t-il d’abord confié en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Je dirais que c’est une journée historique, parce qu’il a régné sur la F1 pendant près de 40 ans. Il a pris un sport qui était désorganisé au début des années 1970 et l’a transformé en sport de niveau mondial. On vient de passer le flambeau à quelqu’un d’autre.

«Maintenant, vous allez trouver ça utopique, mais malgré ses déclarations incendiaires ou provocantes envers le Grand Prix du Canada, moi, en privé, j’ai toujours eu une excellente relation avec lui, a-t-il ajouté. Il a toujours été un grand partisan du Grand Prix du Canada, et pour cette raison je dois le saluer publiquement.»

Bien que le départ d’Ecclestone pourrait entraîner une période d’incertitude en F1, Dumontier a indiqué qu’il était optimiste quant à l’arrivée de Carey — même s’il l’a rencontré pour la première fois l’automne dernier au Grand Prix des États-Unis et qu’il dit ne pas le connaître personnellement.

«J’assume que d’ici les prochains jours nous allons obtenir une rencontre avec Liberty Media et en apprendre un peu plus sur comment les choses se dérouleront avec eux», a mentionné Dumontier.

À l’instar du maire de Montréal Denis Coderre, le grand manitou d’Octane Management ne croit pas que l’arrivée de Carey puisse faire dérailler l’entente de principe pour la tenue de la course en 2017, ni les négociations entourant son renouvellement à long terme.

«Je ne pense pas que cette nouvelle aura un impact sur notre relation avec la F1, a évoqué le principal intéressé. Nous finalisons une entente pour 2017 qui pourrait nous mener jusqu’à 2029, et je ne pense pas que ça pourrait changer quoi que ce soit. D’ailleurs, si je relis certaines déclarations de M. Carey qui parlaient d’assises en Amérique du Nord — il n’y a que nous, le Texas et le Mexique —, il faut souligner qu’il a déjà évoqué la possibilité d’avoir un autre Grand Prix en Amérique du Nord. Donc je ne suis pas inquiet.»

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