TORONTO — Les images sont terrifiantes. Hugo Barrette est recroquevillé sur lui-même, inconscient, et son visage repose contre une structure de béton. Barrette est ensuite transporté sur une civière, son visage ensanglanté et marqué de plusieurs lacérations.

Le cycliste âgé de 25 ans originaire des Îles-de-la-Madeleine avait chuté lors d’une séance d’entraînement en prévision de la Coupe du monde de Cali, en Colombie, à l’automne 2015, après avoir traversé une barrière de sécurité en métal à plus de 80 km/h.

Il courra de nouveau à Cali en Coupe du monde pour la première fois cette semaine — une victoire, dit-il, qu’il savourera dès qu’il posera ses deux roues sur la piste.

«Ça fait partie de mon histoire, a confié Barrette. Je n’ai jamais considéré ceci comme étant une mésaventure. Ça fait partie de mon histoire, et afin de tourner la page, je dois retourner sur cette piste, tester mes limites et offrir la meilleure performance possible, comme je prévoyais le faire avant mon accident.»

Au moment de son accident, Barrette venait de décrocher trois médailles aux Jeux panaméricains de Toronto et songeait uniquement aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro. La force de l’impact a sectionné la barrière de sécurité et provoqué de nombreuses blessures — deux fractures aux vertèbres, une fracture du nez, une dent brisée, de multiples lacérations crâniennes et une luxation de l’épaule. Les dommages à son nez et à sa lèvre étaient tels qu’il a dû subir une chirurgie esthétique. S’il n’avait pas tourné sa tête à la dernière fraction de seconde avant l’impact, il croit sincèrement qu’il serait décédé.

Les cris de Barrette sont perceptibles dans une vidéo de la scène, et ils se sont révélés si traumatisants que l’entraîneur de l’équipe nationale, Erin Hartwell, a songé à démissionner. Barrette ne s’en souvient pas, préférant dire «que c’est peut-être mieux que j’aie oublié des bouts de l’histoire».

Une autre bonne chose: il était si motivé par la perspective de faire partie de l’équipe olympique qu’il était de retour sur son vélo seulement deux semaines après l’accident. Il n’avait tout simplement pas le temps de réfléchir.

S’il y a une chose que cet accident lui a permis de réaliser, c’est à quel point il a gravi les échelons rapidement au cours de sa carrière.

Barrette a décroché sa première médaille — en argent — en Coupe du monde, à Hong Kong, seulement 81 jours après sa chute. Il s’est aussi qualifié pour les JO de Rio, où il a pris le 13e rang du keirin.

Barrette sera accompagné de ses compatriotes Stefan Ritter, d’Edmonton, Joël Archambault, de Sainte-Christine, et Patrice St-Louis Pivin, de Sherbrooke.

Chez les dames, Kate O’Brien et Laura Brown, de Calgary, mèneront l’équipe canadienne qui sera complétée par Ariane Bonhomme, de Gatineau, Amelia Walsh, d’Ayr, en Ontario, Steph Roorda, de Vancouver, et Kinley Gibson, d’Edmonton.

Barrette ne prévoit rien de spécial lorsqu’il posera le pied à Cali, ni même jeter un regard vers le lieu de l’accident.

«Je vais juste faire mon boulot, c’est-à-dire sauter sur la piste et être le plus rapide possible, a-t-il confié. Oui, il y a eu l’accident et ses répercussions, mais j’ai une course à disputer et c’est une épreuve de la Coupe du monde, donc je veux gagner. De plus, je me dis que si je suis capable de me rendre là-bas et de rester concentré pour offrir la meilleure performance possible, alors ce sera une très grande expérience. Ça va m’aider comme athlète, mais comme individu également.»

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