MONTRÉAL — Claude Julien avait l’intention d’attendre au printemps avant de prendre une décision quant à la suite de sa carrière. C’était sans compter sur l’insistance des autres formations de la Ligue nationale.

Julien n’a eu d’autres choix que de couper court à ses vacances familiales dans le Vermont quand il a reçu l’appel de Marc Bergevin. Mais une chose est certaine: le d.g. du Tricolore a dû se montrer persuasif en peu de temps, puisque Julien était convoité par plusieurs formations du circuit Bettman.

«Il y avait d’autres équipes qui étaient très intéressées, a admis Julien, en téléconférence de son domicile de Boston. Mais dès que j’ai parlé avec le Canadien, je voulais écouter ce qu’ils avaient à me dire.»

Les liens tissés avec Bergevin lors de la Coupe du monde de septembre dernier auront pesé lourd au moment de prendre sa décision.

«Il y a plusieurs facteurs, (…) mais j’ai eu une bonne ‘connexion’ avec lui à la Coupe du monde. C’est un bon directeur général, une bonne personne. C’est important pour moi de travailler avec de bonnes personnes. Je réalise aussi que je m’en vais dans une bonne organisation. Le fait que je connaisse le marché, que je me rapproche de chez moi aussi, ça a influencé. J’aime la direction dans laquelle cette équipe s’en va et le potentiel qu’elle a.»

Le deuxième passage de Julien à la barre du Canadien — il avait occupé le poste de janvier 2003 à janvier 2006 — ne sera d’ailleurs pas de courte durée: les deux parties ont convenu d’un pacte de cinq saisons, en plus de la fin du présent calendrier.

«Pour revenir avec le Canadien, je voulais que ce soit une bonne expérience et qu’on se donne la chance de réussir», a-t-il expliqué.

En s’amenant avec le Tricolore, Julien prend en charge une formation qui occupe le premier rang de la section Atlantique, certes, mais qui a connu bien des ennuis dernièrement, comme en fait foi sa fiche de 3-6-1 à ses 10 dernières sorties sous les ordres de Michel Therrien, et de 23-19-7 depuis le 1er novembre.

«On me confie une bonne équipe, je le sais très bien, a souligné Julien, qui montre une fiche de 538-332-10-117 en 997 rencontres dans la LNH. Je ne vais pas commencer à faire de grandes déclarations dès maintenant au sujet de ce qu’il faut changer ou pas dans ce club. C’est à nous de le démontrer au lieu d’en parler.

«Les changements qui doivent être apportés sont probablement minimes, mais ils feront une grosse différence. C’est ce que j’ai l’intention de faire dans les prochains deux jours avec le groupe d’entraîneurs. Je vais passer deux grosses journées à bien me préparer avant l’entraînement de vendredi. Mais c’est davantage de retrouver l’énergie et de mettre les pendules à l’heure qui est important pour l’instant. Au fur et à mesure qu’on va progresser, on pourra apporter les petits changements que je veux faire. Mais c’est impossible en un entraînement.»

Julien a d’ailleurs signalé qu’il compte poursuivre avec le même groupe d’adjoints.

«Je connais tous les entraîneurs en place et je n’ai aucun problème à finir la saison (avec eux). S’il y a des changements à faire, ce ne sera certainement pas cette année, et je ne dis pas non plus que je vais apporter des changements.»

Garder le même style

Même s’il vient de perdre son ‘job’ après près de 10 ans à Boston, Julien n’a pas l’intention de modifier son approche.

«C’est l’une des raisons, je pense, pour lesquelles on m’a donné l’opportunité de revenir à Montréal. J’ai toujours eu de bonnes relations avec mes joueurs. (…) Le respect, ça se gagne. Si tu respectes tes joueurs, ils vont te respecter. La fine ligne qui existe entre le respect et l’autorité, c’est ce que j’essaie de garder et ce que je ferai à Montréal.»

Il admet cependant qu’il est mieux outillé pour ce deuxième passage à Montréal qu’il y a 14 ans.

«L’expérience fait beaucoup. (…) Je n’ai jamais été amer ou déçu de mon expérience à Montréal. C’était ma première expérience (dans la LNH) et j’ai vite réalisé que de se faire congédier, ça faisait partie du métier. J’ai toujours aimé l’organisation, la ville, ses partisans. J’aime les défis et ça m’excite de revenir. Mais je ne manquerai pas d’expérience cette fois-ci.

«Je ne veux jamais être confortable et je veux toujours m’améliorer. (…) Les choses changent. À un moment, c’étaient les grosses équipes qui gagnaient, ensuite, c’étaient les équipes plus rapides. L’an dernier, avec les Penguins, ils ne voulaient pas passer de temps dans leur zone. C’est de s’assurer de se garder à date dans chaque situation. Si tu es trop obstiné et que tu ne veux rien changer à ton système, tu ne pourras pas survivre.»

Une pensée pour Therrien

Le nouvel entraîneur-chef a commencé cette téléconférence en ayant une bonne pensée pour son prédecesseur.

«Il y a une semaine, j’ai été un des entraîneurs congédiés. Je sais exactement comment Michel se sent présentement. Ce n’est pas facile pour un entraîneur d’arriver dans une organisation en sachant qu’il a pris le ‘job’ d’un autre. Je veux que tout le monde sache que j’ai toujours eu beaucoup de respect pour Michel Therrien. C’est un bon entraîneur, contre qui il n’est pas facile de diriger. Je le connais depuis longtemps et je veux lui souhaiter bonne chance. Je suis certain qu’il reviendra bientôt comme entraîneur.»

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