Getty Images David Desharnais

BROSSARD, Qc — Le prestige et l’honneur de revêtir l’uniforme du Canadien de Montréal étaient si grands aux yeux de David Desharnais que celui-ci aurait passé toute sa carrière avec le Tricolore malgré les moments difficiles vécus cette saison et la pression du marché montréalais.

Une douzaine d’heures après la transaction qui l’a envoyé aux Oilers d’Edmonton en retour du défenseur Brandon Davidson, Desharnais a rencontré les journalistes montréalais l’air relativement serein, mais le coeur gros.

«Je suis vraiment triste de partir de Montréal, ce sont sept ans de ma vie que j’ai passés ici», a déclaré Desharnais, qui a admis avoir ressenti un choc en apprenant la nouvelle de la bouche du directeur général Marc Bergevin avant la rencontre de mardi, contre les Blue Jackets de Columbus.

«Ça été extraordinaire, et j’ai le coeur gros de partir aujourd’hui, a-t-il enchaîné. Mais il faut que je regarde le côté professionnel et je me dis que je vais continuer de jouer au hockey et avoir une chance de poursuivre ma carrière.»

Le petit attaquant de Laurier-Station a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais demandé à être échangé. Et malgré les neuf parties au cours desquelles il a été mis de côté, en incluant celle de mardi, il ne le souhaitait pas nécessairement.

«Je ne demande jamais rien, surtout pas quand j’ai le chandail du CH sur le dos. J’aurais pu passer les 20 prochaines années ici», a affirmé Desharnais, sur un ton convaincant.

«J’aurais été correct à l’idée de rester ici, et je suis correct à l’idée d’aller là-bas. Je veux juste jouer au hockey et essayer d’aider une équipe à gagner», a-t-il plus tard mentionné.

Malgré cette saison difficile, marquée d’une blessure à un genou au moment où il avait l’occasion d’évoluer sur le premier trio, en décembre, Desharnais dit ne garder que de beaux souvenirs de son séjour avec le Canadien. Il recommanderait à tous les Québécois de vivre pareille expérience.

«C’est sûr qu’il y a des hauts et des bas, et ce n’est pas toujours facile à Montréal en tant que Québécois, a concédé Desharnais. Mais pour moi, c’est juste du positif. Ma famille, mes amis, tout le monde a apprécié l’expérience. Ça m’a fait grandir. Mettre le chandail pour la première fois, jouer mon premier match avec le Canadien dans la Ligue nationale. Je n’aurais pas pu avoir un meilleur rêve que ça.»

Au moment où il a rencontré les journalistes, Desharnais n’avait pas encore eu l’occasion de saluer ses anciens coéquipiers. De retour chez lui pendant que le Canadien bataillait contre les Blue Jackets, Desharnais a passé la soirée au téléphone et tenté tant que bien de mal, ensuite, de profiter d’une bonne nuit de sommeil.

Mais on peut imaginer que des scènes touchantes marqueront ces adieux, surtout après les éloges bien senties des joueurs du Tricolore à son endroit dans le vestiaire, mardi soir. Surtout lorsqu’il croisera Max Pacioretty.

D’ailleurs, Desharnais est devenu particulièrement émotif lorsqu’il a été invité à parler du capitaine du Canadien, avec lequel il a connu de bons moments au fil de ses quelque huit saisons à Montréal. Il a avoué qu’il n’oubliera pas Pacioretty.

«Max a été là pour moi quand ça allait moins bien. Il a vraiment fait toute la différence pour moi dans ma carrière», a-t-il noté, des trémolos dans la voix.

Desharnais a en quelque sorte rendu l’ascenseur à Pacioretty, qui avait lui aussi reconnu l’apport du petit joueur de centre dans sa propre carrière.

«J’ai toujours pensé qu’un grand joueur de centre fait paraître ses coéquipiers meilleurs qu’ils le sont, recherche ses coéquipiers et dont la mentalité est de distribuer la rondelle, d’abord. Je ne dis pas qu’un joueur de centre ne doit pas tirer au filet et marquer des buts, mais c’est ce que font les meilleurs centres, a d’abord précisé Pacioretty. C’est ce qu’il a fait pour moi, et je l’en remercie. Nous avons grandi ensemble dans les ligues mineures et si nous avons pu atteindre la Ligue nationale avec confiance, c’est parce que nous avions une belle chimie ensemble qui s’est poursuivie dans la LNH.»

Desharnais a également eu une pensée pour Michel Therrien, qui lui a envoyé un texto après avoir appris qu’il avait été cédé aux Oilers.

«Il m’a aidé, il m’a laissé une bonne chance. Il n’a jamais vraiment abandonné avec moi.»

Âgé de 30 ans, Desharnais se dit par ailleurs heureux de se joindre aux Oilers et de les aider à se tailler une place dans les séries éliminatoires, un tour de force que la formation albertaine n’a pas accompli depuis la saison 2005-2006.

«Je m’en vais avec une équipe très rapide, jeune, qui n’a pas participé aux séries depuis longtemps. Je vais essayer de mettre un peu de stabilité au centre là-bas et les aider dans les facettes où je peux être utile. Je suis flatté qu’il s’agisse d’une formation qui aspire aux séries éliminatoires.»

Desharnais prend la route de l’Alberta avec l’idée de faire mentir les sceptiques qui pourraient penser qu’il n’a plus sa place dans la LNH.

«Tant que je ne le ressentirai pas (que ma carrière est finie), je ne penserai pas comme ça. Je sais que j’ai encore bien des années devant moi, et j’ai hâte de pouvoir le prouver justement.»

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!