Graham Hughes Graham Hughes / La Presse Canadienne

BROSSARD, Qc — Dorénavant, il faudra cesser de regarder de haut les joueurs choisis en sixième ronde de la séance de sélection de la LNH. Car il peut s’y cacher de beaux exemples de persévérance et de dévouement.

C’est le cas de Paul Byron, qui a été sélectionné comme candidat du Canadien de Montréal en vue de l’attribution du trophée Bill-Masterton pour la saison 2016-2017.

Dans un scrutin mené auprès de la section montréalaise de l’Association des chroniqueurs de hockey de la Ligue nationale, Byron a récolté 25 points grâce à cinq votes de première place, quatre de deuxième position et deux de troisième.

Il a été préféré au vétéran défenseur Andrei Markov, qui a amassé 23 points, même si ce dernier a obtenu six votes de première place, soit un de plus que Byron. Alexander Radulov a terminé troisième avec sept points.

«Il s’agit d’un honneur incroyable. Beaucoup de joueurs dans l’équipe auraient pu être sélectionnés. Il s’agit d’un moment dont je suis fier», a déclaré Byron.

Depuis 1968, le trophée Bill-Masterton est remis annuellement au joueur de la LNH qui a fait preuve du plus bel exemple de détermination, de persévérance et d’esprit sportif au hockey.

Masterton, un ancien joueur des North Stars du Minnesota, est décédé le 15 janvier 1968 à la suite d’une blessure subie lors d’un match de la LNH.

Le rapide attaquant du Canadien tentera de devenir le sixième récipiendaire de ce trophée dans l’histoire de l’équipe, et le premier depuis Max Pacioretty, à l’issue de la saison 2011-2012.

«Il mérite tout ce qui lui arrive, a réagi Brendan Gallagher. C’est l’exemple du joueur qui n’a jamais abandonné. Il a parfois songé à aller jouer en Europe, son nom a été soumis au ballottage. Il n’y a pas beaucoup de gens qui ont cru en lui, mais il a cru en lui et il a persévéré. C’est vraiment spécial.»

Selon l’entraîneur-chef Claude Julien, l’une des clés des succès de Byron réside dans son attitude.

«C’est un gars qui a vraiment fait son chemin tout au long de sa carrière, et de voir la façon qu’il joue aujourd’hui, c’est vraiment bien mérité. C’est un bon patineur, c’est un gars qui ne recule devant rien, il joue comme un joueur beaucoup plus imposant physiquement. Il a beaucoup de qualités plaisantes pour un entraîneur.»

La quête d’un rêve

Âgé de 27 ans, Byron connaît une saison au-delà de toute espérance. En 72 matchs, Byron a amassé 20 buts, 17 mentions d’aide et 37 points, des sommets personnels en carrière dans chacune de ces quatre catégories.

Seul Pacioretty (33) a marqué plus de buts que Byron chez le Tricolore. Son pourcentage d’efficacité de 22,7 pour cent (20 buts sur 88 tirs) est le meilleur de l’équipe, si l’on exclut le nouveau venu Jordie Benn.

Son ratio défensif de plus-15 lui confère aussi le deuxième échelon chez le Canadien à ce chapitre, tout juste derrière Shea Weber (plus-16).

Malgré ses 5 pieds 9 pouces et 160 livres, Byron a jusqu’à maintenant distribué 100 mises en échec, ce qui le place au cinquième rang parmi tous les joueurs du Canadien, et deuxième parmi les attaquants de l’équipe.

Tout ça venant d’un joueur choisi au 179e rang par les Sabres de Buffalo en 2007, avec lesquels il n’a joué que huit matchs avant d’être échangé aux Flames de Calgary en juin 2011.

Quatre ans plus tard et après une saison écourtée par des blessures, Byron a vu les Flames soumettre son nom au ballottage, le 5 octobre 2015. Le lendemain, le directeur général Marc Bergevin le réclamait.

«Ce fut un moment stressant, avoue-t-il en parlant de cette journée où on lui a annoncé qu’il allait devoir passer par le ballottage. Quand ma femme et moi avons appris que le Canadien m’avait réclamé, nous ne pouvions pas être plus heureux de revenir près de la maison.»

Malgré sa stature et les ennuis de santé, Byron n’a jamais perdu de vue le rêve qui s’est graduellement forgé dans sa tête de petit garçon grandissant dans le secteur ouest d’Ottawa. C’est l’époque où il a commencé à regarder des matchs avec son père le samedi soir, et à profiter de la patinoire extérieure que celui-ci avait confectionnée dans la cour arrière, décorée d’un logo au centre.

«Je n’ai jamais songé à abandonner le hockey. Ça fait partie de ma vie depuis que j’ai l’âge de 2 ans. C’est ancré en moi. Tout ce que j’ai fait dans ma vie tourne autour du hockey et je ne sais pas ce que je ferais sans ça», explique Byron, qui a signé un contrat de trois ans en février 2016.

«Il y a des moments, quand tu te rétablis d’une blessure, où tu te demandes si le hockey européen ne serait pas une meilleure option parce que le calendrier, les voyages et le style de jeu sont moins éprouvants. De telles pensées vous traversent l’esprit. Toutefois, j’ai toujours cru que j’étais suffisamment bon pour jouer dans la LNH, et mon rêve est de gagner la coupe Stanley. Je veux conserver ce rêve et c’est un objectif que je tiens à réaliser.»

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