Rick Rycroft Rick Rycroft / The Associated Press

MONTRÉAL — Les amateurs de course seront témoins dès le premier Grand Prix de Formule 1 de la saison, en Australie, dimanche, des nombreux changements apportés aux bolides de la catégorie reine du sport automobile.

La taille et la masse des châssis ont été modifiées, de même que les dimensions des ailerons et des pneus (plus larges qu’en 2016), afin d’augmenter l’appui aérodynamique des monoplaces, de manière à les rendre plus «agressives» et, surtout, plus rapides.

En conséquence, tous les pilotes ont dû non seulement ajuster leur pilotage, mais également leur entraînement physique afin de tolérer les rigueurs d’une saison de F1.

D’ailleurs, lors d’un entretien accordé au site Autosport en décembre dernier, le pilote de Force India Sergio Perez avait déclaré que ses collègues et lui seraient «détruits» physiquement pendant les essais hivernaux. Ainsi, à l’instar de Daniel Ricciardo (Red Bull), il avait admis qu’il allait devoir affûter sa condition physique.

Chez Williams, Lance Stroll a confié l’importante tâche de le préparer adéquatement pour la saison à un Lavallois âgé de 47 ans, David Whiteman. Ce dernier, kinésiologue de formation en congé sabbatique, habite maintenant à Genève et a commencé à travailler avec Stroll il y a deux ans.

Rencontré dans la roulotte de Stroll en bordure du circuit de Catalunya pendant les essais hivernaux, alors qu’il s’affairait à mettre la touche finale au casque de son protégé, Whiteman a déclaré que l’hiver avait été particulièrement occupé. Car la marche est haute entre la F3 et la F1, a-t-il rappelé dans un excellent français.

«Ç’a été un gros saut. Une course de F3, c’est environ 45 minutes, sauf qu’il y en a trois par week-end, a-t-il expliqué. En F1, il y a une course, mais elle peut durer jusqu’à deux heures. C’est davantage une course d’endurance. De plus, une voiture de F1 génère beaucoup plus de forces G, ce qui fait que le corps est soumis à beaucoup plus de stress.

«Aussi, en F3, il y a une dizaine de courses par saison, alors qu’il y en a 20 en F1, a ajouté celui qui a également vécu à Notre-Dame-de-Grâce. Sans oublier que la F3 se déroule uniquement en Europe, alors que la F1 est mondiale. En conséquence, il faut aussi être capable de combattre le décalage horaire et ses effets sur le corps. Tout ça a un impact sur le corps, et il a notamment fallu renforcer beaucoup la force du cou de Lance.»

Le principal défi pour Whiteman consistait à maximiser la force de Stroll, même si ce dernier n’est âgé que de 18 ans et qu’il n’est de toute évidence pas encore arrivé à maturité physique. Tout comme pour les joueurs de hockey qui font le saut dès 18 ans dans la LNH, le préparateur physique a admis s’être inquiété de l’impact d’une course de F1 sur Stroll.

«C’est une question que je me pose constamment, a-t-il reconnu. Parce que c’est un phénomène tout de même relativement nouveau en F1. Avant Lance, il n’y avait que Max Verstappen qui avait percé la F1 en très bas âge — à 17 ans. En conséquence, notre échantillon est très mince afin de déterminer l’impact qu’a une voiture de F1 sur la force musculaire d’un jeune homme de cet âge-là. Ceci étant dit, c’est certain que les muscles ne sont pas aussi matures que ceux d’un homme de 21 ans, par exemple.

«Mais je compare souvent Lance à (l’attaquant des Maple Leafs de Toronto) Auston Matthews présentement, a-t-il ajouté. Matthews est déjà incroyable à 18 ans, alors je me dis que dans deux trois ans, sa force musculaire sera encore meilleure. Donc, nous avons travaillé le plus possible pour le développer physiquement cet hiver, et même s’il est limité par la nature humaine, je crois qu’il connaîtra rapidement du succès en piste.»

La réponse viendra dès ce week-end, alors que Stroll s’élancera en piste pour le Grand Prix d’Australie présenté à Melbourne.

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