TORONTO — Nazem Kadri croyait que son premier but en séries éliminatoires de la Coupe Stanley avait propulsé les Maple Leafs de Toronto au deuxième tour. C’était plutôt le début d’un long parcours parsemé d’obstacles à Toronto.

Après le filet de Kadri qui donnait les devants 4-1 aux Maple Leafs en troisième période du match no 7 de la série de premier tour en 2013, les Bruins de Boston ont inscrit quatre buts sans riposte. Depuis ce temps, les Leafs ont changé de visage à maintes reprises, tout comme Kadri.

L’attaquant âgé de 26 ans brille en séries éliminatoires ce printemps, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années alors qu’il était étiqueté comme un joueur talentueux, mais sans éthique de travail.

«J’ai souvent affronté les Maple Leafs et, sans rien enlever à ‘Naz’, nous ne portions pas tellement attention à ‘Naz’», a reconnu l’entraîneur-chef Mike Babcock, avant le début de la série contre les Capitals de Washington.

Tout ce que James van Riemsdyk connaissait de Kadri avant qu’il ne s’amène à Toronto provenait des médias: un jeune joueur confiant qui «dit constamment des choses étranges — du moins c’est ce que je pensais».

Sa personnalité insouciante et sa confiance inébranlable en ses moyens ont contribué à en faire un favori du public dans un marché à la recherche de héros. Il a du talent également — il possède de bonnes mains, est hargneux et n’a pas peur de se mesurer, malgré sa petite taille, à des adversaires plus imposants que lui. Mais aux yeux des Leafs, il lui manquait certains attributs pour connaître du succès.

Sa forme physique, qui a défrayé les manchettes à l’automne 2012 lorsque l’entraîneur-chef des Marlies de Toronto Dallas Eakins a vertement critiqué le jeune homme de 21 ans pour d’être présenté au camp dans un état pitoyable.

Kadri a atteint la LNH quelques mois plus tard et a connu instantanément beaucoup de succès (18 buts, 44 points en 48 parties), mais il a suscité l’ire de l’entraîneur-chef de l’époque, Randy Carlyle, pour son insouciance en possession de la rondelle et son manque de volonté en défensive.

Les réprimandes de ses patrons ont culminé avec la sortie publique du président de l’équipe Brendan Shanahan en 2015, et la suspension qu’il lui avait imposée pour ses nombreux écarts de conduite à l’extérieur de la patinoire. Shanahan avait à l’époque déclaré que Kadri, qui s’était présenté en retard à une réunion d’équipe, devait prendre de la maturité et lui avait offert une dernière chance de se faire valoir en lui présentant une entente d’un an lors de l’été suivant.

Le message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, et à peine un an après sa boutade, Kadri a conclu un pacte de six saisons d’une valeur de 27 millions $US. L’organisation torontoise, qui hésitait grandement à se compromettre, était maintenant certaine de sa décision.

«Il a fait du chemin depuis le temps, a confié son coéquipier de longue date Jake Gardiner. Quand il est arrivé ici, il misait essentiellement sur l’attaque — et je crois qu’il l’admettrait lui-même — et n’était probablement pas le meilleur joueur défensif. Parfois, il jouait de manière un peu plus robuste, mais maintenant il fait preuve de beaucoup de constance. Il marque, il passe, il frustre le premier trio de l’équipe adverse, et tout ça c’est sans compter sa nouvelle attitude à l’extérieur de la patinoire.»

Son habituel partenaire de trio, Leo Komarov, a ajouté que Kadri ne tente plus de marquer à toutes ses présences sur la patinoire, et souligné qu’il avait développé son jeu défensif.

«Il possède beaucoup de talent et il pourrait devenir l’un des meilleurs joueurs de cette ligue, a admis Komarov. Il ne lui en manque pas beaucoup, il s’approche du but.»

Kadri reconnaît lui-même qu’il est plus mature et mieux préparé à affronter les hauts et les bas d’une carrière dans la LNH.

«Je ne m’inquiète plus d’être sur la plus grande scène au monde, a évoqué Kadri. En fin de compte, je crois que le fait de jouer dans un marché comme celui de Toronto te prépare davantage au hockey des séries éliminatoires.»

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