Christophe Ena | The Associated Press

DÜSSELDORF, Allemagne — Le coup d’envoi du Tour de France est appelé le «Grand Départ.» Cette année, il prend des allures de «Grand Retour.»

Six ans après la décision de la télévision allemande de cesser de diffuser l’épreuve phare du cyclisme en raison d’une série de scandales de dopage et trois décennies après sa dernière présence dans le pays, le Tour prend son envol ce week-end avec deux étapes à Düsseldorf.

La course commence samedi avec un contre-le-montre individuel de 14 kilomètres (8,7 milles) disputé principalement sur le plat à Düsseldorf et qui semble tailler sur mesure pour permettre au quadruple champion du monde, Tony Martin, de s’emparer du maillot jaune devant ses partisans.

La deuxième étape, dimanche, se déroulera entre Düsseldorf et Liège, en Belgique.

C’est en 1987 que l’épreuve de trois semaines a pris son départ pour la dernière fois en Allemagne, lorsque le Grand Départ a été donné à Berlin-Ouest — à une époque où la ville était encore divisée en deux.

Une décennie plus tard, le cyclisme allemand a connu son heure de gloire lorsque Jan Ullrich est devenu le premier coureur allemand et encore le seul à gagner le Tour.

Ullrich a également terminé cinq fois deuxième du Tour, trois fois derrière Lance Armstrong, qui a finalement été dépouillé de ses sept titres pour dopage.

Ullrich est également tombé en disgrâce et a été suspendu en 2006 dans la foulée de l’opération Puerto, le scandale de dopage sanguin, en Espagne. Il a pris sa retraite un an plus tard et le Tribunal arbitral du sport l’a ensuite banni pendant deux ans en 2012 pour avoir participé au programme de dopage du médecin espagnol Eufemiano Fuentes.

Ullrich n’a pas contesté la décision du tribunal sportif et il demeure persona non grata dans les cercles du cyclisme. Il n’a pas été invité à Düsseldorf par les organisateurs du Tour.

Alors que la victoire d’Ullrich au Tour a lancé un véritable âge d’or du cyclisme allemand, le sport s’est rapidement désintégré dans le pays à la suite des scandales de dopage impliquant d’important coureurs comme Patrick Sinkewitz et Stefan Schumacher. Même Erik Zabel, le populaire coureur qui conserve encore le record de six maillots verts au classement des points du Tour, a admis s’être dopé après sa retraite.

De nos jours, une nouvelle génération de coureurs allemands menés par Martin, les sprinters Andre Greipel et Marcel Kittel — qui ont remporté respectivement 11 et neuf étapes du Tour — et le spécialiste des classiques John Degenkolb, ont ramené les amateurs locaux au cyclisme.

La station de télévision allemande ARD a recommencé à diffuser le Tour en 2015 et le Tour d’Allemagne devrait revenir l’année prochaine, après avoir été retiré en 2009.

«Beaucoup de gens attendent avec impatience le retour du Tour de France en Allemagne et nous voulons donner aux amateurs des raisons d’être fiers de nous, a déclaré Kittel, qui vise à gagner la deuxième étape. Avoir le Grand départ ici est une étape importante pour la communauté allemande.»

Martin, quant à lui, devrait s’épanouir sur le parcours urbain qui emprunte les rives du Rhin. Le parcours n’est probablement pas assez long pour que Chris Froome et Richie Porte, les favoris du Tour, creusent l’écart sur leurs rivaux, même s’ils peuvent prétendre à la victoire d’étape.

Un autre coureur à surveiller dans ce contre-la-montre est Rohan Dennis, l’Australien de l’équipe BMC qui a remporté la première étape en 2015.

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