Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — On se souvenait de Marlon B. Wright vendredi comme d’un boxeur mi-moyen prometteur qui est finalement devenu l’un des plus grands arbitres de boxe du Canada.

L’homme de 51 ans est décédé jeudi soir à l’hôpital Sacré-Coeur, entouré de sa famille, a confirmé Michel Hamelin, directeur de la Commission des sports de combat à la Régie des alcools, des courses et des jeux.

Né en Jamaïque, Wright a grandi à Montréal. Il souffrait d’un mélanome, une forme cancer de la peau, depuis 2014, mais il a travaillé aussi récemment que le 24 février dernier, alors qu’il était le troisième homme dans le ring entre l’ex-champion de super moyens Lucian Bute et Eleider Alvarez, au Centre Vidéotron de Québec.

Wright a été l’arbitre de certains des plus gros combats des quelque 20 dernières années, notamment la victoire en combat d’unification des poids moyens de Gennady Golovkin face à Kell Brook, à Londres, en septembre dernier, ainsi que lors du combat de championnat du monde des moyens entre David Lemieux et Hassan N’Dam, à Montréal, en 2015.

Il a officié des combats de championnat en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, mais également sur des cartes de boxe — petites et grandes — partout au Québec.

«C’est une lourde perte, a déclaré Hamelin. Il va beaucoup nous manquer.»

Pluisuers boxeurs, dont Bute, Lemieux et le champion des mi-lourds du World Boxing Council Adonis Stevenson ont offert leurs condoléances sur les réseaux sociaux.

Malgré ces bons mots, plusieurs se rappelleront de Wright en raison d’une décision controversée, en 2008 à Montréal. Bute avait alors conservé sa ceinture de l’International Boxing Federation même si Librado Andrade lui avait passé le K.-O. dans les derniers moments du combat. Wright a arrêté son décompte à mi-chemin afin d’ordonner à Andrade de regagner le coin neutre. Ce que ses critiques ont qualifié de long compte a donné le temps à Bute de se relever avant le dernier son de cloche pour remporter une victoire par décision dans ce combat au cours duquel il avait dominé les 10 premiers rounds.

Les gestes de Wright, alors que le combat était télévisé aux États-Unis, ont été sévèrement critiqués par plusieurs amateurs et journalistes. Certains l’avaient même surnommé Marlon B. Wrong.

«Il avait bien agi, a noté Hamelin. Il a suivi le livre à la lettre. À mon avis, il a pris la bonne décision. C’est difficile la boxe, puisque lorsque vous êtes impliqué dans une histoire controversée comme celle-là, elle vous suit toute votre vie.»

«Ce combat l’avait marqué pour le reste de sa carrière et l’avait empêché de progresser plus rapidement vers de gros combats. Mais à mes yeux, il était l’un des meilleurs arbitres que j’aie jamais vus, a déclaré l’entraîneur, soigneur et commentateur Russ Anber. J’ai toujours pensé qu’il avait sa place parmi les meilleurs de la profession.»

Anber a été l’entraîneur du jeune Wright, alors âgé de 12 ans, au Club de boxe olympique de Montréal, dans les années 1980. Wright a fait le saut chez les professionnels en 1983, compilant une fiche de 10-1, tous des combats livrés au Québec. Il a gagné son dernier combat en 1992, face à Alain Boismenu.

Selon Anber, Wright aurait pu aller loin, mais il n’avait pas de gérant prêt à le faire boxer à l’étranger, comme Anber a fait avec deux autres boxeurs d’origine jamaïcaine, Otis et Howard Grant.

«Il est l’un des trois boxeurs à nous avoir battus, mon frère et moi, chez les amateurs, s’est rappelé Otis, champion du monde des moyens de la WBO dans les années 1990. Il n’a pas brillé chez les professionnels, mais quand il s’est tourné vers l’arbitrage, il a excellé.»

Howard était l’entraîneur d’Andrade lors du combat contre Bute. Il a encaissé une suspension de six mois pour avoir bousculé Wright après le combat.

«J’ai perdu mon sang-froid, a dit Howard. Je me suis excusé auprès de lui par la suite.

«Nous étions amis. Nous avons perdu l’un des grands ambassadeurs de notre sport. Je suis heureux qu’il ne souffre plus. Il ne l’a pas eu facile au cours des derniers mois.»

Wright laisse dans le deuil une fille et un garçon.

Note aux lecteurs: Version corrigée. La dernière victoire de Wright en 1992 était contre Alain Boismenu et non Alain Bonnamie.

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