MONTRÉAL — Vingt-quatre heures après une conférence de presse explosive lors de laquelle le boxeur Artur Beterbiev et son avocat ont vertement critiqué le promoteur Yvon Michel et son organisation, ce dernier leur a rendu la pareille dans une longue réflexion écrite, vendredi, en répliquant coup pour coup aux affirmations qu’ils ont faites devant les journalistes.

«Quand j’ai pris connaissance des commentaires de Me Karim Renno, j’ai été abasourdi. Jusqu’à maintenant, j’ai cherché à m’en tenir aux faits, mais là, je me devais absolument de répondre», a déclaré Michel à La Presse canadienne, tout en laissant sous-entendre que ses avocats étaient également mécontents de ce qu’ils avaient entendu.

Le promoteur montréalais s’est aussi dit surpris par certains des propos de Beterbiev à son endroit.

«Beterbiev prétend avoir été offusqué sur la façon dont je l’ai personnellement traité depuis qu’il est ici. Pourtant, on l’a accueilli ici les bras grands ouverts et on lui a permis de trouver la meilleure équipe d’entraîneurs au monde. J’ai toujours cru que nos rencontres étaient cordiales et sincères et je n’ai jamais fermé la porte de mon bureau, je n’ai jamais refusé une rencontre sollicitée et j’ai toujours, en public comme en privé, vanté à tous ses exceptionnelles qualités.»

Au passage, Michel déplore que Beterbiev, qui est arrivé au Canada en juin 2013, n’ait toujours pas appris à parler couramment en français.

«Si les Lucian Bute, Eleider Alvarez et Oscar Rivas se sont rapidement intégrés ici et appris notre langue, il est dommage de constater que (Beterbiev) n’a pas encore appris à converser en français, ce qui aurait certes contribué à hausser son niveau de popularité à celui de son exceptionnel talent.»

Mais l’essentiel de la missive de Michel, longue de plus de 1000 mots, s’attaque principalement aux affirmations de Me Renno.

Le promoteur montréalais rejette notamment les allégations selon lesquelles il exigeait que Beterbiev laisse tomber sa poursuite contre le Groupe Yvon Michel (GYM) pour que le combat éliminatoire des mi-lourds IBF face à l’Allemand Enrico Koelling ait lieu comme prévu, à la fin du mois de juillet à Brooklyn.

Par ailleurs, il admet avoir requis la collaboration de Marc Ramsay et d’Andre Kulesza, respectivement entraîneur et préparateur physique de Beterbiev, pour faire avancer le dossier.

«Il est tout à fait vrai que j’ai directement et confidentiellement sollicité Marc Ramsay et Andre Kulesza pour nous aider dans le dossier. Nous avons collaboré de très près ensemble bien avant que Beterbiev ne s’installe au Québec. GYM a même été le promoteur de tous les boxeurs professionnels que Marc a dirigés. Il était normal de solliciter leur appui», justifie Michel.

Celui-ci s’étend aussi longuement sur la fameuse question du visa d’entrée aux États-Unis pour lequel Beterbiev a essuyé un refus, accusant Me Renno d’être de mauvaise foi au sujet des règles à respecter pour faire une demande.

«Nous ne savions pas que le visa d’Artur Beterbiev était expiré, et il est allé demander un visa aux autorités américaines sans nous consulter et nous informer. (…) S’il avait été bien représenté et conseillé, ce problème ne serait pas arrivé et son combat contre Enrico Koelling aurait été présenté le 29 juillet à Brooklyn.»

Michel consacre plusieurs paragraphes de son message à son association avec Beterbiev.

«Me Renno se dit choqué que je sois fier du travail que nous avons accompli avec Beterbiev jusqu’à présent. Je le répète: j’en suis très fier! Malgré une main cassée qui l’a éloigné du ring pendant six mois, une épaule opérée qui l’a mis au repos forcé pendant un an, le Ramadan annuel qui l’écarte du ring, Beterbiev, en 11 combats, a affronté deux ex-champions du monde, combattu sur Showtime, CBS, Spike TV et ESPN, est classé au sommet de toutes les associations mondiales et est à la veille de se qualifier pour le championnat du monde. Il a même reçu une offre de combattre en championnat du monde qu’il a déclinée pour cause de blessure.»

Michel a également tenu à dresser un bilan de son travail dans le monde la boxe au Québec et même à une plus grande échelle.

«En 37 ans de carrière amateur et professionnelle, j’ai contribué à un essor majeur de la boxe amateur canadienne qui ont amené bon nombre de médailles internationales et olympiques au Canada. J’ai collaboré à l’organisation de plus de 200 galas de boxe, été à la direction de plus de 20 boxeurs en championnat du monde professionnel, dont huit d’entre eux sont devenus champions. C’est davantage que quiconque dans l’histoire de la boxe canadienne. Ce parcours-là, j’en suis aussi très fier et ça ne changera pas même si Me Renno tente de le diffamer et qu’il prétend que GYM n’est pas assez bien pour sa vedette.»

Quant aux déclarations de Me Renno selon lesquelles Beterbiev est un agent libre et qu’il peut signer avec un autre promoteur, Yvon Michel continue de les contester, mais laisse le soin à un juge de trancher sur la question.

«L’IBF a confirmé hier (jeudi) la date pour l’appel d’offres Beterbiev-Koelling et Me Renno prétend que l’organisation américaine pourrait nous retirer le droit de participer, ce qui est encore faux. Nous allons consulter nos partenaires avec qui nous avons investi des sommes dépassant largement le million de dollars US dans les combats de Beterbiev avant de décider de l’implication de GYM», termine Michel.

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