LE PUY-EN-VELAY, France — Si le Britannique Chris Froome rentre à Paris, dimanche prochain, vêtu du maillot jaune du leader du Tour de France, il sera impossible de prétendre qu’il ne mérite pas d’en remporter les grands honneurs.

Au terme d’une autre dramatique journée dans un 104e Tour rempli de rebondissements, Froome a cassé un des rayons de sa roue arrière au pire des moments de la 15e étape dimanche, soit au moment où ses principaux rivaux haussaient la cadence devant lui avant d’aborder une autre difficile ascension.

Lorsque Froome s’est arrêté, a emprunté une roue appartenant à son coéquipier Michal Kwiatkowski et repris la route, les rivaux en question se trouvaient environ une minute devant lui.

Froome avait deux choix: consacrer toute son énergie à tenter de les rattraper, ou perdre son avance au classement général, et le maillot jaune qui a déjà changé trois fois de détenteur depuis la première étape, en Allemagne, le 1er juillet.

«Il y avait de quoi paniquer, a lancé Froome. J’ai vraiment pensé que le maillot jaune allait de nouveau se retrouver sur le dos d’un autre cycliste.»

Tel un prédateur, Froome s’est mis à la poursuite de Romain Bardet, Fabio Aru et Rigoberto Uran — les trois cyclistes qui accusaient un retard de moins de 30 secondes sur Froome au classement général du Tour, soudainement devenu spectaculaire après un modeste départ.

Plus tôt pendant le Tour, les adversaires de Froome avaient attendu que le leader revienne à eux après que le Britannique eut été victime d’un autre problème mécanique, celui-là avec ses vitesses.

Mais pas dimanche.

Encouragé par une foule partisane le long de l’abrupte ascension du col de Peyra Taillade — ajoutée à l’itinéraire du Tour pour la toute première fois — les membres de l’équipe AG2R du Français Bardet se sont mis à la tâche. Plus loin derrière, Froome s’est rendu compte que s’il ne les rattrapait pas au sommet de la côte, il n’y arriverait probablement jamais.

La course venait de commencer.

Aidé, d’abord, par ses coéquipiers Mikel Nieve et Mikel Landa, et hué par certains spectateurs alors qu’il roulait devant eux, Froome a travaillé avec l’énergie du désespoir dans l’ascension pour rejoindre le groupe de Bardet.

«Ils ont tout donné pour me permettre de revenir dans la course, a témoigné Froome au sujet de ses coéquipiers. Il me fallait les rattraper au sommet de la côte, au plus tard, sinon, c’était la fin pour moi.

«Ça été un moment stressant. J’ai pensé que je ne pourrais jamais revenir à l’avant», qui a expliqué que sa roue arrière n’était plus droite.

En surmontant ses malheurs, Froome abordera la deuxième journée de repos du Tour, lundi, avec une avance de 18 secondes sur Aru. Bardet suit, à 23 secondes de Froome pendant que Uran se classe à 29 secondes du sommet.

À compter de mardi, les cyclistes attaqueront une semaine cruciale dans les Alpes, et un contre-la-montre à Marseille.

Quant à la 15e étape, longue de 189,5 km, les grands honneurs sont allés au Néerlandais Bauke Mollema, grâce à une courageuse échappeée en solitaire.

Mollema, qui s’est classé dans le top-10 lors des Tours de 2013, 2014 et 2015, a profité de la descente du col de Peyra Taillade pour fuir seul lors des 30 derniers kilomètres de l’épreuve, devant un peloton de quatre cyclistes qui tentaient de le rattraper.

Ils n’y sont pas arrivés face à un rival qui était détermineé à signer sa première victoire d’étape en carrière au Tour de France.

«Je n’ai jamais pédalé tout seul sur une aussi longue distance, a lancé Mollema. Mais j’ai réussi!»

Aussi dans Sports :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!