TORONTO — Karen Cockburn survolait et virevoltait haut au-dessus de trampolines pendant les années de vaches maigres de son sport, une époque où l’argent pour défrayer ses voyages et ses entraînements venait de son compte bancaire.

La Canadienne de 36 ans avait un rêve, celui de participer aux Jeux olympiques avant que le trampoline n’y soit ajouté.

Cockburn s’est croisé les doigts et pris un risque en optant pour le trampoline à la place du plongeon. Elle est devenue l’une des plus grandes médaillées olympiques de sa discipline, et aura ouvert la porte à une jeune Rosie McLennan.

La carrière de Cockburn a fait l’objet d’une célébration dimanche, dans le cadre des Championnats canadiens de gymnastique à Oshawa, lors desquels elle a annoncé sa retraite.

Elle a profité du moment pour parler de la fierté qu’elle a ressenti d’être le pilier de l’équipe du Canada.

«J’ai toujours eu ce rêve d’aller aux Jeux olympiques, et je me souviens mon entraîneur de plongeon me dire ‘Ce n’est pas un sport olympique, tu ne devrais pas abandonner le plongeon pour faire ça’, a raconté Cockburn.

«Mes parents m’ont dit d’en choisir un (sport), et dans mon esprit, c’est ce qui me passionnait. Je me disais que peut-être, un jour, ce serait une discipline olympique. J’avais l’espoir que ça arriverait.»

Le trampoline s’est retrouvé au programme des Jeux olympiques en 2000, et Cockburn y a récolté une médaille de bronze, tout comme son époux, Mathieu Turgeon. Le deuxième prénom d’Emilie, sa fillette de trois ans, est d’ailleurs Sydney, en l’honneur de la ville australienne qui avait accueilli ces Jeux.

Cockburn a mérité des médailles d’argent aux Jeux d’été de 2004 et de 2008, et s’est classée quatrième à Londres, en 2012. Elle n’a pu prendre part aux Jeux de Rio, en 2016, alors que le Canada ne pouvait déléguer plus qu’une athlète.

Cockburn a aussi récolté huit médailles en championnats du monde, 52 en coupes du monde et ajouté 14 titres nationaux.

«D’avoir été la première femme à aller aux Jeux olympiques est quelque chose de pas mal spécial, a affirmé Cockburn. De voir les projecteurs braqués sur le trampoline et de réussir à inspirer des athlètes comme Rosie, qui est huit ans plus jeune que moi… Je la connais depuis qu’elle est âgée de sept ou huit ans, et notre relation est donc très spéciale. C’est merveilleux de voir qu’elle a réussi et qu’elle a inspiré d’autres personnes, à son tour. C’est un peu le rêve que je caressais.»

McLennan a été inspirée au point de devenir une championne olympique en 2012 et en 2016.

«Karen a donné ses lettres de noblesse au trampoline au Canada et a pavé la voie à notre succès, a loué McLennan. En ce qui me concerne, elle a transformé mon rêve olympique en une réalité.»

Selon Cockburn, sa participation aux Jeux panaméricains de Toronto, sa sélection à titre de porte-drapeau aux Jeux de Pékin, en 2008, et son premier titre au championnat du monde de 2003 représentent les plus grands moments de sa carrière.

«Je me rappelle à quel point il s’agissait d’un objectif de grande importance pour moi et pour mon entraîneur (Dave Ross) de devenir championne du monde. Je crois que c’est la seule compétition après laquelle nous avons tous les deux pleuré.»

Cockburn compte demeurer impliquée dans le sport, elle qui enseigne déjà le trampoline. Le mois prochain, elle doit diriger un camp d’entraînement pour jeunes adeptes du trampoline à Whistler, en Colombie-Britannique.

Cockburn et son époux possèdent un trampoline dans la cour arrière de leur résidence de Stouffville, en Ontario.

«Ma fille me demande toujours d’aller sauter avec elle», a déclaré Cockburn en riant.

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