Paul Chiasson/La Presse canadienne Denis Shapovalov

MONTRÉAL — Denis Shapovalov continue d’accumuler les minutes sur le court central du Stade Uniprix, et ce ne sont pas les spectateurs qui vont s’en plaindre. Et en même temps, il additionne les exploits historiques aux tournois Masters 1000 de l’ATP.

Après un départ léthargique, Shapovalov a livré une autre inspirante bataille vendredi soir, et il a renversé le Français Adrian Mannarino 2-6, 6-3, 6-4.

Après une lutte de 2 h 25 minutes, Shapovalov a ainsi mérité son billet pour les demi-finales où il affrontera, samedi soir, l’Allemand Alexander Zverev, qui a défait le Sud-Africain Kevin Anderson 7-5, 6-4, dans un duel qui a pris fin à 23 h 30.

Depuis le début de la Coupe Rogers, selon des statistiques fournies par l’ATP, Shapovalov a renversé quatre adversaires qui avaient accumulé 1356 victoires en carrière, avant que le tournoi ne s’amorce, alors qu’il n’en comptait que trois.

Par ailleurs, à 18 ans et presque quatre mois, il est devenu le plus jeune demi-finaliste dans l’histoire des Masters 1000 de l’ATP.

Ses extraordinaires performances de la semaine lui font aussi gravir les échelons du classement de l’ATP à un rythme fulgurant. Classé 143e au monde lundi, il amorcera la prochaine semaine en 66e place s’il perd la demi-finale. S’il se rend en finale, il sera 48e et si jamais il devait gagner le tournoi, il grimperait jusqu’au 31e échelon.

«C’est difficile de penser à tout cela en ce moment, a déclaré Shapovalov. J’essaie de prendre les matchs un à la fois. Avant ‘Rafa’, j’étais 100e, aujourd’hui, je suis 66e. Ce sont beaucoup de changements en seulement quelques jours. On va planifier le tout après le tournoi. Il y aura quelques changements. Je vais peut-être jouer un peu plus de tournois de l’ATP. Je vais en discuter avec mon équipe et mon entraîneur.»

Épuisé

Cette victoire de Shapovalov est venue contre un rival qui avait passé quatre heures trois minutes sur le court sans perdre une seule manche depuis le début du tournoi, incluant lors de son duel de deuxième tour contre Milos Raonic. Pendant ce temps, le Canadien de 18 ans avait passé presque sept heures sur le terrain, tout ça lors de trois jours consécutifs.

D’ailleurs, peut-être que tout ce labeur pouvait expliquer pourquoi Shapovalov n’a ressemblé en rien en début de match au joueur qui avait maintes fois déstabilisé Rafael Nadal la veille.

D’entrée, Shapovalov a concédé les quatre premiers jeux, lors desquels il n’a inscrit que six points. À un certain moment, Mannarino a récolté 14 points sur 15.

«Aujourd’hui, j’ai commencé très lentement parce que j’étais complètement vidé après le match d’hier, a reconnu le Canadien, qui ne s’est pas endormi avant 3 h dans la nuit de jeudi à vendredi.

«L’affrontement contre ‘Rafa’ m’a enlevé beaucoup d’énergie, mais Adrian a aussi fait du bon travail en jouant rapidement entre les points et en attaquant. Il ne me donnait rien et j’avais l’impression de jouer de façon précipitée.»

Le Canadien a finalement brisé la glace au cinquième jeu, à son service. Mais encore là, ce ne fut pas facile alors qu’il a dû effacer cinq balles de bris pour y arriver.

Les résultats tangibles pour le Canadien sont venus lors du sixième jeu, après une pause d’une dizaine de minutes à cause de la pluie. Au service, le Français de 29 ans s’est retrouvé en déficit 15-40 et a commis une double faute à la première balle de bris.

Cette bourde a réveillé la foule, plutôt docile jusque-là. Elle permettait surtout au Canadien de se bâtir un coussin de 4-2. Il a su le protéger pour forcer la tenue d’une troisième manche, grâce à un délicat coup droit en parallèle le long de la ligne que même Mannarino a applaudi.

«Au deuxième set, j’ai essayé de ralentir la cadence, mais de toute évidence, le délai à cause de la pluie m’a aidé. Ça m’a donné un peu de temps pour penser à son style de jeu. C’est toujours difficile de reprendre le service après 11 ou 12 minutes de pause. Pendant le délai, je me suis dit que ça pourrait devenir un point tournant et j’ai réussi à en profiter. Après le bris, j’ai recommencé à me sentir en confiance et j’ai pu gagner la manche.»

Au troisième set, Shapovalov s’est donné l’avantage en brisant son rival lors du troisième jeu, mais il l’a aussitôt perdu à la suite de plusieurs de ses propres erreurs. Shapovalov a toutefois réalisé quelques bijoux, notamment pour porter le score 4-4 lorsqu’il a réussi un revers en croisé, d’une position difficile au fond du court, que Mannarino n’a eu d’autre choix que d’admirer et même applaudir, une fois de plus.

Shapovalov a arraché le bris décisif lors du neuvième jeu, à la suite d’une erreur de son rival au coup droit , et il a mis fin au duel à sa première balle de match grâce à un puissant service que le Français n’a pu maîtriser.

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