Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Autre semaine, autre match, mais toujours le même discours chez les Alouettes de Montréal, qui livreront une autre rencontre «extrêmement importante» aux Lions de la Colombie-Britannique, vendredi soir à Vancouver.

Les Alouettes (3-7) et les Lions (5-5) connaissent tous deux une vilaine séquence avec trois revers consécutifs. Qui plus est, les deux clubs se battront possiblement pour la même place en matchs éliminatoires de la Ligue canadienne d’ici la fin du calendrier, puisqu’il est presque déjà acquis qu’un club de l’Ouest profitera de la règle du croisement pour prendre la troisième place donnant accès à ces rencontres dans l’Est.

«On peut dire ça, oui, a admis le centre Luc Brodeur-Jourdain un peu plus tôt cette semaine. Comme on a perdu notre premier match contre eux (23-16, le 18 juillet dernier), on se doit maintenant de l’emporter par une marge plus importante. Dans le cas d’un croisement, nous aurions alors le bris d’égalité.»

Ce ne sera pas une mince affaire pour la troupe de Jacques Chapdelaine que d’aller soutirer une victoire au B.C. Place. Depuis que l’équipe est revenue dans la LCF, en 1996, les Alouettes n’ont gagné que six des 21 matchs disputés au domicile des Lions, et seulement deux au cours des 16 dernières campagnes.

Brodeur-Jourdain avait une théorie intéressante pour expliquer les insuccès des Alouettes à Vancouver toutes ces années.

«Pour les équipes de l’Est, le décalage est un problème. Ce n’est pas pour chercher des excuses, mais pour mettre ça en perspective: quand tu joues à 19h à Vancouver, physiologiquement, il est 22h pour toi, a-t-il fait valoir. À la mi-temps, il est rendu minuit et tu termines la rencontre à 2h du matin. Il n’y a personne qui joue au football comme ça. Je serais curieux de voir la fiche des Lions à Montréal pour les matchs disputés à 13h: il faut alors qu’ils se lèvent à l’équivalent de 5h du matin pour eux. Pour eux aussi, ce doit être difficile de jouer dans l’Est dans ces conditions.»

Vérification faite auprès de la LCF: les Lions ont une fiche de 1-6 dans les matchs joués à 13h ou plus tôt à Montréal. Le vétéran centre touche donc un point.

«C’est ton corps qui est fait comme ça, ajoute-t-il. En même temps, ce n’est pas un prétexte pour perdre. La clé dans nos deux victoires là-bas (en 2010 et 2015), c’est qu’on marquait tôt dans le match et qu’on amassait plusieurs verges sur nos premiers jeux au sol. Mais quand tu joues ton match à 22h, peut-être que tu es moins explosif au départ qu’eux, qui sont dans leur fuseau horaire.»

Le quart Darian Durant était d’accord avec son coéquipier au sujet du début du match.

«La clé sera d’amorcer la rencontre en force, a indiqué Durant, qui retrouvera son poste après avoir été retiré à la faveur de Drew Willy face au Rouge et Noir d’Ottawa. Quand on joue à l’étranger, surtout contre un club qui éprouve comme nous des difficultés, on doit commencer en force et afficher la même intensité qu’eux.»

«Il s’agit de garder un bon niveau d’énergie et un bon état d’esprit, a noté le secondeur Kyries Hebert. Si vous abordez ce match avec une attitude négative, ce sera difficile. C’est difficile seulement si vous dites que ce le sera. J’ai obtenu quelques victoires là-bas avec quelques équipes différentes. Même ce club, il y a deux ans, est allé remporter une victoire là-bas.»

Coup de pouce des Tiger-Cats

Plusieurs joueurs n’ont pas manqué de souligner que la victoire des Tiger-Cats de Hamilton aux dépens des Argonauts de Toronto leur avait donné un fier coup de main dans cette course aux éliminatoires. Au lieu de se retrouver à trois points de la deuxième place dans l’Est dans l’éventualité d’une victoire des Argos (4-7), les Alouettes sont toujours à deux points du deuxième rang.

La fiche des équipes de l’Est n’est pas reluisante: aucune d’entre elles ne joue pour ,500. En comparaison, avec leur fiche de 5-5, les Lions, derniers dans l’Ouest, occuperaient le premier rang de l’Association Est.

«J’ai l’impression que c’est le portrait de l’Est depuis quatre ans, a dit Brodeur-Jourdain. Malgré qu’on ait connu des difficultés à l’attaque, nous avons toujours été dans la course. Je ne me souviens pas d’avoir constaté qu’avec encore trois ou quatre matchs à faire, nous étions déjà exclus des matchs éliminatoires.»

Si cette défaite des Argos a aidé les Alouettes, l’ennui est que la formation montréalaise n’a pas profité de ses chances cette saison avec seulement trois victoires.

«Ce qui nous manque, ce sont des touchés, a noté Brodeur-Jourdain. J’aimerais pouvoir dire autrement, mais c’est ce qui se passe en ce moment avec notre équipe. Dans la vaste majorité (de nos défaites), c’est à l’attaque qu’on a donné ces matchs. Pas à cause de nos unités spéciales, pas nécessairement à cause des pénalités. À mes yeux, c’est en raison de notre rendement dans la zone payante, des pénalités coûteuses dans la zone payante et le manque de concentration. C’est ce qui fait en sorte qu’on ne marque pas de point.»

Voyons voir si les Alouettes ont compris la leçon.

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