MONTRÉAL — Pour Patrick Boivin, les 24 dernières heures ont été difficiles. Convaincu d’avoir embauché le bon entraîneur-chef en décembre dernier, ce n’est pas de gaieté de coeur que le président des Alouettes de Montréal a donné le feu vert à son directeur général pour congédier Jacques Chapdelaine et Noel Thorpe.

«Ce n’est pas facile, mais ça l’est encore moins pour ceux qui ont reçu la nouvelle ce matin, autant pour Jacques que Noel que les gens autour d’eux, a indiqué Boivin de Toronto, où il se trouve pour une réunion des gouverneurs de la LCF. On remet en question une décision que nous avons prise en décembre, alors que nous étions sûrs et certains d’avoir la bonne personne en place.»

En sept mois seulement, les divergences d’opinions au sujet de la vision et de la façon de faire progresser l’équipe ont toutefois commencé à poindre et cette séparation — initiée par le directeur général Kavis Reed — était rendue inévitable aux yeux du président.

«Ça fait plusieurs semaines que lui et moi discutons à chaque jour sur la façon de replacer cette équipe-là, a affirmé celui qui a aussi été confirmé en poste en décembre. Travailler sur la dynamique, sur sa dynamique avec Jacques, faire évoluer ça. Après ça, c’était notre responsabilité d’aller expliquer où se situait notre équipe à nos propriétaires. Ils nous ont dit: ‘Faites ce que vous jugez bon, nous sommes entièrement derrière vous’. En fin de compte, c’est moi qui a appuyé la décision de Kavis.»

Boivin est aussi conscient que leur niveau d’imputabilité, à Reed et lui, vient d’augmenter considérablement. Il assure toutefois que Reed n’est pas en «audition» d’ici la fin de la saison.

«Non, même si ça a fait partie de nos conversations, admet-il. Ultimement, le billot pour Kavis, c’est moi qui le tiens. Dans ce cas-ci, on est en train de bâtir pour le reste de la saison et pour l’avenir. Ceci étant dit, ça reste le monde du sport. Il n’y a pas de garantie. C’est ingrat, mais je ne suis pas là pour donner un vote de confiance, sinon pour dire que j’ai très confiance en Kavis.

«Quand tu as une concession très stable et que tu roules à un haut niveau, tu peux garantir des postes. Mais nous ne sommes pas là: on est en train de se bâtir. Notre niveau d’imputabilité vient d’augmenter et ça, Kavis en est très conscient. Il n’y aura probablement pas de deuxième chance, mais c’est correct. On le fait en connaissance de cause.»

Réaction des partisans

Les Alouettes ont été minés par l’instabilité au cours des dernières années, Boivin le sait très bien, même s’il ne faisait pas partie de l’organisation. Il dit ne pas craindre la réaction des partisans à ce énième changement d’entraîneur.

«Les gens vont réagir de la façon dont ils vont réagir et on va l’accepter, a-t-il laissé tomber. C’est difficile pour nous de demander quoi que ce soit ou d’espérer quoi que ce soit. Si j’ai un souhait, c’est que les gens croient qu’on est sincères et absolument honnêtes quand on dit que le mois de décembre était notre point zéro, qu’on a bâti à partir de là. On s’est rendu compte qu’il y avait une faille dans la fondation et on a décidé de la réparer. Ce n’est pas le type de correction qui va arriver sur une base annuelle.

«Nos partisans sont notre priorité dans tout cela, parce qu’on ne gagnait pas de match et qu’on ne croyait pas voir l’équipe évoluer de la façon dont on voulait. (…) Quand Kavis et moi avons embarqué dans cette aventure, il fallait se trouver un point zéro, un point de départ à partir duquel on voulait s’ancrer, pouvoir établir des comparables et être capables de voir une progression. Nous étions donc moins enclins à voir l’instabilité qui était derrière nous. Mais nos propriétaires sont demeurés extrêmement sensibles et ils ont quand même résisté à nous donner l’aval sur cette décision pour cette raison.

«Il fallait tout de même faire confiance à tout le travail effectué par Kavis pour évaluer où on était et par la suite, le plan pour faire avancer ça. Il avait mon aval. (…) Nous n’aurons pas 14 chances, pour toutes les raisons que nous avons évoquées, d’établir notre point zéro. On s’assure maintenant d’avoir la bonne équipe pour gagner.»

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