LAURENT GILLIERON LAURENT GILLIERON / The Associated Press

LIMA, Pérou — L’animosité créée par le scandale de dopage en Russie a refait surface vendredi lors des sessions du Comité international olympique (CIO), alors qu’aucune décision n’a encore été prise sur l’avenir des athlètes russes à moins de cinq mois des Jeux olympiques d’hiver.

Les membres du CIO ont reçu des mises à jour des deux enquêtes qui serviront à déterminer le statut des athlètes russes: une sur la validité des allégations selon lesquelles l’État russe a appuyé le dopage, l’autre sur les cas individuels des athlètes impliqués dans le scandale entourant les Jeux olympiques de Sotchi en 2014.

Les responsables des deux enquêtes, qui utilisent des informations révélées par l’enquête précédente de Richard McLaren, ont prêché la patience et ont insisté pour dire qu’ils travaillaient aussi vite que possible.

Malgré tout, certains membres du CIO ont manifesté leurs inquiétudes sur les délais.

«Oui, il y a du progrès, mais rien n’a encore été accompli, a dit Camiel Eurlings, des Pays-Bas. Je comprends que les enquêtes nécessitent beaucoup de temps, mais nous ne pouvons pas attendre jusqu’aux Jeux de Pyeongchang. Tout doit être clair des mois à l’avance.»

Dans un autre rapport, Craig Reedie, qui dirige l’Agence mondiale antidopage (AMA), soutient qu’il y a des progrès dans le dossier de la réintégration de l’agence russe antidopage, qui est présentement suspendue.

Alexander Zhukov, de la Russie, s’est dit encouragé. Il a répété ce qu’il avait affirmé à l’Associated Press plus tôt cette semaine: il s’attend à ce que la Russie participe aux Jeux de Pyeongchang. Questionné à savoir si un programme de dopage appuyé par l’État avait existé en Russie, il a simplement répondu: «non».

Le CIO avait refusé de bannir l’ensemble de l’équipe russe des Jeux de Rio en 2016 et la responsabilité avait été donnée à chaque fédération internationale sportive, ayant quelques jours seulement pour prendre des décisions concernant des centaines d’athlètes. Plus de 280 Russes ont participé aux Jeux de Rio malgré le désaccord de nombreuses personnes d’influence à travers le monde.

Souhaitant éviter de voir l’histoire se répéter, un groupe de 17 leaders en matière antidopage ont publié un communiqué jeudi demandant l’exclusion entière de l’équipe russe aux Jeux de Pyeongchang.

Cette demande a irrité certains membres du CIO, particulièrement Reedie, qui a lancé des flèches à ces leaders pendant son discours.

«Les commentaires effectués (…) omettent complètement tout le travail qui est fait pour développer un système antidopage efficace en Russie, a dit Reedie. On veut faire un pas vers l’arrière à la place d’aller vers l’avant. Je tiens à souligner que la majorité de ce qui est dit dans le communiqué n’est pas politique et n’aide pas la situation.»

L’un des auteurs du communiqué, le président de l’agence américaine antidopage, Travis Tygart, a répondu dans un courriel adressé à l’Associated Press: «La vérité peut créer des réactions. Et la seule chose qui n’aide pas est le manque d’actions pour protéger les athlètes propres.»

Le rapport McLaren a levé le voile sur un système de dopage impliquant 1000 athlètes russes dans 30 sports différents, autant des sports d’hiver que d’été.

Le directeur du département médical et scientifique du CIO, Richard Budgett, a expliqué que certains délais étaient provoqués par des raisons aussi simples que le temps nécessaire pour examiner les contenants de chaque échantillon d’urine pour vérifier s’ils avaient été trafiqués ou non — ce qui peut prendre environ trois heures, selon Budgett.

«La frustration provoque un désir d’accélérer le processus, mais il faut respecter les étapes nécessaires, a rappelé Budgett. Nous devons avoir des bases solides pour prouver quoi que ce soit, et c’est ce que nous souhaitons faire.»

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