Graham Hughes/La Presse canadienne Patrice Bernier salue la foule après son dernier match dans la MLS.

MONTRÉAL — Le lien entre Patrice Bernier et les partisans était très fort et on en a eu la preuve dimanche.

Le Stade Saputo était presque rempli à pleine capacité même si l’Impact de Montréal disputait un match sans enjeu et les 20 681 spectateurs ont multiplié les hommages au capitaine du Bleu-blanc-noir, qui participait au dernier match de sa carrière de joueur.

Bernier a même inscrit un 15e but en saison régulière en MLS avec l’Impact, sur un penalty dans les arrêts de jeu de la première demie.

Cependant, le Revolution de la Nouvelle-Angleterre a arraché une victoire de 3-2 grâce à un but de Kelyn Rowe en toute fin de rencontre.

Ce n’est pas tant du résultat dont on se rappellera, mais plutôt des émotions à fleur de peau de Bernier. Ce dernier a fondu en larmes au moment de quitter le terrain pour une dernière fois à la 82e minute, cédant sa place à Shamit Shome.

«C’est triste que ce soit fini, mais je suis content de l’avoir vécu, a raconté Bernier après la rencontre. Je faisais ça depuis que je suis tout petit, c’est ce que je rêvais de faire. Maintenant, je tourne la page. J’ai eu la chance de finir chez moi et j’en suis content.»

Bernier avait répété au cours de la semaine qu’il ne savait pas vraiment quand les émotions l’envahiraient. Il a raconté que ce moment est finalement survenu après l’échauffement, dimanche, quand il s’est adressé à ses coéquipiers pour la dernière fois avant un match.

«C’était peut-être le pire discours que j’ai donné, a dit Bernier en souriant. Les émotions ont pris le dessus. Au début du match, j’ai aussi eu besoin de temps pour puiser l’énergie pour jouer.»

«Ça venait du coeur, a dit le milieu de terrain Samuel Piette au sujet du discours de Bernier. Ça n’a pas été long. Après deux ou trois mots, il pleurait. C’est normal. (…) Il n’y avait pas grand-chose à dire. Tout était sur la table.»

L’Impact (11-17-6) a toutefois été hanté par les mêmes problèmes qui ont déraillé sa saison 2017. Des bévues en défensive ont permis à Diego Fagundez, Krisztian Nemeth et Rowe de marquer.

Le but de Rowe, inscrit à la sixième minute des arrêts de jeu, a permis au Revolution (13-15-6) de gâcher la fête après que Matteo Mancosu eut nivelé le pointage à la 90e minute.

La journée avait pourtant bien commencé pour l’Impact. La foule avait d’abord salué Bernier lors de son arrivée en solitaire sur le terrain pour l’échauffement.

Bernier avait ensuite fait son entrée sur le terrain en compagnie de ses deux filles, Sofia Jade et Mia Victoria, pour les cérémonies d’avant-match. Par la suite, Bernier a été rejoint par ses parents, Jean et Gladys, son épouse, Mélisa, et leur fils âgé de quelques mois, Thiago Massimo, pour recevoir les remerciements du président de l’Impact, Joey Saputo.

Le scénario rêvé pour Bernier s’est concrétisé dans les arrêts de jeu de la première demie, quand l’arbitre a appelé un penalty à la suite d’une faute de main de Benjamin Angoua dans la surface des Revs. Bernier s’est présenté au point de penalty et comme il l’a si souvent fait au cours de sa carrière, il a hésité dans sa course pour casser le synchronisme du gardien et il a battu Brad Knighton même s’il a plongé du bon côté.

«Je suis habituellement très calme et là je pensais à plein de choses. (…) J’ai pris une grande respiration et tout est redevenu normal, a raconté Bernier, qui a inscrit un 11e but sur penalty en MLS. Je savais que mes parents étaient derrière le but pour sonner la cloche. Je suis content d’avoir marqué.»

Après la rencontre, Bernier s’est adressé à la foule et a remercié les partisans pour leur appui au cours des années. Il a ensuite fait le tour du terrain, s’arrêtant à quelques reprises pour serrer des mains, signer des autographes et prendre des photos.

Bernier aura disputé 151 matchs en six saisons en MLS avec l’Impact, équipe avec laquelle il avait amorcé sa carrière professionnelle en 2000 dans la défunte A-League. Il est revenu avec l’Impact en 2012, après un exode de neuf ans en Europe.

«Il avait une forte présence dans le vestiaire, a noté Piette. Il pouvait parler avec tout le monde, autant les gars de 35 ans que ceux de 18 ans ou de l’Académie. Il était un gros morceau autant dans le vestiaire que sur le terrain.»

Bernier amorcera maintenant un nouveau chapitre dans sa vie, alors qu’il a indiqué qu’il deviendra entraîneur au sein de l’Académie de l’Impact.

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