MONTRÉAL — Au jeu des comparaisons, un homme peut se brûler. Peut-être que le champion des poids moyens Billy Joe Saunders l’apprendra à ses dépens le 16 décembre prochain, lorsqu’il mettra en jeu sa fiche immaculée et son titre de la World Boxing Organization (WBO) contre le Québécois David Lemieux.

Une chose est certaine: un des deux pugilistes ne tiendra pas promesse.

Lors d’une conférence de presse en marge de leur combat à la Place Bell de Laval, Lemieux (38-3, 33 K.-O.) et Saunders (25-0, 12 K.-O.) ont assuré qu’ils allaient engraisser leur fiche d’une victoire, comme c’est habituellement le cas lorsque deux boxeurs se regardent droit dans les yeux.

Le Britannique estime que Lemieux n’en a clairement pas fait assez pour l’impressionner lorsqu’il s’est mesuré au dangereux Gennady Golovkin, en octobre 2015, au Madison Square Garden. Saunders a ajouté que son adversaire avait aussi très mal paru contre Marco Antonio Rubio, en 2011, dans ce qui s’est avéré le premier revers de la carrière du Québécois.

«J’ai vu David se battre à son meilleur contre Golovkin, parce que tu n’as pas le choix d’offrir ta meilleure boxe contre lui, et même s’il a tout donné, ce n’était pas suffisant, a fait valoir Saunders. Je dis les choses comme elles sont et je n’invente rien. David s’est fait dominer contre Golovkin et il n’est pas à son niveau et à celui de Canelo [Alvarez]. Je crois que je le suis.»

Lemieux a pour sa part balayé ses comparaisons du revers de la main, esquissant au passage un petit sourire. Depuis qu’il s’est incliné par K.-O. technique au huitième round contre Golovkin, Lemieux a remporté ses quatre derniers combats, signant d’ailleurs deux retentissants K.-O., aux dépens de Glen Tapia et Curtis Stevens.

«Je crois que tu vas avoir une surprise. Tu dis que j’étais à mon mieux contre Golovkin, mais je serai à mon meilleur contre toi, a affirmé Lemieux, en réponse à Saunders. Tu es un bon boxeur, mais je ne suis pas inquiet de me battre contre toi et de te ravir ta ceinture. Peu importe le style du combat, je serai victorieux. C’est une promesse. J’ai été champion une fois, je le serai une deuxième fois et je le serai le nombre de fois que je le désire.»

Technique contre puissance

Les spectateurs présents à la Place Bell verront dans l’arène deux boxeurs bien différents. Saunders n’est pas reconnu pour avoir une force de frappe dangereuse, mais sa technique lui permet de déstabiliser ses adversaires. C’est notamment sur celle-ci que le Britannique va miser.

«Les gens me regardent et pensent que je ne suis qu’un tacticien, mais je suis né pour me battre et je vais le prouver par la suite en unissant les titres, a insisté Saunders. David a montré beaucoup de coeur contre Golovkin, mais la vérité est que je suis trop agile et trop bon pour lui. Si David ne me passe pas le K.-O., il n’y a aucune chance qu’il boxe mieux que moi. Aucun poids moyen dans le monde n’a m’a technique.»

Originaire de Laval, Lemieux a quant à lui l’habitude d’envoyer ses rivaux au tapis, lui qui possède un des meilleurs pourcentages de K.-O. des poids moyens. Il compte bien faire regretter à Saunders de venir se battre hors du Royaume-Uni pour une première fois en carrière afin de l’affronter dans l’amphithéâtre qui a été construit à quelques minutes de chez lui.

«C’est une erreur dont il va se souvenir toute sa vie. Je me suis déjà battu contre des boxeurs gauchers comme lui et avec des styles qui ressemblent au sien. Le combat ne se déroulera pas comme il le pense. Échanger des coups avec moi, ce ne sera pas comme échanger des coups avec Willie Monroe fils — qui n’a enregistré que six K.-O. en 21 victoires», a ajouté Lemieux.

Écrire une page d’histoire

Si Lemieux devait vaincre Saunders, il deviendrait le premier boxeur québécois à être champion du monde à deux reprises. L’entraîneur de Lemieux, Marc Ramsay, a d’ailleurs soulevé ce point lors de cette conférence de presse.

«David n’a jamais eu peur de relever des défis. Quand le plan d’affronter Miguel Cotto est tombé à l’eau, David voulait affronter le meilleur boxeur disponible et c’est ce qu’il fera. Nous avons été très choyés au Québec en matière de champions de boxe. Le 16 décembre, David tentera de rejoindre le légendaire Arturo Gatti et pour une première fois dans l’histoire du Québec, nous allons entendre les mots « second time world champion »», a-t-il soutenu.

Le président d’Eye of the Tiger Management et copromoteur de l’événement, Camille Estephan, a confirmé que plusieurs Québécois allaient faire partie du gala et qu’une annonce sera faite sous peu.

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