MONTRÉAL — Même s’il a passé une douzaine d’années à la diriger, Martin Laurendeau n’a pas voulu s’impliquer dans le processus de sélection de son successeur au poste de capitaine de l’équipe canadienne à la Coupe Davis.

«Je ne voulais pas faire partie du processus de sélection du prochain capitaine, a admis Laurendeau, qui se consacrera à temps plein à la carrière de Denis Shapovalov. Ça appartenait à Louis Borfiga (le vice-président du développement élite à Tennis Canada) et aux joueurs, de voir comment ils voyaient l’avenir à court, moyen et long terme. J’ai appris la nouvelle un peu comme tout le monde.»

Jeudi, Tennis Canada avait annoncé par voie de communiqué que l’Ontarien Frank Dancevic serait son remplaçant. Laurendeau a mentionné vendredi lors d’un appel-conférence de Tennis Canada que de nombreux défis attendront Dancevic, qui poursuivra en parallèle sa carrière de joueur.

«Quand on est joueur, on ne pense qu’à soi, alors que lorsqu’on est entraîneur, on doit penser au bien des autres, a mentionné Laurendeau. C’est un volte-face de 180 degrés, et selon moi c’est la phase (de transition) la plus difficile à accomplir. Frank n’a jamais ‘coaché’, donc ce sera une période de transition pour lui. Mais je crois qu’il a encore le respect des joueurs actifs, ce qui est très important en Coupe Davis. (…) Il a vu comment ça se déroule dans les coulisses, mais son bagage d’expérience, il devra le faire lui-même.»

Pour sa part, Laurendeau a reconnu que les résultats de Shapovalov la saison dernière avaient agi à titre de «catalyseur» dans sa décision de devenir son entraîneur personnel. Le joueur âgé de 18 ans a fait un bond phénoménal au classement de l’ATP en 2017 en passant du 250e rang en janvier au 49e, le 23 octobre, avant de redescendre à la 51e place actuellement. D’autres facteurs sont toutefois entrés en ligne de compte.

«Le fait d’entraîner uniquement Denis, ça me permet d’être un peu moins dilué, de me concentrer davantage sur lui, a-t-il expliqué. C’est un jeune joueur, pas comme un joueur de 26 ou 27 ans qui veut passer des semaines seul, qui n’a pas besoin d’un entraîneur à chaque jour. Denis en est encore à ses premiers pas sur le circuit professionnel — il a encore beaucoup de choses à apprendre — et je veux être là pour lui à 110 pour cent.»

Cette décision n’était pas surprenante pour l’organisation puisqu’il a discuté de son avenir avec Borfiga pendant quelques mois avant l’annonce de jeudi.

«Je le sentais venir un peu, par la force des choses. C’est une compétition très exigeante, à laquelle je participe depuis longtemps, a rappelé le principal intéressé. C’était un ‘feeling’ qui grandissait en moi, particulièrement depuis la dernière année. J’ai eu ma première rencontre avec Louis à Roland-Garros (en juin), pour lui faire part de mon essoufflement, et avant la rencontre à Edmonton (en septembre) ma décision était prise.»

Ce partenariat entre Shapovalov et Laurendeau n’est en fait que la suite logique de leur relation déjà existante, puisque le Québécois âgé de 53 ans l’a suivi partout à travers le monde — sauf, dit-il, «à un ou deux tournois» — pendant la saison 2017.

Laurendeau était capitaine depuis 2004, en plus d’avoir agi à titre d’entraîneur de l’équipe pendant 10 ans auparavant et d’avoir défendu les couleurs du Canada en tant que joueur de 1986 à 1993. Sous sa gouverne, le Canada compte une présence permanente au sein du Groupe mondial depuis 2012 et une participation au carré d’as de la Coupe Davis en 2013.

L’équipe canadienne affrontera la Croatie au premier tour du Groupe mondial, du 2 au 4 février prochain. Sa composition sera dévoilée plus tard.

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