Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Après la leçon de boxe qu’il s’est fait servir samedi par le Britannique Billy Joe Saunders, que réserve l’avenir pour David Lemieux?

Plusieurs seront tentés de déclarer Lemieux «fini» ou de dire qu’il ne fait pas partie de l’élite mondiale. Il faut éviter de sauter aux conclusions hâtives: Lemieux n’a perdu que deux fois à ses 15 dernières sorties, contre un extra-terrestre triple champion du monde en Gennady Golovkin et face à Saunders, lui aussi champion du monde et au style évasif qui en trouble plus d’un. Bref, il n’y a rien de honteux là-dedans.

Ceci dit, ce cinglant revers — car c’en était un — aura un effet à court terme sur les plans du clan Lemieux. Mais encore là, pas trop marqué, aux dires de son promoteur, Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management.

«C’est certain qu’on s’attendait à une victoire; on est déçu, a-t-il déclaré aux petites heures du matin, dimanche, dans les entrailles de la Place Bell de Laval. Mais ça ne nous coûte pas tant: David Lemieux va toujours avoir beaucoup de chances de se remettre avec des victoires. Ça ne nous fait pas avancer, mais ça ne nous fait pas trop reculer non plus. La télévision américaine va toujours le vouloir. Il a vraiment tout tenté (samedi).»

Lemieux et son entraîneur, Marc Ramsay, ont fait état d’une blessure à l’épaule gauche après le combat. Sans chercher d’excuses, le clan Lemieux aurait bien aimé pouvoir compter sur toutes ses armes pour tenter de contrecarrer les plans de Saunders.

«Nous, on avait prévu l’attaquer au corps dès le premier round. On voulait lui couper les jambes le plus rapidement possible, mais la distance a été difficile à trouver, a expliqué Ramsay. Avec la blessure de David survenue rapidement, nous n’avons pas pu exécuter notre plan. David devait contre-attaquer son jab avec un crochet décoché un peu de côté, pour ouvrir la porte pour ses approches. Là, on n’était pas en mesure de le faire. On l’a vu: à chaque jab qu’il lançait, le bras tombait. La puissance n’était pas au rendez-vous. Ça nous a enlevé un gros outil que nous avions prévu pour ce combat.»

Mais l’entraîneur prend également une part du blâme.

«Quand on est au sommet de l’industrie comme l’est David Lemieux, les styles, il faut les solutionner. C’est le ‘job’ de l’entraîneur et du boxeur de faire ça. En équipe, il faut réussir à faire ça. (Samedi soir), nous n’étions pas à notre meilleur. David l’a toutefois prouvé dans le passé: c’est quelqu’un qui n’a pas peur de faire de l’autocritique. Je suis capable de faire la même chose. Nous allons mettre sur la table toutes les choses qui ont fonctionné et celles qui n’ont pas fonctionné. On va regarder en avant et foncer, comme on l’a toujours fait.

«Je pense qu’on a peut-être sous-estimé les jambes de Saunders. On savait qu’il allait s’en servir: on a beaucoup travaillé là-dessus au camp d’entraînement. On voulait s’approcher de lui. Je ne pensais pas qu’il allait être en mesure de nous éviter pendant 12 rounds. Je pensais qu’on allait être capables de s’approcher de lui, de lui faire mal au corps pour lui couper les jambes et de monter ensuite à la tête pour lui faire mal. Ce n’est jamais arrivé.»

Concrètement, Lemieux doit-il faire une croix sur les gros combats pour l’instant?

«Je l’ai déjà vécu avec d’autres boxeurs: le soir d’une défaite, ç’a toujours l’air dramatique. Mais nous ne sommes qu’à une victoire de relancer le train, a philosophé Ramsay. C’est comme ça la boxe: tu es toujours aussi bon que ta dernière performance.»

«Évidemment, une victoire nous aurait permis d’affronter un gars comme ‘Canelo’ (Alvarez) tout de suite, a commenté Estephan. Là, ce sera un peu plus tard. Pour moi, ce n’est pas un désastre. C’est un petit recul.»

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