LAVAL, Qc — Une rivière sépare les villes de Montréal et de Laval, mais on serait porté à conclure qu’il existe un océan de différence entre les statistiques du gardien Charlie Lindgren au Centre Bell et à la Place Bell. Toutefois le principal intéressé, tout comme son entraîneur-chef avec le Rocket de Laval, regarde au-delà des chiffres.

De retour à Montréal après son rappel d’urgence par le Canadien en fin de journée mercredi, puisque Carey Price représente un cas incertain en vue de l’affrontement face aux Rangers de New York, Lindgren affiche un dossier de 3-4-1, une moyenne de 2,43 et un taux d’arrêts de ,924 avec le Tricolore.

En guise de comparaison, l’Américain de Lakeville, au Minnesota, présente une fiche de 8-14-9, une moyenne de 3,18 et un taux d’arrêts de ,891 avec le club-école du Canadien dans la Ligue américaine.

«Je pense que ça va bien, a estimé Lindgren après une séance d’entraînement du Rocket plus tôt cette semaine. C’est vrai que mes statistiques ici sont inférieures et j’aimerais qu’elles soient meilleures. Mais je ne pense pas que j’accorde de mauvais buts. Je sens que je me suis amélioré par rapport à l’an dernier et que j’ai fait un pas dans la bonne direction. J’ai l’impression d’être en bonne posture en ce moment.»

Lindgren, qui a paraphé une entente de trois saisons avec le Tricolore la semaine dernière, a connu un intéressant début de carrière dans la Ligue nationale de hockey. Il a gagné ses cinq premiers départs avec le Tricolore, un en 2015-2016, deux la campagne suivante et ses deux premiers de la saison actuelle. Au passage, il a inscrit un premier jeu blanc à vie, dans l’inhospitalier United Center de Chicago, le 5 novembre à sa première sortie avec le Canadien en 2017-2018.

Après un premier revers aux mains du Wild du Minnesota lors duquel il n’avait concédé que deux buts dans une défaite de 3-0, Lindgren a ajouté une victoire avant de subir trois revers d’affilée, dont deux consécutifs lors desquels il a été victime de cinq buts, contre les Coyotes de l’Arizona et les Maple Leafs de Toronto.

À sa décharge, Lindgren a disputé ses huit matchs de façon consécutive dans un intervalle de 16 jours, une cadence à laquelle il n’était pas nécessairement habitué.

Le Canadien l’a retourné au Rocket quelques jours après ce match contre les Maple Leafs, alors que Price était prêt à revenir au jeu, après avoir guéri une blessure au bas du corps.

À son retour dans la Ligue américaine, Lindgren a connu une dure séquence de sept défaites, dont trois en prolongation, bien qu’il n’ait connu qu’une seule véritable contre-performance.

Lindgren assure qu’il n’était pas déçu ou démoralisé de devoir rejoindre le Rocket alors qu’il aurait pu continuer de baigner dans l’ambiance du Centre Bell.

«Je savais ce qui allait arriver, c’était écrit dans le ciel. Je savais ce que l’organisation voulait de moi, soit de retourner dans la Ligue américaine et de jouer beaucoup de matchs et continuer de me développer. Ça n’a pas été difficile du tout. C’est certain que l’atmosphère dans des amphithéâtres comme le Centre Bell et le United Center est incomparable. Mais comme j’ai dit à certaines personnes, la Place Bell est un endroit spécial aussi. Nous avons les meilleurs fans dans la Ligue américaine et chaque fois que nous jouons ici, l’ambiance est excellente.»

Il reste qu’il y a toujours une période d’adaptation pour un joueur qui quitte la Ligue nationale et qui retourne dans la Ligue américaine, estime Sylvain Lefebvre, l’entraîneur-chef du Rocket. Mais ce qui importait dans le cas de Lindgren, c’était d’avoir la chance de prendre part à un important nombre de matchs et de vivre toutes les expériences qui attendent un jeune joueur qui fait ses classes dans le hockey professionnel.

«Ce qu’il faut regarder dans le cas de Charlie, c’est le nombre de matchs et de minutes qu’il a réussi à jouer», note Lefebvre, qui n’accorde pas trop d’importance aux statistiques de Lindgren en raison des changements et des blessures chez le Rocket durant la saison.

«C’est un gars qui a besoin de millage et de bagage. S’il joue un bon match, il faut qu’il en joue un autre bon ou meilleur le match suivant. Quand tu connais une moins bonne rencontre, il faut se relever. Il faut vivre ces expériences pour devenir un grand joueur dans la Ligue nationale.»

Invité à faire une évaluation du rendement de Lindgren, Lefebvre s’est fait élogieux.

«On sait tous que c’est un compétiteur, on sait tous que c’est un gars qui veut être devant le filet, c’est un gars aussi qui n’aime pas accorder des buts. C’est un compétiteur même lors des entraînements. C’est un gars qui a une bonne attitude à l’extérieur de la patinoire, quand je dis ça, c’est au niveau de l’entraînement, de la nutrition. C’est un professionnel déjà. C’est un gars qui a une bonne tête sur les épaules. Quand ça va moins bien, il essaie de trouver des façons pour s’en remettre. C’est un étudiant de la ‘game’.»

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