Rogelio V. Solis Rogelio V. Solis / The Associated Press

MONTRÉAL — Il y aurait environ quatre fois plus de bétail aux longues cornes au Texas que d’ours noirs dans le Maine. Une disparité semblable à celle qu’on serait tenté de voir entre une équipe classée deuxième dans son quart de tableau et celle cotée 15e.

C’est le défi qui attend Julie Brosseau et l’Université du Maine samedi soir au premier tour du March Madness à Austin, contre l’Université du Texas.

« Les Longhorns sont très fortes, mentionne la native de Repentigny, qui a joué avec les Nomades du Collège Montmorency. Ça va être très difficile, mais on ne sait jamais ce qui peut arriver. »

Brosseau en est à sa deuxième saison avec les Black Bears.

« J’ai eu plus de temps de jeu et un nouveau rôle plus important, dit-elle pour expliquer ses progrès d’une année à l’autre. L’entraîneure adjointe (Jhasmin Player) m’a beaucoup aidée. J’ai eu une période où mon pourcentage sur les tirs de 3 points n’était pas excellent et pendant un entraînement, elle a corrigé l’angle de mon bras quand je tire. Ça m’a aidée techniquement, mais aussi mentalement. »

Et dans les autres phases du jeu.

« Quand je réussis mes 3 points je joue avec plus de confiance, alors je pense que c’est un cercle. »

L’équipe s’envolera jeudi pour le Texas. Les Black Bears vont s’entraîneur deux heures vendredi et une heure samedi en vue du match de samedi soir, à 18h00.

Les Black Bears ont atteint le tournoi de championnat de la NCAA en remportant celui de leur regroupement régional, America East.

«Nos joueuses sont très polyvalentes, a dit Brosseau. Nos atouts se mélangent bien et depuis le début de la saison, on était déterminées à se rendre au March Madness.»

Brosseau, une athlète de 22 ans de cinq pieds huit, a connu son meilleur match le 3 décembre avec 29 points face aux Buckeyes d’Ohio State à Columbus, devant 5879 personnes.

«C’était une grosse foule, a dit Brosseau. Une énergie que je n’avais pas vraiment connue au Québec. Au March Madness ce sera le même type d’ambiance, mais encore plus intense.»

Les Longhorns comptent sur les soeurs jumelles de Gatineau, Audrey-Ann et Khaléann Caron-Goudreau.

Brosseau a été la troisième marqueuse des siennes cette saison, fournissant en moyenne 11,4 points par rencontre. De beaux pas en avant suite à une moyenne de 6,8 points par match en 2016-17.

«Elle est une valeur sûre dans les gros moments, raconte l’entraîneur des Nomades du Collège Montmorency en basket féminin, Martin Fortier. C’est une tireuse naturelle qui a toujours brillé en fin de match, une joueuse exceptionnelle sous la pression. On n’en voit pas tant que dans une carrière d’entraîneur.»

Deux autres joueuses des Nomades vont poursuivre leur carrière en Division 1 aux États-Unis, à l’automne.

Andrea Torres jouera pour l’Université de l’Utah dans la section Pac12, qui est de très haut calibre. Elle y rejoindra une ancienne Nomade, Maurane Corbin. Torres fait partie de l’équipe canadienne U19, où elle est la seule Québécoise. Juliette Gauthier prendra de son côté la direction de l’Université Florida Atlantic à Boca Raton, près de Miami.

Battue en finale québécoise, l’édition actuelle des Nomades est néanmoins qualifiée pour le championnat canadien se déroulant de jeudi à samedi, au Nouveau-Brunswick.

Les louanges de Fortier à propos de Brosseau trouvent écho chez son entraîneuse actuelle, Amy Vachon.

«Julie a énormément de talent, a dit Vachon. Elle excelle pour les trois points (68 cette saison, un de moins que Blanca Millan, meneuse à ce chapitre et pour la moyenne de points par match, 17,8). Elle se crée des occasions de tirer et peut marquer de plusieurs façons.

«Elle s’est mise en grande forme l’été dernier, et elle s’est aussi améliorée en défense. Elle a raffiné ses prises de décisions. Elle a un excellent sens du basketball.»

En novembre et en décembre, les Black Bears ont joué à l’étranger contre de très gros programmes comme l’Université de Miami, Ohio State, Mississippi State et Duke. Les scores n’ont pas été en faveur du Maine, mais le but des matchs dépassait le résultat dans l’immédiat.

«L’objectif de matchs comme ça, c’est d’habituer les filles à jouer en terre hostile face à des programmes de très haut niveau, dit Vachon. Que ce ne soit pas un choc de se mesurer à des rivales plus grandes, plus imposantes physiquement. C’est certain qu’on espère que ça va nous aider pour le tournoi national.»

Chose certaine, le Maine a le soutien de partisans passionnés. La finale de l’America East, contre l’Université de Hartford, a été jouée à Bangor devant 3373 personnes, la plus grosse foule en 20 ans pour un match ultime de cette section.

«Nous avons des partisans merveilleux, dit Vachon. Dans le Nord-est américain, il n’y a que l’Université du Connecticut qui attire de plus grosses foules. Nos partisans sont l’une des grandes raisons derrière nos succès.»

Reste à voir si l’État des pins saura porter ombrage à la légion de bétail texan.

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