LAUSANNE, Suisse — La Russie semble dans une impasse qui l’empêche de réintégrer pleinement la scène sportive internationale à la suite d’un scandale de dopage généralisé.

L’Agence mondiale antidopage (AMA) a déclaré mercredi qu’elle ne céderait pas au sujet de deux demandes clés nécessaires à la réhabilitation de la Russie, dont l’agence nationale antidopage, la RUSADA, a été suspendue en novembre 2015.

La Russie a refusé de reconnaître les faits exposés par l’enquêteur de l’AMA Richard McLaren, qui a mis à jour le dopage systémique de l’État russe et le camouflage de cas de dopage, pas plus qu’elle veuille donner accès aux échantillons possiblement souillés entreposés dans le laboratoire de Moscou, épicentre de cette conspiration.

L’AMA a rappelé mercredi qu’elle souhaitait le retour de la Russie, mais pas à tout prix.

«Ils doivent répondre à nos exigences, notamment de reconnaître (McLaren)», a déclaré le directeur général adjoint de l’agence, Rob Koehler, devant un panel d’experts antidopage internationaux, dont des Russes.

S’adressant de toute évidence au président réélu Vladimir Poutine, Koehler a ajouté que la reconnaissance publique du Rapport McLaren «doit venir d’en haut, afin que la réconciliation puisse avoir lieu et qu’un changement de culture s’effectue».

Poutine a déclaré l’an dernier que des intérêts américains manipulaient les leaders sportifs mondiaux afin qu’ils utilisent les cas de dopage pour mettre la Russie dans l’embarras avant les élections.

La police fédérale russe, qui répond directement du gouvernement de Poutine, constitue un autre obstacle à la réinsertion de la RUSADA dans les bonnes grâces de l’AMA.

Plus tôt mercredi, le président de l’AMA, Craig Reedie, s’est dit frustré que le panel russe chargé d’enquêter sur le dopage en Russie ne réponde pas à ses offres de collaboration.

Quatre lettres leur étant destinées au cours des dernières semaines n’ont obtenu aucune réponse et Reedie croit que son offre «est tombée dans l’oreille d’un sourd».

Reedie ajoute que l’AMA souhaite «réintégrer la Russie dans ses rangs» et trouve dommage que «les autorités russes mettent autant de temps à collaborer».

Ces décisions auraient toutefois été prises au-dessus des décideurs sportifs, selon ce qu’a affirmé le directeur général de la RUSADA, Youri Ganus.

«Cette question ne relève pas de notre responsabilité», a-t-il dit, ajoutant que la Russie «a perdu la confiance de la communauté internationale et c’est un sérieux problème».

L’AMA et la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) sont les plus féroces opposants à la Russie depuis le scandale qui a corrompu les Jeux d’hiver de Sotchi, en 2014.

Le Comité international olympique avait imposé des conditions à la Russie pourles JO 2016 et 2018, mais a réintégré la Russie après les Jeux de Pyeongchang.

L’IAAF a ce mois-ci menacé la fédération russe, suspendue depuis 2015, d’expulsion si des progrès n’étaient pas effectués avant juillet.

Ce scandale n’a toutefois pas affecté la présentation par la Russie de la Coupe du monde de football, qui sera lancée le 14 juin, même si la FIFA enquête sur de potentiels cas de dopage au football russe divulgués par McLaren et l’AMA, notamment des données de tests effectués pendant plus de trois ans au laboratoire de Moscou, fournies par le dénonciateur Grigory Rodchenkov, en octobre dernier.

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