MONACO — Les femmes effectueront un retour sur la grille de départ ce week-end au Grand Prix de Monaco de Formule 1. Mais ce ne sera pas dans le rôle de «grid girls», une tradition qui a maintenant été abandonnée.

Au lieu de jeunes femmes se tenant debout devant chaque voiture avec des pancartes avec le numéro des pilotes, des hommes et des femmes représentant l’horloger Tag Heuer prendront des photos des pilotes à l’intention des médias sociaux. Il y aura un homme et une femme pour chaque pilote et ils rapporteront aussi les commentaires des amateurs aux pilotes.

En début d’année, la F1 a mis fin à la tradition de longue date consistant à recourir aux «grid girls».

En plus de la présence de ces jeunes femmes en uniforme sur la grille avant le départ d’une course, les trois meilleurs pilotes étaient accompagnés de ces mannequins sur le podium. Le directeur général de la F1, Sean Bratches, a révélé en janvier que cette tradition n’était plus appropriée, une décision saluée à l’extérieur.

Michel Boeri, président du Club automobile de Monaco, n’était pas d’accord avec cette décision.

«Nos amis américains ont estimé qu’employer des jeunes femmes pour porter une pancarte contribuait à diminuer la condition féminine, a précisé Boeri au quotidien Nice-Matin. Nos hôtesses proviennent d’écoles de mannequinat et de communication. Elles sont élégantes et à l’image de Monaco.»

Mais le pilote français Romain Grosjean a salué la décision de l’abandonner.

«Je pense que c’est une bonne chose pour les femmes au 21e siècle parce qu’elles n’étaient là que pour tenir une pancarte», a déclaré Grosjean.

Le quadruple champion du monde Lewis Hamilton se réjouit pour sa part de ce retour, même s’il émet des réserves.

«Les femmes sont la plus belle création au monde. Quand nous arrivons sur la grille et qu’il y a ces belles femmes, il s’agit vraiment du Grand Prix de Monaco, a confié le pilote britannique plus tôt cette semaine. Mais je ne pense pas que nous devrions forcer des femmes à faire cela si elles n’y sont pas à l’aise.»

Sebastian Vettel est catégorique: la tradition devrait se poursuivre, affirmant même savoir ce que les femmes ressentent.

«Je pense qu’elles appréciaient ce qu’elles faisaient, a déclaré le pilote allemand. Je suis sûr que si vous demandez à une de ces jeunes femmes dimanche si elle est heureuse d’être là, sa réponse sera ‘Oui’. Tout cela a vraiment pris trop d’ampleur.»

Une exception avait été observée en 2015 lorsque le Grand Prix de Monaco avait remplacé les «grid girls» par des «grid boys» — des hommes en short jeans — une initiative dont Vettel s’est moqué.

«Vous arrivez et vous placez la voiture derrière Georges ou Dave, avait noté Vettel à l’époque. À quoi ça sert?»

Le mois dernier, les organisateurs du Grand Prix de Russie ont également envisagé de ramener les «grid girls», le vice-premier ministre Dmitri Kozak déclarant: «si nous parvenons à une entente, nous relancerons cette tradition».

Et les chefs d’équipe de F1 se sont joints au débat.

«C’est à chaque circuit de décider si on désire recourir à ces jeunes femmes sur la grille», a dit le directeur de Sauber, Frédéric Vasseur, en souriant.

Son point de vue est largement partagé par les autres directeurs d’écurie Toto Wolff (Mercedes) et Christian Horner (Red Bull).

«Je ne crois pas du tout que c’était discriminatoire, cela faisait partie de l’histoire de la Formule 1, a mentionné Wolff. Je suis donc heureux de les retrouver sur la grille à Monaco.»

Horner, dont Tag Heuer est le commanditaire, a ajouté: «Tant que c’est fait de manière appropriée, c’est ultimement une décision du promoteur.»

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