Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — David Lemieux a trouvé en Karim Achour un solide encaisseur. Le Français a absorbé presque tous les coups du Québécois sans broncher, ne se retrouvant que rarement en difficulté, mais il s’est tout de même incliné par décision unanime.

Lemieux (39-4, 33 K.-O.) a réussi à envoyer son adversaire au tapis au 12e round, mais sinon, Achour (26-5-4, 4 K.-O.) a pris tout ce qu’il avait en banque pour lui.

Les juges ont remis des cartes de 119-108, 120-107 et 119-107. Un pointage mérité. Achour n’a pas connu suffisamment de bons moments pour mériter plus d’un round.

«Il était meilleur que je pensais, a admis Lemieux. Chapeau à lui; c’est un bon boxeur. Je sais que je lui ai souvent fait mal. Mais à chaque fois, il revenait vers moi.»

«On savait qu’Achour allait nous donner ce genre de performance, c’est pour ça qu’on l’avait sélectionné, a souligné Marc Ramsay, l’entraîneur du Québécois. Mais David nous a aussi offert la performance que l’on attendait. Il a livré des rounds et surtout, le jab est revenu.»

Le jab de Lemieux lui avait fait cruellement défaut dans une défaite face à Billy Joe Saunders, en décembre.

Achour a toutefois pu repartir chez lui avec ses titres International et Francophone du World Boxing Council (WBC), puisque Lemieux n’a pas été en mesure de respecter la limite de 160 livres à la pesée de vendredi. Il a fait osciller le pèse-personne à 162 livres.

Le Français a également mis la main sur 20 pour cent de la bourse que devait toucher le Montréalais en raison de cet impair.

Sens unique

Lemieux a laissé voir ses couleurs dès le premier assaut, plaçant plusieurs bons crochets au visage d’Achour, dont un puissant direct au menton en fin de round, qui a forcé le Français d’origine algérienne à prendre un pas de recul.

Le Montréalais a ensuite complètement dominé le deuxième, au cours duquel Achour a démontré qu’il était en mesure d’encaisser. Plusieurs crochets — autant de la gauche que de la droite — ont touché, au corps comme à la tête.

Achour a essuyé tant bien que mal les assauts de Lemieux au cours des deux rounds suivants, avant de connaître un regain au cinquième. Bien que ça n’ait pas été suffisant pour lui permettre de gagner le round, c’est la première fois du combat qu’on l’a senti à l’aise en attaque. C’est dans ce round qu’il a lancé le plus de coups.

Si Achour a placé quelques bons coups au sixième, c’est encore lui qui a encaissé la majorité du dommage, dont des crochets puissants au corps.

C’est au septième que le Français a connu ses meilleurs moments. Semblant profiter d’une baisse d’énergie du Québécois, Achour en a profité pour toucher Lemieux solidement en quelques occasions, notamment un bon crochet du gauche en contre-attaque, qui a trompé la vigilance de Lemieux.

Lemieux est toutefois revenu en force au huitième. Il s’est remis à trouver la cible à répétition, autant avec son jab que ses crochets.

Achour a ensuite encaissé une solide gauche au visage dans son coin au début du neuvième assaut, mais de nouveau, il a été en mesure de se protéger suffisamment lors de la charge subséquente de Lemieux pour passer au travers du round.

De nouveau au 10e, Achour s’est retrouvé en difficultés à la suite d’un puissant crochet de gauche à la tête en fin de round. Mais il a pu esquiver juste assez de coups dans la charge subséquente pour terminer le round sur ses pieds.

Au 12e, il n’a par contre pas pu éviter le pire. Après une solide combinaison qui a ébranlé le Français, Lemieux a placé un solide crochet de gauche au visage, qui a envoyé choir Achour dans les câbles. Mais encore une fois, Achour a pu s’en remettre pour terminer le combat.

«Il m’a pris alors que j’étais en plein recul, alors ça m’a projeté vers l’arrière, a indiqué Achour. Mais j’avais déjà établi très tôt que je ne devais pas prendre ses coups. J’ai vite jaugé sa puissance.»

Plus de peur que de mal

Le clan Lemieux a vécu un moment inquiétant au 12e round, quand le boxeur a semblé se blesser au bras ou la main gauche. Immédiatement après avoir placé un crochet de gauche, Lemieux a grimacé, laissant échapper un cri de douleur. Il ne s’est pratiquement plus servi de sa gauche par la suite. Pourtant, elle lui avait été fort utile tout au long de ce duel.

«Je crois que ce n’est qu’une capsule, a fait valoir Ramsay. Il faudra vérifier, mais si c’est ça, ce n’est rien de grave. Deux semaines et tout sera rentré dans l’ordre.»

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