Bernard Brault

Pour les 40 ans du Grand Prix du Canada à Montréal, Bernard Brault, photographe sportif à La Presse, publie De Villeneuve à Hamilton, la F1 à Montréal, un recueil de ses plus belles photos de la Formule 1. Avec passion, celui qui a immortalisé chaque édition de la mythique course automobile depuis 1978 revient pour Métro sur ses souvenirs, l’évolution de son métier et ses photos les plus mémorables.

Vous couvrez le Grand Prix du Canada depuis 40 ans. N’éprouvez-vous pas de lassitude?
Ça se ressemble d’année en année, mais je n’ai pas de lassitude. Je suis tellement content de faire cette carrière-là, de couvrir des gros événements comme ça. Le Grand Prix [du Canada], pour La Presse, c’est un des plus gros événements de l’année. Je trouve toujours ça excitant de retrouver les photographes sur le circuit. C’est comme un happening pour moi. Parfois, j’essaie d’aller à des endroits différents, mais j’ai un modèle que je suis chaque année. Le départ, c’est un incontournable, par exemple.

S’il ne fallait retenir qu’une photo dans le livre, laquelle serait-ce?
La photo dont j’entends le plus parler, c’est celle avec la marmotte. Celle-là, ça fait presque 30 ans qu’on m’en parle chaque année. C’est la photo la plus marquante. Mais si on retourne en arrière, les photos de Gilles Villeneuve, pour sa victoire en 1978, c’est devenu un classique. Ce sont des photos mémorables. À l’époque, c’était plus facile d’approcher les pilotes parce que les voitures étaient dehors. Maintenant, les pilotes arrivent de derrière les garages et embarquent directement. C’est plus difficile de les observer et de les capter.

Quand on est photographe de presse au Grand Prix du Canada, quelles sont les photos indispensables qu’il faut rapporter?
Ça prend une photo des meilleurs temps pour les qualifications, des meilleures voitures aussi. Le dimanche, il faut le départ – bien sûr – et les pilotes les plus connus. Pour le départ, maintenant, j’ai un accès pour avoir une photo avec le drapeau à damier. Il faut aussi une photo du podium, évidemment. On ne sait jamais si nos photos seront publiées. On envoie des centaines de photos. Ce n’est plus entre nos mains après. On regarde La Presse le lendemain pour voir ce qui est publié.

Vous êtes toujours satisfait de vos photos?
On peut passer à une autre question? [Rires] Il n’y aura jamais un photographe qui sera satisfait de ses photos publiées. Ce n’est pas la fin du monde, mais ce n’est pas toujours mes premiers choix. Ce n’est pas grave. Il faut apprendre à délaisser ses photos.

Le matériel a beaucoup changé en 40 ans. Quelle a été l’influence de l’évolution technologique sur votre travail?
J’ai commencé en noir et blanc et en diapositives. Puis, il y a eu la couleur et, à compter de 2000, c’est devenu numérique. C’est beaucoup plus facile pour moi en numérique. Tu fais beaucoup plus de photos et les chances d’en avoir de meilleures sont supérieures. Il faut imaginer qu’avant, on utilisait des films de 36 poses. Il fallait calculer combien de photos on prenait et on employait beaucoup de pellicule. La mise au point était entièrement manuelle. Il fallait développer ses photos le soir ou attendre les diapositives pendant deux ou trois jours. Maintenant, j’utilise des téléobjectifs plus puissants. Les boîtiers sont très rapides. Là, c’est automatique et tu fais tout en rafale. Tu en prends beaucoup et elles sont souvent réussies.

Beaucoup de photographes sont nostalgiques du film. Est-ce votre cas?
Zéro nostalgie. J’ai fait 24 ans de photos en film. Depuis 2000, je suis entièrement numérique. Je suis content de l’avoir vécu parce que c’était difficile de faire des photos à l’époque, mais aujourd’hui, je suis bien content d’être en numérique.

«C’est sur que, les premières années, j’étais bien content d’être là, surtout que j’avais une accréditation avec le journal Le Courrier du Sud. Je ne pense pas qu’en 2018 j’aurais eu accès au circuit avec ce journal.» –Bernard Brault, photojournaliste

Est-ce que vous arrivez à suivre le Grand Prix et à le photographier en même temps?
J’ai beaucoup de plaisir à prendre les photos, mais tu vois les courses au travers d’un téléobjectif. Tu n’as pas la vue d’ensemble. Alors, tu ne peux pas vraiment tout suivre. C’est aussi beaucoup de concentration pour tes photos. Mais je ne donnerais pas ma place, j’adore ça. J’utilise un walkman. J’écoute la transmission de la course. Ça me donne une bonne idée de qui est en tête. Sur la piste, tu n’entends rien. C’est un accessoire des années 1980, mais ça me sert encore aujourd’hui.

Un pronostic pour cette année?
Hamilton a de grandes chances parce qu’il a gagné beaucoup de courses à Montréal dans les dernières années, mais je ne m’y connais pas assez pour dire qui va l’emporter.

Quel Grand Prix de Formule 1 rêveriez-vous de couvrir?
Monaco. C’est là où tu es le plus proche de l’action. Tu as des points de vue différents que tu ne peux pas avoir dans d’autres circuits. Visuellement, c’est le plus spectaculaire.

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