The Associated Press Vladimir Poutine et Gianni Infantino.

MOSCOU — Dans une élection de la FIFA où l’argent risque d’occuper un rôle clé, le Maroc a tenté de semer le doute sur la candidature nord-américaine, qui promet des milliards de dollars de profits si elle obtient la Coupe du monde de football 2026.

Les Marocains se sont moqués de la présentation des États-Unis, du Canada et du Mexique lorsque les dirigeants des comités de candidatures ont rencontré les électeurs des six continents membres de la FIFA.

«Il y a beaucoup d’incertitude», a déclaré le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, au sujet des revenus de 14,3 milliards $ US que promettent ses rivaux.

«Ça ne correspond ni aux faits historiques, ni aux extrapolations futures. C’est un exercice qui va au-delà de ça.»

L’argent ne sera pas le seul sujet qu’auront en tête les 206 électeurs potentiels lors du scrutin mené mercredi, à Moscou. Un panel de la FIFA a par contre noté que le chiffre avancé par la candidature nord-américaine est plus élevé «de façon significative» que la projection marocaine de 7,2 milliards $ de profits pour la fédération internationale découlant d’un tournoi à 48 équipes.

Le Maroc a répliqué en soulignant que des profits de 5 milliards $ constitueraient un record pour une Coupe du monde.

«Nous ne sommes pas gênés par ce que nous proposons», a affirmé la ministre du Tourisme du Maroc, Lamia Boutaleb, lors d’une allocution enflammée devant les 53 électeurs africains, dans un hôtel de Moscou.

Le comité de candidature marocain a pris la parole immédiatement après ses adversaires — qui ont fait face à leur audience la plus hostile de la journée — lors de la réunion de la Confédération africaine de football (CAF).

«Nous avons montré le meilleur de ce que nous avons à tous les membres de la FIFA», a souligné Decio de Maria, président de la Fédération mexicaine.

Bien que la délégation nord-américaine eut été accueillie par des applaudissements polis et qu’aucune question n’eut été posée après sa présentation, elle espère toujours obtenir l’appui de l’Afrique au scrutin.

Le Liberia, la Namibie et le Zimbabwe ont tous donné leur appui aux Nords-Américains avant de s’amener en Russie. Le comité tente maintenant d’en récolter davantage dans le sud du continent.

Le président de la CAF, Ahmad, a tout de même lancé un appel à la «cohésion continentale», un appel surprenant étant donné que la FIFA dévoilera le vote de chacun de ses membres après l’élection.

«Nous avons une obligation de favoriser la famille, a dit le dirigeant malgache. Mais bien sûr, il s’agit d’un choix personnel.»

La réunion de la CAF a débuté par l’annonce de la démission de son vice-président Kwesi Nyantakyi, qui a aussi quitté son poste au sein de la commission exécutive de la FIFA en raison de l’enquête pour corruption dont il est la cible au Ghana.

Dans un reportage télévisé diffusé la semaine dernière, on peut voir Nyantakyi accepter 65 000 $ de reporters se faisant passer pour des hommes d’affaires souhaitant entrer dans les bonnes grâces du président ghanéen, Nana Akufo-Addo, et d’autres hauts dirigeants.

Le Ghana a conservé son droit de vote à l’élection de mercredi. Par contre, la tentative par le Maroc d’empêcher quatre territoires américains d’en faire de même est vouée à l’échec.

Les règles de scrutin de la FIFA laissaient croire que les Samoa américaines, Guam, Porto Rico et les Îles vierges américaines pourraient ne pas pouvoir voter en raison d’un potentiel conflit d’intérêts.

«Notre délégué votant à un passeport néo-zélandais», a déclaré à l’Associated Press Sandra Fruean, dirigeant des Samoa américaines et membre du conseil de la FIFA.

Le lobbying de dernière minute se poursuivra dans un autre hôtel de Moscou, mardi matin, où les deux comités présenteront leurs candidatures aux 54 électeurs européens.

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