MONTRÉAL — Marc Bergevin a souligné dimanche qu’il avait fait l’acquisition de cinq Québécois lors de l’ouverture du marché des joueurs autonomes et a promis aux partisans du Canadien de Montréal une équipe compétitive dès la saison prochaine. Quelque 24 heures plus tôt en Simon Bourque, il a cédé aux Jets de Winnipeg un Longueuillois doté d’un esprit de compétition élevé.

C’est du moins l’opinion d’Éric Dubois, l’entraîneur responsable des défenseurs avec le Moose du Manitoba, le club-école des Jets dans la Ligue américaine.

«Avant tout, Simon, c’est un compétiteur. Je pense que c’est sa qualité première. Que ce soit durant un entraînement, que ce soit lors d’un match, il lève son jeu d’un cran», a-t-il noté lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Dubois a relaté une anecdote qui illustre à quel point Bourque n’est pas du genre à se contenter de demi-mesures.

«L’été dernier, il y a eu un petit tournoi de hockey à Rimouski pour ramasser des fonds et, comme mon fils avait été invité, je me suis dit que j’allais en profiter pour passer trois ou quatre jours là-bas et renouer avec des amis. Durant le tournoi, l’équipe de Simon n’allait pas bien. Je le voyais après le match, et il était fâché. Je lui ai dit, ‘relaxe Simon, c’est du hockey d’été’», a raconté Dubois en ricanant.

Dubois est bien placé pour parler de Bourque car il l’a eu sous son aile pendant trois saisons avec l’Océanic de Rimouski, dans la LHJMQ, entre 2013 et 2016. Il est maintenant plausible d’imaginer qu’ils vont tisser de nouveaux liens dès l’automne avec le Moose.

Déçu, sur le coup, d’avoir été échangé par le Canadien, Bourque, d’ailleurs, se consolait à l’idée de renouer avec Dubois avec qui il dit avoir entretenu de «forts liens» avec l’Océanic.

Dubois, qui a appelé Bourque samedi matin après l’annonce de l’échange, se souvient encore très bien des premiers moments passés auprès du jeune hockeyeur alors âgé de 16 ans lorsqu’il s’est présenté à Rimouski.

«Au début, c’était de canaliser ses énergies, ses émotions. Je vous le dis, Simon est un compétiteur et souvent, ces compétiteurs ont beaucoup d’orgueil, beaucoup de caractère. Mon premier défi, c’était de contrôler cette énergie en lui de vouloir faire la différence chaque fois qu’il sautait sur la glace. À 16 ans, Simon était une boule d’énergie et il fallait ramasser ça et lui apprendre à devenir un défenseur efficace.»

La veille de l’annonce de la transaction, Dubois dit avoir reçu un coup de fil de Craig Heisinger, le directeur général du Moose, qui voulait en savoir un peu plus sur Bourque.

«On m’a appelé pour me demander quel type de défenseur est Simon et aussi quel type de personne il est. C’est un détail auquel M. Chipman (Mark, le propriétaire des Jets) attache beaucoup d’importance. Je lui ai dit qu’il est un compétiteur. On a aussi discuté de choses qu’il devait améliorer au niveau de la Ligue américaine.»

Selon Dubois, Bourque possède d’abord et avant tout une «bonne tête de hockey».

«Cela dit, Simon n’a pas nécessairement de (qualités) dominantes. Pour avoir du succès, il doit continuer d’améliorer son tir, son jeu physique, son coup de patin. Son sens du hockey va lui permettre de trouver des solutions. Maintenant, c’est une question de vitesse d’exécution entre le junior et la Ligue américaine.»

Bourque s’est dit déçu de ne pas avoir eu plus d’opportunités de prouver sa valeur avec le Rocket de Laval la saison dernière. Tout en évitant de porter un jugement sur Bourque, qu’il a à peine vu jouer avec le Rocket, Dubois soulève un élément fondamental.

«Les gars pensent souvent qu’ils auront du succès dans la Ligue américaine parce qu’ils en ont eu dans le junior. Les gens ne réalisent pas que la Ligue américaine est une bonne ligue. C’est vraiment un niveau supérieur au junior. Il y en a qui font l’ajustement rapidement et il y en a pour qui c’est un peu plus long.»

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!