SOTCHI, Russie — L’Espagne peut maintenant profiter de sa sieste.

Les Espagnols auront tout le loisir de réfléchir à la manière de se regrouper après une nouvelle élimination prématurée lors d’un tournoi majeur.

Et ce ne sont pas les reproches qui manqueront après l’un des pires fiascos de l’équipe nationale à la Coupe du monde.

Tout a commencé par un changement d’entraîneur embarrassant à la veille du début du tournoi et s’est terminé par l’échec du style «tiki-taka» qui a contribué aux succès de La Roja il n’y a pas si longtemps. Dimanche, l’Espagne n’a pu venir à bout de la Russie en huitièmes de finale et a été éliminée par l’équipe la moins bien classée de la Coupe du monde lors d’une séance de tirs de barrage.

Il n’a pas fallu longtemps avant qu’on cherche des coupables et les cibles ne manquent pas: le président de la fédération nouvellement élu, le nouvel entraîneur inexpérimenté, le gardien chancelant, les membres vieillissants de la génération dorée.

Même la détermination de l’équipe a été mise en cause lorsque Jorge «Koke» Resurreccion, qui a raté l’un des tirs en fusillade dimanche, a déclaré que les joueurs n’avaient pas regardé la plupart des matchs de la Coupe du monde en partie parce qu’ils interféraient avec la sieste, une tradition en Espagne.

L’équipe a semblé somnolente à Moscou contre le pays hôte, détenteur du 70e rang. Elle a été incapable de percer la défense russe et le match s’est finalement joué en fusillade après un nul de 1-1 en temps réglementaire et en temps additionnel. Iago Aspas a également raté un tir en barrage et la Russie l’a emporté 4-3.

Il s’agissait de la troisième élimination consécutive de l’Espagne après la déception de la Coupe du monde 2014 — alors qu’elle n’a pas franchi la phase de groupes — et du Championnat d’Europe 2016, quand elle s’est inclinée en huitièmes de finale face à l’Italie.

La Roja avait pourtant dominé la planète soccer avant ça, remportant deux Euros consécutifs et la Coupe du monde 2010.

Voici un aperçu des problèmes de l’Espagne à la Coupe du monde:

Le drame

Tout semblait parfait pour l’Espagne avant le tournoi. L’entraîneur Julen Lopetegui avait mené l’équipe à une séquence de 20 matchs sans défaite et établi La Roja comme l’une des favorites au titre.

Mais le chaos s’est produit quand le président nouvellement élu de la fédération, Luis Rubiales, a limogé Lopetegui pour avoir accepté le poste au Real Madrid sans en avoir informé auparavant les dirigeants. Fernando Hierro, un ancien joueur qui jouait le rôle de directeur sportif de la fédération, a été parachuté nouvel entraîneur de l’équipe deux jours avant le match d’ouverture contre le Portugal.

Cette décision a déclenché une crise sans précédent pour l’Espagne, avec une responsabilité partagée par Lopetegui, le Real Madrid et Rubiales lui-même.

«Je ne regrette pas la décision, a déclaré Rubiales aux médias espagnols après le match de dimanche. Ça devait être fait.»

La décision controversée de Hierro de garder Andres Iniesta sur le banc — le symbole de la génération dorée de l’Espagne — contre la Russie n’a pas aidé la cause de Rubiales. Le meneur de jeu a été envoyé dans la mêlée en seconde demie et a contribué à animer l’Espagne, mais il était déjà trop tard.

Et après?

Rubiales a une autre décision délicate à prendre maintenant — celle de garder Hierro ou de faire appel à un autre entraîneur pour continuer à réorganiser l’équipe nationale. S’il procède à un changement, ira-t-il avec l’expérience d’un vétéran ou quelqu’un avec des idées nouvelles?

Lopetegui, qui n’avait pas d’expérience avec un club de premier plan mais avait connu la victoire avec les équipes espagnoles des jeunes, se révélait être le bon choix pour l’Espagne jusqu’à ce qu’il soit écarté avant de terminer son travail.

Parmi les candidats qui font l’objet des rumeurs, on parle de l’ancien entraîneur du FC Barcelone, Luis Enrique.

Virage jeunesse

Alors que les autres membres de la vieille garde espagnole font leurs adieux en Russie, les projecteurs se tournent de nouveau vers les joueurs qui devraient aider l’Espagne à se relever à l’avenir, notamment Francisco «Isco» Alarcon et Marco Asensio.

Mais ils n’auront pas beaucoup de vétérans pour les aider, puisque Iniesta a officiellement pris sa retraite de l’équipe nationale et beaucoup d’autres sont peu susceptibles d’être de retour pour la prochaine Coupe du monde. Gerard Piqué, blâmé par plusieurs en Espagne pour sa main dans la surface qui a mené au but égalisateur de la Russie, a affirmé avant le tournoi qu’il ne reviendrait pas avec l’équipe nationale.

L’avenir devant le but

David De Gea figurait parmi les joueurs attendus pour faire partie de la nouvelle génération, mais il a déçu en Russie après une superbe saison avec Manchester United.

Il a effectué un seul arrêt en quatre matchs, et aucun dans la fusillade, dimanche. Il a également commis une vilaine erreur lors du premier match contre le Portugal, laissant un faible tir de Cristiano Ronaldo filer sous lui pour un but. Il avait déjà fait une erreur lors d’un des matchs de préparation de l’équipe avant le tournoi.

Les gardiens réservistes de l’équipe à la Coupe du monde étaient le vétéran Pepe Reina et le jeune Kepa Arrizabalaga.

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