Frank Augstein / The Associated Press

MOSCOU — Même s’il est plutôt frêle, Luka Modric est intimidant sur un terrain de soccer.

Le fabricant de jeux croate, qui jouera un rôle clé lors du duel contre la France en finale de la Coupe du monde dimanche, a surmonté des obstacles bien plus difficiles que les critiques relatives à sa charpente à 32 ans.

«J’ai vécu des choses très difficiles dans ma vie, a confié Modric samedi, en référence à la guerre qui s’est déroulée dans son pays pendant les années 1990, ainsi qu’une poursuite en parjure. Le plus important, c’est de ne jamais abandonner, ne jamais céder en raison des circonstances, et se faire confiance.

«Ç’a été ma source de motivation, c’est ce qui m’a mené à ce stade-ci de ma vie.»

Si la Croatie l’emporte au stade Luzhniki, quelques semaines seulement après qu’il eut aidé le Real Madrid à conquérir un troisième titre de la Ligue des champions consécutifs, Modric deviendra le favori pour s’adjuger les prix individuels les plus prestigieux du soccer professionnel: le titre de joueur par excellence du tournoi, le Ballon d’or, et le titre de joueur par excellence de la FIFA.

Modric, qui s’est exprimé par l’entremise d’un traducteur, a mentionné qu’il était «satisfait» d’être nommé parmi les candidats pour l’obtention de ces prix, mais que tout ça venait loin dans sa liste de priorités.

«Je suis vraiment concentré sur mon équipe nationale», a-t-il dit.

La loyauté et l’esprit d’équipe sont les piliers de cette sélection nationale de la Croatie, qui a obtenu son indépendance de la Yougoslavie en 1991 et qui ne compte dans ses rangs que quelques joueurs plus jeunes que le pays lui-même.

Modric a discuté brièvement de la résilience de son équipe, qui serait en partie attribuable à la guerre qui s’est déroulée dans les Balkans, mais a refusé d’entrer dans les détails.

«Je n’aime pas penser à ça. C’est du passé, a confié Modric, qui était encore un enfant lorsque son grand-père a été abattu et sa famille expulsée de son domicile. Certes, les circonstances peuvent t’affecter. Nous sommes devenus des gens résilients, en tant que pays.»

Aucune question, pendant cette conférence de presse de 27 minutes avec Modric et l’entraîneur-chef Zlatko Dalic, n’a toutefois porté sur le dossier criminel qui plane au-dessus de la tête du soccer croate.

Modric a été accusé de parjure en mars, et le défenseur Dejan Lovren est sous enquête en raison d’allégations à l’effet qu’il aurait menti pour protéger l’ex-directeur du Dinamo de Zagreb, qui était aussi le vice-président de la fédération de soccer croate.

Zdravko Mamic a aussi écopé d’une peine d’emprisonnement de six ans et demi le mois dernier pour détournement de fonds et évasion fiscale — des méfaits estimés à des millions de dollars en lien avec des transferts de joueurs du Dinamo. Parmi ceux-ci se trouvaient Modric, qui a été transféré à Tottenham en 2008, et Lovren, à Lyon en 2010.

Dalic a déclaré que l’adversité à laquelle avaient été confrontés les Croates depuis une décennie avait contribué à rendre l’équipe plus forte.

«Sans leur caractère, sans leur volonté, ils n’auraient jamais atteint la finale, a mentionné l’entraîneur-chef par l’entremise d’un traducteur. Je suis tellement fier d’eux.»

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!