Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Depuis qu’il s’est joint au Comité olympique canadien (COC) en 2014, Eric Myles n’a cessé de prendre du galon au sein de l’organisme et il y a surtout insufflé sa grande passion pour le sport et son rôle mobilisateur dans la société.

Tout récemment promu au poste de chef du sport au COC, Myles évoque avec enthousiasme les progrès réalisés depuis la crise de 2015, quand des allégations d’harcèlement sexuel ont entraîné la démission de l’ex-président Marcel Aubut. Il affirme du même coup que les fondements sont désormais très solides pour garantir aux athlètes canadiens un environnement propice à la réalisation de leurs objectifs.

«Les événements de 2015 ont provoqué une sérieuse remise en question et ont donné lieu à un changement de culture, a reconnu Myles lors d’un entretien avec La Presse canadienne aux bureaux du COC au centre-ville de Montréal.

«Tout le monde a pris la situation très au sérieux sous le leadership de Tricia Smith — élue à la présidence après le départ forcé de Marcel Aubut. Toutes les recommandations du rapport Tomlinson ont été appliquées, incluant la mise en place et l’amélioration de nouvelles politiques sur l’éthique, la discrimination, le harcèlement et la dénonciation.»

Pour cet ancien directeur du programme Sport-Études à l’Académie Les Estacades de Trois-Rivières et ex-directeur général de Québec en Forme, il était primordial de bien faire les choses non seulement afin de restaurer la confiance mais aussi pour devenir un chef de file sous ce rapport.

«Nous sommes une organisation de haute performance et nous avons un rôle crucial à jouer dans la société canadienne, celui d’unir et de soutenir les jeunes dans leurs rêves et passions. Il était donc important de prendre des positions très claires en lien avec nos valeurs d’inclusion, de diversité, d’éthique et de sécurité dans le sport.»

Collaboration essentielle

Désormais no 1 au bureau de Montréal, avec une cinquantaine d’employés sous sa responsabilité, Myles a les coudées franches pour poursuivre sa mission visant à mieux harmoniser le système sportif de haute performance au pays.

«Notre rôle au COC ne consiste pas seulement à amener une équipe aux Jeux olympiques. Nous devons aussi favoriser la collaboration avec tous les autres intervenants impliqués, que ce soit les fédérations, Sport Canada, À nous le podium et le comité paralympique. Chacun a un rôle à jouer.

«Et je suis satisfait des progrès réalisés depuis mon arrivée. Nous avons élaboré un plan commun ces derniers mois et la collaboration entre les divers organismes n’a jamais été aussi bonne.»

Pour démontrer le rôle catalyseur du COC, il cite l’exercice visant à réviser le mode d’opération de toutes les fédérations sportives. Le COC a d’ailleurs investi un montant de 15 millions $ depuis quatre ans pour les aider à élaborer des projets susceptibles d’être utiles à d’autres.

Le COC a aussi investi davantage pour les entraîneurs haute performance, y consacrant un montant de 5,25 millions $ pour le cycle 2016-2020.

D’autres défis à relever

L’ancien athlète en canoë-kayak de vitesse originaire du Cap-de-la-Madeleine demeure conscient que le mouvement olympique est encore aux prises avec d’énormes défis, que ce soit le dopage ou le coût élevé de l’organisation des jeux.

En ce qui a trait au dopage, il rappelle que le Canada demeure à l’avant-scène du combat contre ce fléau. Et il assure que le COC n’est pas insensible à la situation vécue par les athlètes à qui on a volé leur moment de gloire quand, des années après les faits, ils obtiennent une médaille olympique après la disqualification d’athlètes dopés.

C’est le cas de l’haltérophile québécoise Christine Girard qui a appris du Comité international olympique en avril dernier qu’elle recevra la médaille d’or des Jeux de Londres en 2012.

«Dans ce dossier, Tricia (Smith) a joué un rôle prépondérant pour qu’elle obtienne la médaille, a juré Myles. Quant à savoir comment Christine veut vivre son moment, ce sera à elle de le décider. Des discussions sont en cours avec elle et nous lui soumettons des propositions, mais la décision lui appartient.»

Du même souffle, il souligne que le CIO a amorcé une réflexion sérieuse et que Mme Smith est impliquée dans divers comités qui se penchent sur le sujet.

«Il ne faut pas arrêter de se battre pour faire avancer les choses.»

En ce qui concerne les réformes promises par le CIO — l’Agenda 2020 —, qui prévoient une diminution des coûts associés à la candidature et à l’accueil des Jeux, Myles prétend que les effets se verront à compter des Jeux d’hiver de 2026.

Et Calgary pourrait justement être sur les rangs comme hôte potentiel. Le COC a d’ailleurs donné son approbation à cette candidature le mois dernier si la ville décide d’aller de l’avant.

«La matérialisation d’un tel projet exige la collaboration de tous, y compris du CIO, a reconnu Myles. Et il y a une ouverture de ce côté puisqu’on a déjà établi qu’il n’est pas nécessaire de reconstruire des infrastructures existantes.»

Grande satisfaction

L’une des réalisations dont Eric Myles retire une grande satisfaction est l’ouverture récente de l’Expérience olympique, une exposition interactive divisée en trois zones distinctes, installée dans le même bâtiment que les bureaux du COC. Le projet a mis trois ans à se concrétiser et a même fait l’objet d’une remise en question.

«Nous voulions nous assurer de bien faire les choses. Et le résultat est très réussi.»

Après un mois d’opération, le musée a accueilli un millier de visiteurs et les commentaires recueillis sont plutôt positifs jusqu’ici. L’objectif est de 25 000 visiteurs par année.

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