MIAMI — Quand on étudie un peu les Marlins de Miami, rien ne semble avoir changé depuis que Derek Jeter en est devenu le chef de la direction.

Ils ont — de loin — le pire différentiel de points dans la Nationale. Leur fiche a été la pire de la ligue pendant une bonne partie de la saison. Ils sont bien campés en dernière place pour les assistances dans les Majeures.

Mais au sein du club, l’optimisme est à son plus haut point depuis que le très impopulaire Jeffrey Loria a mis l’équipe en vente, au début de l’année 2017. Le nouveau groupe de propriétaires, dont Jeter fait partie, semble avoir replacé l’organisation dans la bonne voie.

Regardez seulement au classement: grâce à une récente série de victoires, les jeunes Marlins (41-57) ne sont même plus derniers dans l’Est de la Nationale. Et leurs adversaires les louanges.

«Ils sont meilleurs que leur fiche ne le laisse croire, a déclaré le troisième-but des Brewers de Milwaukee Travis Shaw. Leur formation n’est pas mauvaise. Ils ont quelques gars capables de lancer. Leurs releveurs sont plutôt bons — des gars qui pourraient bien se retrouver ici dans quelques semaines. Ce n’est plus une équipe qui donne des victoires.»

Bon, ce n’est peut-être pas une louange. Mais les Marlins ont amorcé la saison avec une fiche de 20-39. Alors de ne pas offrir d’opposition est déjà une amélioration. En commençant à engranger les victoires, ils ont aussi commencé à gagner la confiance de sceptiques qui estimaient que la nouvelle direction n’allait pas remplir ses promesses de faire tourner le vent.

«Jeter en a parlé au camp d’entraînement, a indiqué le vétéran troisième-but Martin Prado. Personne ne l’a cru.»

Après que les Marlins eurent envoyé Giancarlo Stanton, Christian Yelich, Marcell Ozuna et Dee Gordon sous d’autres cieux l’hiver dernier, certains ont prédit une saison historiquement mauvaise à l’équipe. En lieu et place, malgré une rotation et une formation rapiécées, les Marlins ont compilé une fiche de 21-18 depuis le 5 juin. Ils ont gagné leurs deux dernières séries avant la pause du match des étoiles, contre des équipes de première place par surcroît: les Phillies de Philadelphie et les Brewers. Dernièrement, ils ont eu le don d’effectuer des remontées et de bien faire dans les matchs serrés.

Les assistances demeurent terribles, mais les 14 793 spectateurs qui se sont présentés samedi au Marlins Park ont représenté la plus importante foule depuis le 14 avril. Peut-être que le mot se passe que les Marlins sont vraiment divertissants?

«Nous nous sommes créé une identité, a dit le gérant, Don Mattingly. J’aime noter attitude. Nos gars se donnent à fond tous les jours et dans les matchs serrés, on semble sans cesse s’améliorer. La seule chose que je n’aime pas, c’est notre fiche.»

Mais la fiche ne veut rien dire: cette saison, les Marlins souhaitent découvrir et développer de jeunes talents autour desquels bâtir.

«Je trouve qu’on s’améliore de jour en jour, a pour sa part noté le lanceur Dan Straily. Les gars commencent à relaxer, à vraiment trouver leur personnalité comme joueurs. Les jeunes commencent à réaliser qu’ils peuvent vraiment jouer dans cette ligue. C’est à ce moment que vous commencez à gagner plus de rencontres.»

Les transactions de l’hiver ont permis à Jeter de renflouer les clubs-écoles dégarnis de l’organisation. Les Marlins comptent maintenant sur plusieurs espoirs et les résultats, comme il était facile de le prévoir, ne sont pas constants.

Les jeunes artilleurs Trevor Richards, Pablo Lopez, Jarlin Garcia, Tayron Guerrero et Sandy Alcantara ont démontré quelques éclairs de génie, mais le roulement au sein de la rotation de partants a été tel qu’aucun de ceux-ci n’a plus de trois victoires à sa fiche. Tandis que Brian Anderson s’épanouit à sa première saison complète dans les Majeures, occupant le sixième rang de la Nationale avec 109 coups sûrs, Lewis Brinson, tant vanté, ne frappe que pour ,186 avec 94 retraits au bâton.

En relève, les jeunes Kyle Barraclough, Drew Steckenrider et Adam Conley ont transformé l’enclos en un point fort. Mais ces releveurs attireront l’attention des autres équipes à l’approche de la date limite des transactions, d’où les commentaires de Shaw à leur sujet.

Le receveur étoile J.T. Realmuto alimente également les rumeurs de transaction. S’il devait quitter les Marlins, ils pourraient bien perdre 110 matchs en 2018. S’il reste, il deviendra la pierre d’assise d’une formation qui vaut de plus en plus la peine d’être vue.

«Nous avons de jeunes joueurs qui n’ont jamais été 500, 600 fois au bâton en une saison, a expliqué Prado. Ce sera excitant de voir la deuxième moitié de saison de ce jeune noyau.»

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