Jeffrey T. Barnes Jeffrey T. Barnes / The Associated Press

MONTRÉAL — Depuis leur transfert d’Atlanta en 1980, les Flames de Calgary ont aligné plusieurs grandes vedettes. Selon Denis Gauthier, l’une d’elles est sans contredit Jarome Iginla au point où il mérite, dit-il sans hésiter, sa place parmi les plus grands joueurs de cette organisation.

Coéquipier d’Iginla pendant sept saisons complètes avec les Flames entre 1997 et 2004, Gauthier s’est exprimé ainsi lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, dans la foulée de l’annonce de la retraite d’Iginla mercredi matin.

Preuve de son impact au sein de l’organisation albertaine, Iginla rencontrera les médias lundi matin au Scotiabank Saddledome, le domicile des Flames, même s’il a été échangé aux Penguins de Pittsburgh il y a plus de cinq ans.

«Il faut le comparer avec des joueurs comme Theoren Fleury, Al MacInnis, Joe Nieuwendyk, Lanny McDonald. Il faut le mettre dans cette classe de joueurs, a affirmé Gauthier.

«Il a été un meneur d’hommes. Et en fait de contribution à sa ville, à sa communauté, à l’organisation, c’est difficile de trouver un joueur qui en a fait plus. À cet égard, je le mets dans la catégorie de Lanny McDonald.»

Iginla a joué ses premiers matchs avec les Flames en 1996, un an avant l’arrivée de l’ancien défenseur québécois. Cependant, Gauthier avait commencé à le côtoyer lors du Championnat mondial de hockey junior de 1996.

C’est d’ailleurs à quelques jours du début de ce tournoi que les Stars de Dallas, qui l’avaient sélectionné en première ronde quelque cinq mois plus tôt, ont échangé Iginla aux Flames avec Corey Millen, en retour du vétéran Nieuwendyk le 20 décembre 1995.

«C’est là que j’ai fait connaissance du joueur, du leader, du gars de talent qu’il est, de la bonne personne qu’il est. C’est l’une des bonnes personnes dans la ligue, par ses valeurs, par son comportement, son interaction avec les fans et les gens de l’organisation. C’est un jeune homme que j’ai adoré côtoyer et apprendre à connaître, a déclaré Gauthier.

«Sur la glace, il était un attaquant de puissance de luxe. Pas nécessairement le plus gros en terme de stature, mais un gars extrêmement fort, bourré de talent, capable de marquer des buts.»

L’ancien défenseur admet d’ailleurs que Jarome Iginla, le joueur de hockey, et Jarome Iginla, l’homme, pouvaient paraître différents.

«Il avait un côté très compétitif, ça se voyait dans ses yeux durant le match. Mais c’est un gars très humble hors de la patinoire. Ce n’est pas un gars qui aimait se vanter, qui aimait être le centre d’attraction. Il parlait à tout le monde et il était extrêmement généreux. Tu n’aurais pas pu deviner que son niveau de compétition serait aussi élevé sur la patinoire. Une fois que la rondelle était déposée sur la patinoire, tu voyais son acharnement, son désir de vaincre prendre le dessus.»

Selon Gauthier, ce désir de vaincre n’a jamais été aussi évident que durant les séries de 2003-2004. Après sept saisons consécutives sans même disputer un seul match éliminatoire, les Flames ont atteint la finale mais se sont inclinés 2-1 lors du match ultime face au Lightning de Tampa Bay.

«Je me souviens de l’avoir vu jeter les gants contre Mattias Ohlund, des Canucks de Vancouver, en première ronde, mais surtout contre Derian Hatcher des Red Wings de Detroit, en deuxième ronde. Il avait clairement lancé un message à l’autre équipe, mais aussi à la nôtre. On se souviendra aussi de sa bagarre contre Vincent Lecavalier en finale. Dans les grandes occasions, il voulait vraiment prendre les choses en main. Il inspirait ses coéquipiers sur la patinoire, autant par sa façon d’être que par sa façon de jouer.»

Inactif l’année dernière, Iginla aura connu une carrière de 20 saisons dans la LNH, dont 16 avec les Flames dont il a été le 18e capitaine de l’histoire.

Il a aussi joué avec les Bruins de Boston (2013-2014), l’Avalanche du Colorado (2014-2017) et les Kings de Los Angeles (2016-2017 pendant 19 matchs).

En carrière, il a participé à 1554 matchs et a récolté 1300 points, dont 625 buts. Il a ajouté 37 buts et 68 points en 81 matchs des séries éliminatoires.

Avec les Flames, il a récolté 525 buts et 1095 points en 1219 matchs tout en faisant sa marque à titre de l’un des meilleurs attaquants de puissance de sa génération.

Il a connu l’une de ses meilleures saisons en carrière en 2001-2002, amassant 52 buts et 96 points en 82 matchs. Ses performances lui avaient permis de remporter les trophées Art-Ross (meilleur pointeur), Maurice-Richard (meilleur buteur) et Lester B. Pearson (maintenant appelé Ted-Lindsay, remis au joueur par excellence selon un scrutin mené auprès des joueurs.) Il avait terminé deuxième dans la course au trophée Hart (joueur le plus utile) derrière le gardien José Théodore du Canadien de Montréal.

Iginla a également remporté le trophée Maurice-Richard en 2003-2004, grâce à une récolte de 41 buts. Il a de nouveau terminé deuxième dans la lutte au trophée Hart, cette fois derrière Martin St-Louis, du Lightning. En 2007-2008, il a été plus productif encore, avec des récoltes de 50 buts et 48 aides en 82 matchs.

Sur la scène internationale, Iginla a représenté le Canada en trois occasions aux Jeux olympiques et remporté l’or en 2002 et en 2010. C’est sa passe qui mené au but victorieux de Sidney Crosby en prolongation lors de la finale des Jeux de Vancouver, en 2010, contre les États-Unis.

Aussi dans Sports :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!