CALGARY – La Ligue canadienne de football est devenue un terreau fertile de recrutement pour l’équipe canadienne de bobsleigh.

Sur les traces de l’ancien demi à l’attaque de la LCF Jesse Lumsden, l’actuel ailier espacé des Tiger-Cats de Hamilton Samuel Giguère et l’ancien secondeur des Argonauts de Toronto Jean-Nicolas Carrière feront partie d’équipages canadiens cet hiver.

Une autre demi-douzaine d’athlètes faisant partie de l’équipe nationale et de celle de développement proviennent du football universitaire ou junior.

«Je pense que Jesse a réveillé la bête», a lancé Nathan Cicoria, directeur de la haute performance chez Bobsleigh Canada Skeleton.

«Nous sommes aux anges. Jesse est l’athlète de football le plus connu que nous avons eu. Il a fait des miracles en terme de promotion dans les rangs du football.»

Bien que l’équipe bobsleigh attire aussi des recrues en provenance de l’athlétisme et du rugby, il y a certains éléments du football qui rendent la transition plus facile vers le bobsleigh. La vitesse et la puissance sont des atouts communs aux deux sports, mais il y a aussi d’autres qualités transférables.

Contrairement aux spécialistes de l’athlétisme, les joueurs de football s’amènent au bobsleigh déjà habitués à la compétition à l’interne pour des postes, ainsi qu’à la manière de se comporter au sein d’une équipe. Ils sont par ailleurs déjà familiers avec les entraînements et les compétitions se déroulant malgré le froid,la neige et la pluie.

Les coups qu’encaissent leur corps dans un bob, ainsi que les collisions qui surviennent à l’occasion, ressemblent aux contacts qu’on observe sur un terrain de football.

«Je pense que les joueurs de football sont habitués à se faire frapper tout le temps et à tous ces chocs. On dirait que ça te prépare à vivre ce qui se passe dans un bob», a fait remarquer Giguère.

«Tu passes aussi un certain temps à l’étranger. Pour quelqu’un qui n’est pas habitué aux affres d’une longue saison, ça peut être difficile et je pense que le football t’y prépare.»

Le temps passé en réunions, à regarder de la vidéo et à s’entraîner en gymnase ressemble également à ce que fait un joueur du football en dehors du terrain, a indiqué Lumsden.

«Ça se ressemble beaucoup, sauf qu’on le fait à Altenberg, en Allemagne, ou à Igls, en Autriche», a-t-il noté.

Les Tiger-Cats n’ont pas accédé aux séries de la LCF, alors la saison de Giguère s’est terminée le 1er novembre. Le Sherbrookois s’apprête à déménager à Calgary et à concourir en Coupe Europa, un circuit de développement.

Aucune clause dans son contrat ne l’empêche de disputer un autre sport pendant la saison morte, a fait savoir l’athlète de 27 ans.

Giguère a communiqué avec Lumsden, avant de prendre part à un camp de détection à Calgary en mars, afin de discuter des façons de jongler une carrière en bobsleigh et dans la LCF.

«Je ne voulais pas perdre le temps des gens, a affirmé Giguère. Ma carrière au football n’est pas terminée. Je veux jouer pendant 10 ans encore si je le peux.

«Je voulais qu’un gars qui a déjà connu ça, comme Jesse, me dise que c’est possible de faire les deux. Il trouvait que c’était possible.»

Lumsden, d’Edmonton, et Carrière, de Rockland en Ontario, font partie de l’équipe canadienne de la Coupe du monde. La saison commence vendredi à Lake Placid, dans l’État de New York.

Lumsden était le freineur de Pierre Lueders aux Jeux olympiques d’hiver de 2010. Ils ont terminé cinquième tant dans l’épreuve à deux qu’à quatre.

Lumsden a pris sa retraite de la LCF en 2011 après quatre saisons avec les Tiger-Cats ainsi que des séjours avec les Eskimos d’Edmonton et les Stampeders de Calgary, qui ont été écourtés à cause de blessures à l’épaule et au genou.

Une blessure à l’épaule a forcé Carrière à mettre fin à sa carrière dans la LCF en 2010, après deux saisons avec les Argos. Il a constaté que le corps qu’il avait sculpté pour le football était justement ce dont il aurait besoin pour le bobsleigh.

«J’ai réalisé qu’au bout du compte, je m’entraînais de la bonne façon depuis sept ou huit ans, a affirmé Carrière. C’est tellement semblable. La progression d’un sport à l’autre est naturelle. Il suffit essentiellement d’apprendre à courir le long du bob et à sauter dedans.»

L’athlète de 27 ans vise de participer aux Jeux olympiques de 2014 à Sotchi, en Russie.

«J’ai dit à ma mère que je m’en vais aux Jeux. C’est mon plan en vue des deux prochaines années, a dit Carrière. Être retenu dans l’équipe cette année a été la première étape vers cet objectif.»

Pas toutes les positions au football sont propices à un passage au bobsleigh. Ni Lumsden ou Giguère ne verrait d’un bon oeil un joueur de ligne de 300 livres tenter de s’immiscer à l’arrière d’un bob en mouvement.

«C’est un petit peu serré là-dedans», a lancé Giguère.

Il faut aussi tenir compte des limites de poids. Un équipage de quatre hommes, jumelé au bob et à l’équipement, ne peut peser plus de 630 kg (1389 livres).

«Je pense qu’un botteur serait inutile à l’arrière d’un bob, à moins de courir très vite», a noté Lumsden.

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