John Woods / La Presse Canadienne

TORONTO — La consommation de marijuana n’est pas perçue comme un problème par la Ligue canadienne de football, qui ne soumet ses joueurs qu’à des tests pour détecter l’utilisation de produits dopants et non pour les drogues récréatives comme le cannabis.

La marijuana est toujours inscrite sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage (AMA), mais un porte-parole de la LCF a indiqué à La Presse canadienne que le circuit Ambrosie ne s’attendait pas à des grands bouleversements à la suite de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi légalisant le cannabis au Canada, mercredi.

«Comme plusieurs entreprises et employeurs, nous tentons d’évaluer l’impact qu’aura la légalisation de la marijuana, a déclaré ce porte-parole par courriel. On se trouve en une zone inexplorée, bien entendu, mais il semble que l’impact sur la LCF sera minime.»

La LCF et les joueurs amorceront les discussions pour le renouvellement de leur convention collective cet hiver. Le porte-parole du circuit a ajouté que la ligue continuerait à ne tenter de détecter que les produits dopants.

«Nous nous attendons que tous nos employés, autant ceux qui travaillent dans nos bureaux que ceux qui sont sur les terrains, agissent de façon responsable et en respect de la loi. Ce qui inclut évidemment de ne pas se présenter au travail sous l’influence de quelque substance qui soit.

«Nous sommes persuadés que nos employés feront preuve de bon sens. La marijuana médicale est légale depuis de nombreuses années. L’utilisation d’un médicament relève de la relation entre un médecin et son patient et la LCF n’immiscerait pas dans une telle relation.»

Jonathan Hefney, un ex-demi défensif qui a joué six saisons pour Winnipeg, Calgary et Montréal avant de subir une blessure au cou qui a mis fin à sa carrière, a par contre déclaré au Winnipeg Free Press la semaine dernière qu’une forte proportion de joueurs de la LCF sont des consommateurs de marijuana.

«Je vous garantis que 90 à 95 pour cent de ces joueurs fument de l’herbe au Canada, a déclaré Hefney. Je me rappelle que notre salle de réunion sentait bon la marijuana. Quand nous étions réunis tous ensemble, on savait qui fumait, car ils étaient tous assis ensemble. Tout le monde faisait sa petite affaire par contre, mais les joueurs savaient qui fumait ou pas.»

Pour plusieurs joueurs, la marijuana se veut un bien meilleur anti-inflammatoire que des médicaments qui peuvent créer une dépendance. Le plaqueur des Argonauts de Toronto Chris Van Zeyl, à sa 10e saison dans le circuit, voit plusieurs avantages dans cette nouvelle loi.

«Je ne connais honnêtement rien à la marijuana, mais je sais que ça aide plusieurs personnes, a-t-il dit. Je pense que d’un point de vue médical, ça nous permettra d’explorer davantage cette voie. Souhaitons qu’elle soit utilisée à bon escient. Plusieurs autres trucs nocifs sont permis et nous les balisons. Pour l’aspect légal de la question, j’ai confiance que le gouvernement fera les choses de la bonne façon.»

Récemment, la LCF a suspendu des joueurs pour l’utilisation de stéroïdes, d’amphétamines et d’une drogue de synthèse semblable à de l’ecstasy. Elle n’a toutefois rien fait l’hiver dernier quand Duron Carter, alors receveur pour les Roughriders de la Saskatchewan, a été accusé de possession de marijuana.

En juin, Carter, maintenant avec les Argos, a plaidé coupable à une accusation de possession à Winnipeg, mais obtenu une libération inconditionnelle. Il doit subir un procès le 3 décembre après avoir plaidé coupable à une autre accusation de possession de marijuana en Saskatchewan.

Carter affirme que la marijuana est l’un des sujets chauds de discussions parmi les joueurs de la LCF.

«Il y a des gars pour et contre, a-t-il déclaré. Les gens doivent être responsables. Ce n’est pas parce que soudainement c’est permis qu’on doit faire des trucs qu’on ne ferait pas normalement.»

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