Dirk Shadd Dirk Shadd / The Associated Press

MONTRÉAL — Julien BriseBois est devenu directeur général du Lightning de Tampa Bay parce qu’il a consenti les efforts pour apprendre de A à Z les rudiments d’une fonction et d’un sport en pleine évolution. Mais il n’aurait pas pu progresser dans les cercles du hockey professionnel sans l’aide de mentors chevronnés et généreux à son endroit, affirme-t-il.

La liste des personnes envers qui BriseBois est reconnaissant est longue. Mais elle commence avec trois hommes en particulier: André Savard, Bob Gainey, lors de ses années avec le Canadien, et Steve Yzerman, qui l’a déraciné de Montréal en juillet 2010, seulement deux mois après sa nomination avec le Lightning.

«S’il manque l’un des trois dans la chaîne, je ne suis pas là. Ça me prenait les trois. Ils ont été le patron parfait pour moi, le patron idéal au moment où je les ai eus», a raconté BriseBois au fil d’une entrevue téléphonique plus tôt cette semaine en prévision de la visite du Lightning au Centre Bell, samedi.

À titre de premier patron de BriseBois dans le monde du hockey, Savard a donné beaucoup de latitude au jeune avocat.

«Il est arrivé et j’ai rapidement senti qu’il avait beaucoup confiance en ses moyens et qu’il avait des opinions, raconte Savard.

«La confiance s’est vite établie et je lui ai donné beaucoup de place, ce qui était important. Je ne voulais pas qu’il fasse uniquement des comparables pour les contrats, qu’il demeure dans le bureau, qu’il assiste aux matchs à Montréal et rien de plus. Il fallait l’impliquer.»

Pour cette raison, BriseBois a commencé à accompagner l’équipe à l’étranger. Il s’est mis à côtoyer les entraîneurs et à s’intéresser à leur boulot. Encore aujourd’hui, il loue leur générosité.

«Je tiens à mentionner aussi l’aide de tous les entraîneurs, comme Rick Green, Guy Carbonneau, Roland Melanson. Ils avaient des carrières extraordinaires et ils avaient vu des choses. Je ne me gênais pas pour poser des questions et je n’ai jamais eu l’impression que je les dérangeais. Au contraire, j’ai toujours eu l’impression qu’ils étaient contents de voir à mon éducation en tant que jeune homme de hockey.»

Dès ses premiers contacts avec BriseBois, Carbonneau avait vu un jeune homme passionné, toujours désireux d’apprendre.

«Ce que j’avais remarqué, c’est qu’il avait déjà une connaissance non seulement de la ‘game’, mais de la façon qu’elle se jouait et qu’elle devait être jouée. Il a pris sa place au début, il posait beaucoup de questions. Il avait la bonne approche, il voulait toujours en savoir plus et, à chaque année, on voyait qu’il s’améliorait et qu’il prenait du galon.»

Besoin de renouveau

À force de baigner dans toutes les facettes du hockey, BriseBois a réalisé qu’il pourrait, un jour, devenir un directeur général dans la LNH.

«J’ai commencé à y penser quand Bob Gainey m’a confié les rênes de notre équipe de la Ligue américaine à l’été de 2006, précise BriseBois en faisant allusion aux Bulldogs de Hamilton.

«Bob m’a dit ‘tu es prêt pour ça, tu es capable de faire ça. Tu vas faire de bons coups, tu vas faire des erreurs, tu vas apprendre des deux. J’ai confiance en toi, c’est ton programme. Va montrer à tout le monde ce que tu es capable de faire.’ C’est à peu près comme ça qu’il m’a parlé.»

Trois ans plus tard, et deux ans après le triomphe des Bulldogs en finale de la Coupe Calder, les événements dans l’entourage du Canadien ont mené BriseBois à faire de l’introspection.

«Quand le club a été vendu en 2009, mon contrat venait à échéance, et ça m’a amené à réfléchir, un peu comme Steve (Yzerman) l’a fait. À ce moment-là, je m’étais dit que si je voulais continuer de croître en tant qu’homme de hockey, il fallait probablement que j’aille voir une autre organisation.

«Le Canadien de Montréal est une organisation unique, il y en a une seule comme ça, mais je voulais voir ce qui se passait ailleurs. Je voulais accroître mon réseau dans le monde du hockey, côtoyer de nouvelles personnes et apprendre de ces gens-là. Je n’aurais pas été capable de faire ça, du moins pas autant, si je restais à Montréal», explique-t-il.

En guise de reconnaissance à l’endroit de Gainey, et pour faciliter la transition dans un contexte où l’équipe avait de nouveaux propriétaires et plusieurs joueurs autonomes sans compensation, BriseBois a signé un contrat d’un an, sans savoir ce que l’avenir allait lui réserver.

Cette fois-ci, BriseBois rend hommage à une femme très spéciale dans sa vie.

«À ce moment-là, nous avions deux bébés à la maison, et le soutien de mon épouse a été extraordinaire sinon c’est impossible de prendre cette décision-là. Elle savait que je n’avais pas nécessairement de filet de sûreté qui m’attendait, que je me retrouverais peut-être sans emploi et que je ferais autre chose que du hockey parce que j’aurais été incapable de revenir dans la ‘business’.

«Ultimement, nous avons été très chanceux, j’ai été très chanceux. Steve a eu le poste à Tampa, il m’a embauché, et ç’a été une expérience extraordinaire pour tous les membres de ma famille, incluant mon épouse.»

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