PAUL CHIASSON PAUL CHIASSON / La Presse Canadienne

C’est sur la rue Mauriac, près de la demeure familiale à Saint-Léonard, que Martin Brodeur a développé l’amour du hockey auprès de ses frères et amis. Ce sont des moments dont il parle avec nostalgie.

«Ç’a été nos plus beaux moments. J’ai appris à devenir un athlète en jouant au hockey dans la rue, à improviser certaines choses. J’ai eu la chance d’avoir des frères plus grands que moi, beaucoup d’amis, beaucoup de jeunes de mon âge. C’est là que la passion a commencé, que ce soit à aller patiner dans le parc, ou à jouer dans la rue devant la maison.»

La liste d’amis incluait Norman Flynn et Mario Baril, très proches de Claude, l’un des frères aînés de Martin, décédé il y a un an presque jour pour jour, le 11 novembre.

Flynn et Baril l’ignoraient à l’époque, mais ils allaient vivre ensemble de très près l’essor de Brodeur, comme entraîneur-chef et instructeur des gardiens avec le Canadien de Montréal-Bourassa, dans la Ligue midget AAA, puis le Laser de Saint-Hyacinthe, dans la LHJMQ.

«Pour moi, il y a un match en particulier que je retiens. À notre première saison avec le Laser en 1989-90, nous avions battu les Olympiques 5-3 à Hull, et Martin avait reçu 60 tirs», relate Flynn.

«Je me rappelle avoir dit à des journalistes que s’il y avait un meilleur espoir que Martin parmi les gardiens de but, il allait être drôlement bon!»

Presque 30 ans plus tard, Flynn demeure emballé par ce que Brodeur a accompli.

«Je savais qu’il était bon, je savais qu’il jouerait dans la Ligue nationale de hockey, mais je mentirais si je prétendais savoir qu’il réaliserait tout ce qu’il a réalisé. Regardez tous les records qui lui appartiennent.»

De son côté, Baril se souvient de Brodeur pour deux traits particuliers de sa personnalité. Des traits qui pourraient sembler en contradiction l’un avec l’autre.

«Avec son sourire, Martin avait beaucoup de charisme. Et il était gentil avec tout le monde, qu’il s’agisse du joueur de quatrième trio ou du membre du personnel de soutien. Tout le monde l’aimait. Mais il était un grand compétiteur. Il détestait perdre et se faire déjouer pendant les entraînements.»

«Martin n’a pas toujours eu le crédit qui lui revient pour le désir de vaincre, car il en avait un», renchérit à ce sujet l’ancien gardien Marc Denis, maintenant analyste au Réseau des Sports.

«J’ai grandi à l’époque des Curtis Joseph, Ed Belfour, Patrick Roy, des gardiens d’une grande intensité, ajoute-t-il. Martin est arrivé avec cette détente vis-à-vis sa profession et le travail qu’il avait à faire et je trouvais que c’était un rayon de soleil. Marc-André Fleury est un peu comme ça. Mais ce n’est pas parce que Martin semblait détendu qu’il n’avait pas de désir de vaincre et qu’il n’était pas passionné.»

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