Sous prétexte qu’on le jugeait trop petit pour réussir, plusieurs portes sont restées fermées durant la longue traversée de Martin St-Louis dans les sphères du hockey. Mais pas les plus prestigieuses. En fait, celles-ci lui ont été ouvertes à une vitesse qu’il l’a même étonné.

Le Lavallois de 43 ans en a fait lui-même le constat lorsqu’est venu le temps d’expliquer ce que représente son intronisation au Temple de la renommée du hockey dès sa première année d’admissibilité.

«J’ai tout eu difficile on dirait, et le plus bel honneur est celui qui m’est peut-être venu le plus facilement», mentionne-t-il en ricanant.

Du haut de ses cinq pieds huit pouces, St-Louis rejoindra les plus grands du hockey, lundi soir, à Toronto, en même temps que son rival et compatriote québécois Martin Brodeur, lui aussi accueilli dès sa première opportunité.

«Ça va être un week-end formidable pour ma famille. Je suis content que mes fils (15, 13 et 10 ans) aient l’âge pour comprendre et de pouvoir être là.»

La cérémonie viendra consacrer une illustre carrière pendant laquelle St-Louis a participé à 1134 parties en saison régulière, amassé 391 buts et 1033 points en 16 saisons dans la LNH dont 13 avec le Lightning de Tampa Bay.

À ces statistiques s’ajoute une conquête de la coupe Stanley avec le Lightning en 2003-2004, une saison de rêve au cours de laquelle il a aussi gagné les trophées Art-Ross, Hart et Ted-Lindsay et dominé la LNH pour le ratio défensif.

Sa collection d’honneurs individuels inclut un autre Art-Ross, en 2013, et trois Lady Byng, en 2010, en 2011 et en 2013.

«Le Temple de la renommée, c’est le plus grand honneur individuel que tu peux recevoir au hockey. Mais ce n’est pas quelque chose à quoi tu penses quand tu es jeune et que tu joues dans la ligue», a noté St-Louis lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

«C’est au moment de prendre ta retraite que tu reviens sur ce que tu as fait. Tu te dis ‘peut-être que je suis dans cette catégorie-là’. Mais tu n’as aucun pouvoir. Tout est fini, tout est fait. C’est le jugement d’un comité. Et pour moi, de voir un comité qui m’intronise à ma première année d’admissibilité, c’est quelque chose de très flatteur. Je ne m’attendais jamais à ça.»

Peut-être, justement, parce qu’il avait dû cogner plus d’une fois aux mêmes portes pour atteindre ses objectifs et réaliser ses rêves, St-Louis n’attendait pas le coup de fil de Lanny McDonald et John Davidson, du Temple de la renommée dès l’été 2018.

La veille de l’annonce, St-Louis et sa famille étaient arrivés à leur résidence estivale au Québec et avaient commencé les travaux d’usage pour rendre le lieu aussi adéquat que possible.

«Vers 14h30, ma femme a remarqué que mon téléphone sonnait. En regardant, j’ai vu un numéro avec le code régional 416. Je savais que ça venait de Toronto. Ç’a été tout un appel et le fait que ma femme et mon père étaient là, c’était quelque chose. On s’est retourné et on s’est fait une grosse étreinte. Et on a célébré un tout petit peu!»

Si la carrière de St-Louis devait se résumer à un seul mot, ce serait persévérance. Une persévérance qui lui a été nécessaire pour surmonter son lot de déceptions, comme le fait qu’il ait été ignoré en vue des Jeux olympiques de 2010.

Quatre ans plus tard, il était destiné à subir le même sort, sauf qu’une grave blessure à son coéquipier Steven Stamkos, survenue en novembre 2013, lui a finalement ouvert la porte d’Équipe Canada.

Au début des années 90 à l’âge de 16 ans, les dirigeants d’Équipe Québec ne l’avaient pas sélectionné pour la Coupe du Québec alors qu’il dominait les marqueurs de la Ligue midget AAA avec les Régents de Laval-Laurentides-Lanaudière.

«Ç’a été un moment de frustration, un moment de déception, avoue-t-il. C’était décevant. C’est une autre chose dans ma carrière qui m’a incité à pousser encore plus.»

La persévérance de St-Louis allait de pair avec une foi inébranlable en ses moyens.

«C’est vrai que des portes se sont fermées, mais j’ai toujours eu l’attitude de continuer. Si les portes se fermaient, j’essayais de trouver une fenêtre et je me disais ‘Vas-y’. Il faut croire en soi, car si tu ne crois pas en toi, personne ne va le faire. Je pense que le fait de ne jamais me décourager a été ma plus grande qualité.»

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