WASHINGTON – Ce n’est qu’aux États-Unis, diront certains, qu’un septième match des séries de la LNH peut mettre à jour des relents de la tension raciale qu’on peut trouver en sol américain.

Joel Ward, qui est Noir, était vu comme un héros à Washington – c’est lui qui a marqué le but gagnant en match ultime la veille, permettant aux Capitals d’éliminer les champions en titre de la coupe Stanley, les Bruins de Boston, avec un gain de 2-1.

Le Torontois Ward, dont les parents sont de la Barbade, a déjoué une figure bien peu populaire dans la capitale américaine: le gardien Tim Thomas, qui a fait la manchette pour ne pas avoir accompagné son club à la Maison-Blanche pour être félicité par le président Barack Obama, plus tôt cette année.

Thomas a dit que sa décision n’était rien de plus qu’une protestation contre la taille du gouvernement fédéral, mais pour plusieurs personnes, les explications avaient peu ou pas de valeur.

Dans les médias sociaux, jeudi, certains voyaient dans le dénouement de la série une forme de karma, mais d’autres y sont allés d’insultes raciales à l’endroit de Ward, ce qui a été condamné par la LNH et les Bruins. Ces derniers, par communiqué, ont dit que «ces points de vue ignorants et de très mauvais goût ne reflètent aucunement les opinions de qui que ce soit de notre organisation.»

Ward a dit que même si les messages étaient de nature choquante, ils n’ont pas gâché sa journée.

«Ça ne m’ébranle pas du tout, a t-il confié au USA Today. Nous avons gagné et nous passons à l’étape suivante. Les gens vont toujours dire ce qu’ils veulent.»

Ward mentionne n’avoir jamais vécu de racisme dans la LNH.

«C’est sûr que je suis le seul Noir dans un vestiaire où il y a une vingtaine de Blancs et il y a des différences culturelles, comme les goûts musicaux, mais je n’ai jamais entendu quelque chose de péjoratif.»

Paul Paformak, un partisan de longue date des Capitals qui habite à Arlington, en Virginie, a dit que les amateurs de sport de la région ne regardent pas la couleur de la peau de leur favoris, et que la colère envers Thomas venait du fait qu’il a entremêlé le sport et la politique.

«Nous ne comprenons pas la mentalité de ceux qui font des commentaires racistes, a dit Paformak, 45 ans. Ça n’a pas d’importance pour nous d’où viennent les athlètes. Aussi, nous trouvons qu’il ne faut pas mêler politique et sport, comme Thomas l’a fait. La politique est déjà tellement omniprésente ici que le sport est une évasion, un échappatoire.»

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